Violences éducatives ordinaires : la majorité des parents y ont encore recours
8 parents sur 10 recourent encore aux violences éducatives ordinaires, selon le nouveau baromètre de la Fondation pour l’Enfance qui émet des préconisations.
Une prise de conscience accrue mais des pratiques qui persistent
La deuxième édition du baromètre de la Fondation pour l’Enfance sur les Violences Éducatives Ordinaires (VEO), réalisée par l’IFOP, révèle des tendances préoccupantes. Les VEO sont connues des Français et même mieux qu’en 2022 (+ 7 points) et 45% des parents reconnaissant leur impact durable sur la santé et le développement des enfants. Pourtant leur usage dans la sphère familiale demeure stable, voire en augmentation. Ainsi 81% des parents ont eu recours à au moins une violence éducative dans la semaine précédant l’enquête.
Les parents mieux informés mais les violences persistent
La majorité des parents français savent maintenant ce que sont les VEO, avec 79% en ayant une connaissance générale et 46% une connaissance précise. Ils se disent mieux informés sur les actions à entreprendre pour éviter les violences éducatives et sur les structures pouvant les aider. Cependant, malgré cette meilleure information, les violences éducatives ordinaires restent courantes. Et les violences corporelles telles que les fessées, bousculades et gifles sont encore pratiquées par une proportion significative de parents.
Les violences dans le sport : un problème sous-estimé
La Fondation pour l’Enfance élargit son investigation aux violences dans le sport de loisir. Plus d’un tiers des parents sondés rapportent des comportements inappropriés dans les activités sportives de leurs enfants, incluant des violences verbales, psychologiques, négligences et même des violences physiques et sexuelles. Malgré une prise de conscience accrue, un tiers des parents interrogés continuent de justifier certaines VEO, estimant qu’elles sont nécessaires pour progresser dans le sport : « par exemple, près de la moitié des parents interrogés jugent qu’il est difficile voire impossible d’entraîner un enfant sans crier, 34% sans le punir, 27% sans le bousculer et 26% sans le gifler ou lui donner une fessée. De plus, 36% des répondants adhèrent à l’idée que pour faire progresser un enfant dans son sport, il faut le forcer à s’entraîner et lui faire ressentir une pression régulière. »
Sensibilisation et accompagnement des familles : des efforts à renforce
La connaissance de la loi de 2019 interdisant les VEO a également progressé, mais 80% des parents estiment qu’elle n’est pas suffisante. La Fondation pour l’Enfance appelle à renforcer les efforts de sensibilisation et d’accompagnement des familles, en promouvant les échanges avec des professionnels et des groupes de parole entre parents. Elle plaide pour un changement de regard sur l’enfant et une éducation sans violence, soulignant l’impact des VEO sur le développement cognitif et émotionnel des enfant
Les recommandations de la Fondation pour l’Enfance
La Fondation préconise plusieurs approches pour lutter contre les VEO :
• Encourager les acteurs de soutien à la parentalité à se rapprocher des familles en difficulté.
• Financer des programmes de soutien éprouvés et méthodiquement évalués.
• Fournir des recommandations claires pour guider les familles sur les repères et limites dans l’éducation.
• Utiliser le contexte des Jeux Olympiques pour s’engager contre les VEO dans le sport, assurant que le sport reste une source de plaisir et d’équilibre pour les enfants.
• Les efforts continus pour sensibiliser et éduquer sur les conséquences des VEO sont cruciaux pour protéger les enfants et promouvoir une société plus bienveillante et respectueuse de leurs droits.
Source : Fondation pour l’Enfance
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 10 juin 2024
MIS À JOUR LE 13 juin 2024