Baromètre de la DREES 2024 : le manque de modes d’accueil impacte peu le choix de ne pas avoir d’enfants
La DREES vient de publier les données de son baromètre 2024, qui suit chaque année l’opinion des Français à l’égard de la santé, de la protection sociale et des inégalités sociales. Fin 2024, 4000 personnes de France Métropolitaine ont été interrogées en face à face. Décision de ne pas avoir d’enfants, aide aux familles, soutien à la parentalité, vision des modes d’accueil, les questions du baromètre ont balayé un certain nombre de thèmes dont les réponses sont parfois surprenantes…
Dans cette nouvelle édition 2024, plusieurs nouvelles questions ont été introduites, dont une sur « les raisons qui jouent le plus dans la décision de ne pas avoir d’enfants ». Étonnamment, « l’indisponibilité d’un mode de garde » est l’une des raisons les moins citées par les individus qui renoncent à avoir d’enfant. « L’incertitude quant à l’avenir » à cause des guerres, des problèmes économiques, du dérèglement climatique (42 %) et « la situation financière » (39%) sont les deux motifs qui jouent le plus dans la décision des enquêtés. Puis l’idée de « ne pas avoir de travail stable » (26%) ou de « ne pas être en couple stable » (18%).
En cinquième position seulement, la crainte de « ne pas pouvoir concilier vie familiale et vie personnelle » (17%) et « la peur des responsabilités parentales » (14%). La question du mode d’accueil arrive en neuvième position sur dix : seuls 7% des sondés évoquent « l’indisponibilité d’un mode de garde » comme une raison pouvant influencer leur décision de ne pas avoir d’enfants.
L’accueil collectif plébiscité
Notons qu’en 2024, 46% des personnes interrogées estiment que la crèche et les accueils collectifs sont les plus bénéfiques pour les enfants de moins de 3 ans. Un chiffre en légère baisse depuis 2024 et tout particulièrement depuis 2022 (-2%). Ensuite, viennent les grands-parents (24,5%), puis une personne rémunérée à son domicile (18,8%) et enfin une garde au domicile de la famille (10,7%).
49% ne veulent pas d’aide dans leur rôle de parent
A la question « Souhaiteriez-vous ou auriez-vous souhaité recevoir de l’aide dans l’accompagnement de votre rôle de parent sur l’éveil et le développement du jeune enfant ? », 49 % des enquêtés ont répondu « Non » ! Une très large majorité, légèrement en baisse de 6 points depuis 2016, qui questionne le soutien à la parentalité. Le baromètre indique ensuite que 29,2% aimeraient recevoir de l’aide sous forme d’entretiens individuels avec des professionnels, et 13,6% plutôt sous forme de groupes de parole permettant aux parents d’échanger entre eux.
Plus de crèches et de lieux d’accueil
Concernant le type d’aides qu’il faudrait « privilégier pour mieux aider les familles en général », 33,1% réclament des prestations en nature sous forme d’équipements et de services comme les crèches, centres aérés et centres de loisirs. Une réponse qui arrive en tête, loin devant l’aménagement d’horaires en entreprise, ou les prestations en espèce.
Laurence Yème
PUBLIÉ LE 03 juillet 2025