S’abonner
Espace
Abonnés

Crèches départementales du Val de Marne : où en est-on aujourd’hui ?

Toute l’année 2025, elles ont été dans la tourmente. Et pourtant aujourd’hui les crèches du Val-de-Marne ont bon pied, bon œil. Et le Conseil départemental souhaite avant tout les maintenir sans avoir à rogner sur la qualité d’accueil. Explications avec Camille Kupisz et Claire Valentin, respectivement DGA et directrice petite enfance du département.

Les crèches départementales dans le Val de Marne ? « C’est historique », rappelle avec fierté, Camille Kupisz , DGA citoyenneté au Conseil départemental : elles existent depuis la création du département en 1967. Et pour lui pas question de revenir en arrière. Au contraire. Malgré le changement de majorité en 2021, le Conseil départemental n’a pas remis en question cet acquis. Avec une volonté : être irréprochable sur la qualité d’accueil. Pourtant l’année dernière, la presse relaie des informations alarmantes : le département fermait ses crèches. Ce qui n’est pas tout à fait exact… même s’il est vrai que deux structures ont fermé « provisoirement » selon les termes de Camille Kupisz.

Les 81 crèches départementales sont-elles vraiment menacées ?

Le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis  sont les deux seuls départements à gérer en direct des crèches. Le Val-de-Marne disposait de 74 crèches en 2017, 77 en 2020, et 81 aujourd’hui. Une 82ᵉ crèche départementale sera ouverte cette année. Reflet d’une tradition certes, mais aussi de choix politiques forts. Mais que s’est-il passé l’an dernier pour que les élus de l’opposition – les maires de gauche notamment – manifestent – aux côtés des parents et des syndicats et s’alarment de fermetures qui remettaient, selon eux, en cause le modèle historique du département ? Lors de ces rassemblements la maire PS de Cachan évoquait un « coup historique porté par le département du Val-de-Marne sur le service public de la petite enfance » et le maire communiste de Bonneuil-sur-Marne dénonçait « une attaque politique forte, contre des populations entières, parce que ces villes ciblées par les fermetures sont dirigées par des maires de gauche ».

La qualité d’accueil au cœur des décisions ?

Pour Camille Valentin, directrice petite enfance et Camille Kupisz, cela ressemble à un mauvais procès sur fond d’opposition politique. Et ils l’affirment, le département est très attaché à ses structures. Il n’est donc pas question de les supprimer, d’ailleurs les crèches départementales représentent 25% de l’accueil collectif du Val-de-Marne. Claire Valentin assure aussi que le Conseil départemental veille à la qualité d’accueil via un service dédié composé d’experts petite enfance qui peuvent accompagner les responsables de structures en difficultés. Pour rappel le Val-de-Marne a adopté une charte départementale d’accueil du jeune enfant en 2009, avant même que la charte nationale d’accueil du jeune enfant n’aie vu le jour. Et en 2017, un travail avec la psychologue Miriam Rasse avait permis de créer un référentiel de l’accueil régulier diversifié. Et, laissent entendre les deux responsables face à la poussée des crèches du secteur marchand, tout sera fait pour maintenir les crèches départementales, car selon eux, l’offre publique est souvent plus qualitative.

Des regroupements temporaires pas des fermetures définitives

« On a essayé de recruter, rappellent-ils d’une seule et même voix, mais comme tous les gestionnaires d’Ile-de-France, malgré tous les leviers actionnés, nous n’avons pu recruter des diplômés en nombre suffisant pour toutes nos structures. Que pouvions-nous faire ? ». Pour respecter la réglementation et ne pas rogner sur la qualité d’accueil, le choix a été fait de « procéder à des regroupements temporaires ». En clair : ce ne sont pas des fermetures, mais des crèches qui n’étaient pas au maximum de leurs capacités d’accueil ont été provisoirement fermées. Les enfants étant orientés vers une autre structure proche et les professionnels dispatchés dans les crèches où il y a des besoins en tenant compte si possible de leur lieu de domicile. Évidemment, ces crèches ne fonctionnaient pas à plein, pas faute de demandes des familles (qui ne sont toutes satisfaites !) mais bien faute de personnel. « On a fait dans la dentelle, souligne Claire Valentin. Nous avons procédé à ces regroupements pour sécuriser l’accueil et plutôt choisi de fermer temporairement celles qui avaient déjà des sections fermées, ou qui accueillait un nombre assez faible, ou encore où il y avait de fortes tensions liées au manque de personnel ».

Des locaux toujours entretenus

Pour l’heure, il n’y a eu que quatre regroupements à Arcueil, Gentilly, Vitry-sur-Seine et Cachan. . Finalement le Conseil départemental du Val-de-Marne, estime s’en sortir plutôt bien au vu de la crise financière que traversent les départements. Et affirme que ces fermetures temporaires vont probablement éviter des fermetures définitives et ne pas affecter le nombre global de places d’accueil.  Faut-il craindre que ce provisoire ne devienne définitif ?  Nos interlocuteurs nous l’ont dit : les locaux actuellement vides, ne sont pas laissés à l’abandon et continuent d’être entretenus afin de pouvoir, si une éclaircie s’annonce dans cette pénurie de professionnels, être rouverts rapidement. À suivre donc.

Vous avez envie de lire la suite ?

Abonnez-vous dès maintenant

Catherine Lelièvre

PUBLIÉ LE 26 février 2026

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire