La FFEC publie le premier baromètre économique de la Petite Enfance

 La FFEC, en partenariat avec les cabinets de conseil EY et Cekoïa, publie le premier baromètre économique de la petite enfance pour rendre compte des réalités, enjeux et perspectives du secteur en en France. Un panorama très complet qui s’appuie sur toutes les données recueillies par les acteurs privés ou institutionnels du secteur.

Un enfant sur deux est gardé par la famille faute d’alternative
Aujourd’hui 60% des enfants de moins de trois ans sont gardés principalement par leurs parents, la famille ou des proches. Ils ne bénéficient d’aucun mode d’accueil formel. Or parmi, eux, 46% auraient souhaité avoir accès à une autre solution : crèche, micro crèche, assistant maternel ou garde d’enfant à domicile.

La France n’est pas à la hauteur des besoins d’accueil
 Autres constats du baromètre : 42% des demandes de places en EAJE ne sont pas pourvues en France ; le soutien de l’État aux familles est important mais reste complexe et ne répond pas à toutes les situations sociales et familiales ; enfin l’accès aux modes d’accueil est inégal selon les régions.

L’accueil du jeune enfant a besoin du secteur privé marchand aux côtés du secteur public et associatif
En France le secteur public représente 59% des EAJE, l’associatif 25+%. Depuis une quinzaine d’années le secteur privé représente 18% des berceaux et a créé entre 2012 et 2018 près de 80% des nouvelles places.
Mais là l’accueil du jeune enfant reste l’objet d’une « politique publique nationale fortement régulée » … or si ce n’était pas le cas le « secteur privé pourrait créer 75000 berceaux supplémentaires d’ici 2025.

Les équilibres économiques sont différents selon les gestionnaires
Le soutien financier public est variable selon les modes d’accueil. En matière de fonctionnement, les établissements du secteur public sont ceux qui concentrer la part la plus importante de financements publics (12 401 € par place par an) devant le secteur associatif et solidaire (11028€) et le secteur privé marchand (9315€).
L’investissement moyen par nouvelle place de crèche (25 500 € par place) est bien moins élevé lorsque l’investissement est porté par le secteur marchand (20140€ pour près de 50 000 € pour secteur public).
La comparaison des équilibres économiques indique donc des disparités entre les différents types de gestionnaires. En mode PSU, contrairement à l’associatif ou au public, déficitaires, le secteur privé marchand parvient à peu près à équilibrer son solde recettes /coût de revient.

5 enjeux stratégiques pour que le secteur se développe
Le baromètre insiste sur 5 enjeux majeurs : améliorer encore la qualité de l’accueil ; développer l’attractivité des métiers ; participer à la réduction des inégalités ; maintenir la capacité de développer l’offre de places et créer de l’emploi et simplifier le cadre réglementaire. Enjeux que la FFEC reprend à son compte en insistant sur la nécessité de repenser le système français de la Petite Enfance.

Ainsi dans son communiqué la FFEC demande :

(…), une réflexion globale est à mener avec l’ensemble des acteurs pour réduire les coûts de construction des établissements d’accueil, susciter des vocations et étoffer ensemble l’offre dans tous les territoires. »
Elle constate que « que les objectifs du Gouvernement de créer 30 000 places de crèches PSU entre 2018 et 2022 ne seront pas atteints : seulement 1 800 places nettes créent en 2018, soit 6% de l’objectif quinquennal[i]. Et, en même temps, la baisse des naissances continue pour la cinquième année consécutive : seulement 753 000 bébés sont nés en 2019, 6 000 de moins qu’en 2018[ii]. Au-delà des annonces, la FFEC demande des actes immédiats. Il faut :
1. Simplifier les normes qui fixent les conditions d’autorisation d’ouverture et qui organisent le fonctionnement quotidien des crèches en privilégiant les créations de places. En effet, les propositions actuelles relatives aux surfaces (7m2 de surface minimale par enfant) reviendront à augmenter les couts de construction de places de crèches de 17% et à construire 5 000 places de moins qu’en maintenant la moyenne actuelle constatée de 6m2.
2. Sanctuariser le Crédit Impôt Famille qui permet aux employeurs de réserver des places de crèches pour leurs salariés et l’étendre aux Indépendants.
3. Rétablir une subvention à l’investissement pour toutes les crèches et micro-crèches, y compris en dehors des zones prioritaires, dès que le taux de couverture est inférieur à 70%. S’il est légitime de choisir d’accélérer la croissance des places de crèches dans les zones sous-cotées, cette accélération ne doit pas être au détriment de l’ensemble des autres familles.
4. Une campagne nationale en faveur des métiers de la Petite Enfance, cette filière étant créatrice d’emplois qualifiés en CDI et à plein temps et en pénurie grave de personnels
 

 Lire le baromètre
Consulter la synthèse de l’étude
 
Article rédigé par : Catherine Lelièvre
Publié le 16 janvier 2020
Mis à jour le 18 janvier 2020