La gastro-entérite chez le tout-petit : attention à la déshydratation
La gastroentérite n’est pas seulement inconfortable pour l’enfant et son entourage. Chez les plus jeunes, elle peut entraîner une importante déshydratation. Très contagieuse, des mesures simples à mettre en place au sein de la structure d’accueil du jeune enfant ou à la maison permettent d‘éviter sa propagation et son aggravation. Depuis 2022, un vaccin anti viral contre la gastroentérite est recommandé pour protéger tous les bébés.
La gastroentérite est une inflammation de la muqueuse du tube digestif causée le plus souvent par un virus. Ceux qu’on rencontre le plus fréquemment chez les jeunes enfants en collectivité sont les rotavirus mais les norovirus sont également impliqués. Les infections à rotavirus surviennent le plus fréquemment entre l’âge de 6 et 24 mois. Pratiquement tous les enfants avant l’âge de 2-3 ans ont été déjà infectés par ces virus. Les gastroentérites virales débutent généralement au début de l’hiver et s’étendent sur plusieurs mois. Elles surviennent chaque année sous forme d’épidémie.
Quels sont les signes de la gastroentérite ?
La gastro-entérite (« gastro » dans le langage courant) associe fréquemment trois symptômes : de la diarrhée (selles plus liquides et plus fréquentes que d’habitude), des vomissements et de la fièvre. Ces signes peuvent aussi être isolés ou associés à un seul des 2 autres. S’y ajoutent fréquemment des nausées, une perte d’appétit, des maux de ventre ou de la fatigue. Les symptômes durent entre 5 et 7 jours. Si l’enfant a moins de 6 mois, ses parents doivent impérativement consulter un médecin. Si l’enfant est plus âgé, ils devront au minimum lui passer un coup de fil.
Comment la prend-on en charge ?
Dans la plupart des cas, la maladie est bénigne et la guérison survient spontanément en quatre à sept jours. Chez les nourrissons de moins de 1 an, la diarrhée et les vomissements ainsi que la fièvre peuvent entraîner en quelques heures une déshydratation aiguë dangereuse, qui peut nécessiter une hospitalisation.
On ne prescrit pas d’antibiotiques pour les gastroentérites virales. Le traitement est symptomatique. Dès les premiers signes, avant même de voir un médecin, il faut donner à l’enfant un soluté de réhydratation orale (SRO). Cette solution riche en eau, glucides, sodium et minéraux permet la réabsorption des éléments nutritifs au niveau des cellules intestinales et réhydrate l’enfant. D’où l’importance d’en avoir toujours dans votre armoire à pharmacie. On peut s’en procurer en pharmacie, avec ou sans ordonnance. On la prépare en diluant un sachet dans 200ml d’eau et on propose à l’enfant ce mélange plusieurs fois par heure, en petites quantités. La solution peut être conservée 24h au réfrigérateur.
- Si le bébé est nourri au sein, la maman peut poursuivre l’allaitement pendant la réhydratation.
- Si le bébé est nourri au biberon, on reprend précocement l’alimentation selon les consignes du médecin avec un biberon de lait ou un lait spécial prescrit par le médecin.
- Si son alimentation est diversifiée, il faudra privilégier des aliments faciles à digérer (purées de carotte et de pommes de terre, compotes pomme-banane et pomme-coing) en évitant les légumes verts, les crudités et le jus d’orange, le temps que tout rentre dans l’ordre.
Comment prévenir la gastro ?
La prévention est essentielle pour limiter la propagation de la gastro-entérite, surtout en collectivité. Les risques de contagion sont très élevés. Les virus à l’origine de la maladie sont très résistants et se transmettent par voie féco-orale. Ils peuvent survivre plusieurs jours dans l’environnement de l’enfant. Le rotavirus persiste jusqu’à 21 jours après le début de l’infection dans les selles des enfants mais également sur les jouets et les surface de la crèche, a montré une étude. Il faut donc redoubler de précautions en période épidémique et :
Adopter une hygiène rigoureuse
Le lavage des mains des enfants et des professionnels est la première ligne de défense. Il est conseillé de se laver les mains après chaque changement de couche, après avoir aidé un enfant à utiliser les toilettes, ou après avoir manipulé des objets souillés. Le port des gants en cas de diarrhée est conseillé tout comme le double emballage du sac poubelle dans lequel on jette la couche souillée.
La bonne idée : afficher les mesures barrière et la prise en charge pour transmettre les informations aux parents.
Désinfecter les surfaces
Les jouets, les tables à langer, les toilettes, les pots, les poignées de portes et autres surfaces en contact avec les enfants doivent être nettoyés régulièrement avec des produits désinfectants adaptés.
Éviter les contacts avec les enfants malades
En cas de gastro-entérite avérée, l’éviction n’est pas obligatoire (contrairement aux gastroentérites bactériennes à Escherichia coli ou Shigelles) mais la fréquentation de la collectivité à la phase aigüe de la maladie infectieuse n’est pas souhaitable pour le confort de l’enfant. En cas de gastroentérite virale, l’enfant peut rester contagieux pendant 2 semaines après l’arrêt de la diarrhée.
Vacciner son enfant
Le vaccin (Rotarix® ou RotaTeq® ) contre le rotavirus est recommandé à tous les nourrissons depuis 2022. Il aide à réduire d’environ 80% les gastroentérites et les hospitalisations dues aux infections à rotavirus et reste efficace pendant au moins deux ans. Pour rappel, chaque saison le nombre de passages aux urgences hospitalières pour une gastroentérite aigue à rotavirus (GEA-RV) en France chez les moins de 3 ans est estimé en moyenne à 28 000 ! Attention, ce n’est pas une vaccination que l’on peut différer, souligne le Dr Ordioni, pédiatre. En pratique si on utilise le Rotarix®, 2 doses sont nécessaires et on doit vacciner impérativement avant l’âge de 3 mois. En pratique on prescrit une dose à l’âge de 2 mois et l’autre à l’âge de 3 mois. Si on utilise le RotaTeq®, il faut 3 doses et on doit impérativement vacciner avant les 4 mois du bébé. En pratique on prescrit la première dose à l’âge de 2 mois, la seconde à l’âge de 3 mois et une troisième à l’âge de 4 mois. Ces 2 vaccins sont à prendre par la bouche.
Isabelle Hallot. Merci au Docteur Ordioni, pédiatre
PUBLIÉ LE 06 mars 2017
MIS À JOUR LE 13 février 2025