Le COVID, l’école et la famille. Par Julie-Marty-Pichon

EJE, professeur des écoles

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Parents masqués avec petite fille
Un attentat, un virus, un confinement ! Tout ça pour ma première année de professeure des écoles ! Je n’ai pas été sympa ces dix dernières années ? Est-ce pour vérifier si je veux vraiment entrer dans l’éducation nationale ? Est-ce pour  vérifier si je suis vraiment faite pour ce métier ?
Je ne fais pas partie de ceux qui veulent que les écoles ne ferment ni les crèches d’ailleurs car les enfants comme les parents ont besoin de nous pour tout un tas de raisons. Mais à quel prix ?
Puis-je me résoudre à ce que mes élèves me voient pendant une année « masquée » en classe ? Puis-je me résoudre à ce qu’ils n’aient qu’un carré de récréation pendant des semaines sans possibilité d’utiliser les jeux extérieurs ? Puis-je me résoudre à ce qu’ils passent autant de temps à se laver les mains qu’en classe ?  Puis-je me résoudre à ce qu’ils n’aient pas à disposition tout le matériel nécessaire parce qu’il faut le désinfecter tous les jours ou le laisser en quarantaine pendant 24h ? Puis-je me résoudre à ce que mes collègues de l’élémentaire se retrouvent pendants des semaines avec des enfants masqués à leur tour en classe ? Ces questions beaucoup de professionnel.le.s de la petite enfance et de l’enfance se les posent depuis des mois.

Nous serons sûrement lessivés psychiquement, si ce n’est pas déjà le cas, à devoir porter notre stress, celui des enfants et celui des familles.  Nous n’aurons sûrement pas les « espaces de parole », à moins de se les créer individuellement pour tenir. Ce qui n’est pas normal, je suis bien d’accord.
Pour autant, comme beaucoup d’entre nous, j’essaie de rester positive en me disant que « ça va passer », « ça ne va pas durer ». On va faire en sorte de ramener la joie dans nos salles de classe ou salle de vie et ça va le faire.

D’ailleurs, pour cette période, j’ai décidé de travailler sur le thème de la famille avec ce très bel album « très, très fort »  En cette période de fin d’année, plutôt que de raconter des contes de Noël, oui je suis laïque jusqu’au bout des ongles, je trouvais plus approprié de parler de la famille aussi diverse soit-elle.

 Lorsqu’on accueille un enfant à la crèche comme à l’école, on ne l’accueille pas seulement lui mais bien avec tout ce qu’il est.  Et ce qui est très important dans sa vie de petit enfant, c’est bien papa, maman, mamie, papi ou que maman ou que papa… Peu importe. Dans ces temps de séparation qui peuvent encore être difficiles, il est important de faire vivre le parent, la famille au sein de la classe afin que chacun puisse s’exprimer sur ce qu’il est. La JOIE d’être ensemble, voilà ce que je veux faire vivre au sein de ma classe : enfants, parents, professeure !
 
Article rédigé par : Julie Marty-Pichon
Publié le 05 novembre 2020
Mis à jour le 05 novembre 2020