Coqueluche : Santé Publique France insiste sur les mesures de prévention et la vaccination
La coqueluche connaît une résurgence en France, rendant essentielles les mesures de prévention pour éviter des cas graves et des décès chez les nourrissons.
Intensification de la circulation de la coqueluche en France
Après une alerte européenne, Santé publique France a signalé en avril une circulation accrue de la coqueluche depuis le début de l’année 2024. Les données récentes confirment cette résurgence, avec plus de cas signalés en cinq mois qu’en 2023. L’ECDC a noté une augmentation européenne, passant de 25 130 cas en 2023 à 32 037 entre janvier et mars 2024. La coqueluche, causée par Bordetella pertussis, est très contagieuse, se transmettant par voie aérienne, particulièrement chez les nourrissons non vaccinés.
Des indicateurs dans le rouge
Tous les indicateurs montrent une résurgence de la maladie en France, avec une augmentation des cas sur tout le territoire. Ainsi le réseau RENACOQ souligne une hausse en 2024 avec 46 cas en cinq mois, surpassant le total de 2023. La majorité des nourrissons hospitalisés avaient moins de 6 mois, dont 59% étaient trop jeunes pour être vaccinés. De son coté le réseau OSCOUR indique que le nombre de passages aux urgences pour coqueluche a été multiplié par 7 entre mars et mai 2024, avec une augmentation notable chez les enfants.
Importance de la prévention et de la prise en charge précoce de la coqueluche chez les jeunes enfants
La coqueluche, bien que n’étant pas une maladie à déclaration obligatoire, doit être signalée à l’Agence régionale de santé en cas d’infections nosocomiales ou de cas groupés. Des mesures spécifiques doivent être prises pour protéger les personnes à risque, notamment dans les collectivités telles que les maternités et les crèches. Ces mesures incluent l’éviction des malades, le traitement antibiotique pour les personnes infectées, l’antibioprophylaxie pour les contacts non vaccinés, et la mise à jour de la vaccination.
La stratégie vaccinale
La politique vaccinale en France se concentre sur la réduction des formes graves de la coqueluche chez les nourrissons de moins de 6 mois. Elle repose sur trois stratégies principales :
– Primovaccination précoce des nourrissons dès l’âge de 2 mois, avec un schéma vaccinal à 2, 4, et 11 mois, suivi de rappels à 6 ans, 11-13 ans, et à l’âge adulte.
– Vaccination des femmes enceintes dès le second trimestre de grossesse, préférablement entre 20 et 36 semaines d’aménorrhée.
– Stratégie de cocooning, qui consiste à vacciner la mère en post-partum et les personnes en contact étroit avec le nourrisson durant ses 6 premiers mois de vie si la mère n’a pas été vaccinée pendant la grossesse.
La vaccination est également recommandée pour les personnes à risque de formes graves, telles que les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques, les immunodéprimés, les femmes enceintes, les professionnels de santé, les étudiants en filières médicales et paramédicales, ainsi que les professionnels de la petite enfance.
Le masque, un outil efficace contre les infections respiratoires
Le port du masque est fortement recommandé pour les personnes présentant des symptômes d’infection des voies respiratoires, tels que rhume, maux de gorge, toux ou fièvre, quelle qu’en soit la cause. Il est particulièrement important en présence de personnes fragiles, dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, les espaces clos et les transports en commun. Le masque offre une protection individuelle contre l’infection et le risque de formes graves, tout en réduisant la diffusion de la maladie au sein de la population, protégeant ainsi les personnes vulnérables.
Source : Santé Publique France
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 07 juin 2024
MIS À JOUR LE 10 juin 2024