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Jeux, lecture, échanges : quel impact sur le cerveau des tout-petits ?

Lire une histoire à un enfant, jouer avec lui, bavarder… Ces gestes n’ont rien d’anodin. Une équipe de chercheurs américains vient de le montrer dans une étude parue le 12 octobre dans Brain and Language. Quand un tout-petit partage un moment avec un adulte, son activité cérébrale change.

On savait déjà que les interactions comptent pour le langage et les compétences sociales. Mais leurs effets sur l’activité cérébrale restaient peu étudiés. C’est la raison pour laquelle des chercheurs ont souhaité observer ce qui se produit dans le cerveau des tout-petits lorsqu’ils interagissent naturellement avec leurs parents.

Des signes d’attention plus marqués pendant les échanges

Les auteurs de l’étude ont suivi 49 enfants de 24 à 44 mois, dont le niveau de langage variait. L’activité électrique du cerveau de chaque enfant était enregistrée au moyen d’un électro-encéphalogramme (EEG), c’est-à-dire d’un ensemble d’électrodes posées sur le crâne. Au programme : un livre à lire avec le parent, un puzzle à faire ensemble, puis un film à regarder. Les séances ont ensuite été filmées et analysées seconde par seconde. Le but : repérer chaque instant où l’enfant partageait son attention avec son parent que ce soit par un échange direct ou en regardant ensemble le même objet, une page du livre ou une pièce de puzzle. Résultat ? Les moments d’interaction avec le parent s’accompagnent de deux modifications de l’activité cérébrale. Les ondes alpha diminuent tandis que les ondes thêta augmentent, en comparaison avec les périodes pendant lesquelles l’enfant regarde un film. Ces deux types d’ondes sont associés à différents processus cérébraux. La baisse des alpha traduit une attention mobilisée. La hausse des thêtas est liée au traitement des informations sociales.
Cela signifie que même lorsqu’un enfant paraît très concentré à un écran, son cerveau ne présente pas les mêmes caractéristiques d’activité que lorsqu’il partage un jeu ou une lecture avec un adulte. Ces résultats ne permettent toutefois pas de conclure que les interactions favorisent davantage les apprentissages que le visionnage d’un film. Les chercheurs n’ont pas directement mesuré les acquisitions des enfants.

Même constat chez les enfants autistes

Pour vérifier leurs observations, l’équipe a refait l’analyse avec un second groupe de 24 enfants de 25 à 47 mois, dont certains présentaient un trouble du spectre autistique. Mêmes modifications de l’activité cérébrale pendant l’attention partagée. Ni le niveau de langage ni un éventuel diagnostic d’autisme n’ont changé la donne de façon significative. C’est un point qui mérite qu’on s’y arrête. Certains enfants avec un trouble du développement montrent leur intérêt de façon discrète, parfois à peine visible. Pourtant, dès qu’ils sont embarqués dans une interaction avec un adulte, leur cerveau réagit comme celui des autres.

Et en crèche ?

Pour les professionnels de la petite enfance, l’étude vient confirmer ce qui est déjà pratiqué : raconter une histoire, accompagner par un jeu, parler d’un objet que l’enfant vient de prendre, sont autant d’occasions d’interagir. Le matériel ne fait pas tout. Ce qui compte, c’est la place laissée à l’échange. Observer ce qui attire l’enfant, répondre à ses initiatives, commenter ses trouvailles …. Que ce soit au cours du repas, du change, de l’habillage, ces gestes de tous les jours, peuvent devenir de vrais moments d’échange.

Consulter l’étude 

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 15 octobre 2026

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