Drame de Lyon : Pas de bébés à la consigne s’interroge sur les responsabilités de tous et de chacun

Trois jours après avoir donné de la voix par un tract énergique faisant le point sur les prochains combats à mener auprès du gouvernement et des parlementaires récemment nommés, Pas de bébés à la consigne réagit très sobrement au drame survenu la semaine dernière dans une micro-crèche de Lyon. Le collectif s’associe à la douleur de la famille de cette petite fille décédée, empoisonnée par un produit caustique par la jeune femme - titulaire d’un CAP AEPE - qui l’accueillait ce matin-là. Et précise : « nous nous associons très sincèrement à la douleur de la famille, et nous rappelons que seuls les services de police et de justice sont fondés à faire la lumière sur cet événement tragique. » 

Pas de bébés à la consigne ne fait pas d’amalgames. « Tout en faisant preuve de la plus grande prudence quant aux liens à établir entre cela et la situation générale des crèches », le collectif rappelle cependant que depuis de nombreuses années, de mobilisations en manifestations, il s’est efforcé d’alerter le gouvernement et les institutions sur « la dégradation des conditions d'accueil des jeunes enfants, notamment en structures collectives, et sur celle des conditions de travail des professionnelles », sans jamais être entendu, malgré les propositions formulées. « Pas plus que la commission des 1000 premiers jours qui a également proposé vainement au gouvernement de rehausser les standards d’accueil en crèche », estiment-ils. 

Taux d’encadrement et responsabilité partagée

Dans ce communiqué, Pas de bébés à la consigne pointe notamment du doigt la réforme des modes d’accueil menée par le gouvernement Macron ainsi que l’abaissement du taux d’encadrement qui permet à un professionnel de la petite enfance de se retrouver seul pour accueillir jusqu’à 3 enfants, désormais élargie aux EAJE par les décrets dérogatoires adoptés durant la crise sanitaire, ce qui « ne permet pas de garantir la sécurité des enfants et des professionnels ». 

Pour le collectif, les conditions d’accueil sont devenues extrêmement compliquées au quotidien et poussent les professionnels de la petite enfance « au bord de pratiques qu'ils jugent eux‐mêmes potentiellement maltraitantes, selon de nombreux témoignages ». Et bien que, chacun doive répondre de ses actes, Pas de bébés à la consigne se pose la question de la responsabilité des pouvoirs publics et des gestionnaires d’EAJE : « S'il est bien évident que la responsabilité civile et pénale est engagée pour tous les professionnels du secteur et que chacun doit répondre de ses actes, les questions se posent quant aux responsabilités des pouvoirs publics et à celles des gestionnaires des établissements d'accueil, de garantir une réglementation et son application pour offrir des conditions d'accueil aux jeunes enfants, en toute sécurité psychique et physique dans tous les modes d'accueil. »

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Article rédigé par : Laurence Yème
Publié le 01 juillet 2022
Mis à jour le 08 juillet 2022