Violence verbale dans la petite enfance : un impact durable sur la santé mentale
Les paroles adressées à un enfant influent profondément sur son développement affectif. Selon les résultats d’une étude publiée dans le British Medical Journal Open, la violence verbale (cris, insultes, humiliations, menaces) durant l’enfance a un impact sur le bien-être mental à l’âge adulte aussi fort que la violence physique. Cette étude souligne l’importance de la communication bienveillante dans la petite enfance.
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 20 000 adultes en Angleterre et au Pays de Galles. Ils ont comparé l’exposition à la violence physique, verbale ou aux deux et mesuré le bien-être mental à l’aide d’un indicateur reconnu (SWEMWBS). Résultat : Subir des cris, des insultes ou des humiliations durant l’enfance augmente de deux tiers (+64 %) le risque de souffrir plus tard de troubles du bien-être émotionnel. Les violences physiques ont un effet comparable (+52%). L’association des deux, plus que double (+115 %) les conséquences psychologiques à long terme.
La violence verbale, un traumatisme invisible
Les effets se traduisent par une baisse de l’estime de soi, une difficulté à faire confiance et une tendance à l’isolement social. Un enfant souvent rabaissé ou menacé peut grandir avec un sentiment persistant d’infériorité ou d’insécurité émotionnelle, même sans violence physique. L’étude montre que les conséquences psychologiques sont durables et comparables à celles des coups.
Une forme de maltraitance en hausse
Alors que la violence physique recule, la violence verbale augmente : environ 12 % des personnes nées avant 1950 en ont souffert, contre près de 20 % chez celles nées après 2000. Cette évolution suggère que, si les pratiques éducatives se sont adoucies physiquement, les cris et humiliations restent encore trop tolérés dans les interactions quotidiennes.
Rôle clé des professionnels de la petite enfance
Les acteurs de la petite enfance peuvent repérer les signes d’un environnement verbalement violent : enfant craintif, silencieux ou manquant de confiance. Ils jouent un rôle essentiel en valorisant les pratiques verbales positives : encouragement, écoute, reconnaissance des émotions. Sensibiliser les familles à l’impact des mots et promouvoir des stratégies de communication bienveillantes sont des leviers puissants pour la prévention.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 06 novembre 2025