Cadmium : l’Assemblée nationale adopte un texte pour réduire l’exposition à ce polluant préoccupant pour les enfants
L’Assemblée nationale a adopté le 3 juin une proposition de loi visant à réduire plus rapidement la présence de cadmium dans les engrais agricoles. Une avancée importante alors que les dernières données de l’Anses montrent que les jeunes enfants figurent parmi les populations les plus exposées à ce métal lourd toxique, principalement par l’alimentation.
Adoptée par 144 voix contre 22, la proposition de loi portée par les députés Benoît Biteau et Clémentine Autain prévoit d’abaisser la teneur maximale autorisée en cadmium dans les engrais phosphatés à 40 mg/kg dès 2027, puis à 20 mg/kg en 2030. Un calendrier plus ambitieux que celui défendu par le gouvernement, qui envisageait d’atteindre ce seuil seulement en 2038.
Si cette mesure vise à protéger l’ensemble de la population, elle revêt une importance particulière pour les jeunes enfants. Dans un récent article, Claire Grolleau, présidente-fondatrice de Label Vie, rappellait que les tout-petits sont à la fois davantage exposés et plus vulnérables aux effets de ce polluant. Un constat aujourd’hui confirmé par les dernières données de l’Anses.
Les jeunes enfants parmi les plus exposés
L’Anses alerte depuis plusieurs années sur la contamination de la population française au cadmium. Selon ses données les plus récentes, près de la moitié des adultes présentent une imprégnation supérieure aux valeurs sanitaires de référence. Mais les jeunes enfants sont particulièrement concernés. Jusqu’à 36 % des moins de trois ans dépasseraient la dose journalière tolérable de cadmium par l’alimentation, contre moins de 1 % des adultes. Une surexposition qui s’explique notamment par leur physiologie : à poids égal, un jeune enfant mange davantage qu’un adulte. Son organisme est également en plein développement et ses mécanismes naturels de protection contre les substances toxiques sont encore immatures. À noter : « les enfants de moins de trois ans sont également exposés par inhalation au cadmium que l’on peut aussi retrouver dans les piles, les pigments et les stabilisants de matières plastiques…», précise la présidente-fondatrice de Label Vie.
Quels risques pour la santé ?
Le cadmium est classé cancérogène certain pour l’être humain. Une exposition chronique est associée à un risque accru de cancers, notamment du sein, de la prostate ou du pancréas. Il est également reconnu pour ses effets toxiques sur les reins, les os et la fertilité. Chez les jeunes enfants, les inquiétudes portent également sur le développement neurologique. Claire Grolleau souligne notamment les risques potentiels pour les fonctions cognitives, avec des conséquences possibles sur l’apprentissage et le développement cérébral. Le cadmium peut également affecter les reins, particulièrement sensibles durant les premières années de vie. Autre difficulté : ce métal lourd est extrêmement persistant. Une fois absorbé, il peut rester stocké dans l’organisme pendant dix à trente ans.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 04 juin 2026