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Étude américaine : la canicule perturbe la qualité du sommeil des bébés

Dans une étude publiée récemment dans la revue Scientific Reports, les chercheurs américains ont étudié les effets de la canicule pendant l’été 2022 (lors des 3 vagues de chaleurs : 16-17 juin, 18-19 juillet, 11-14 août) sur les habitudes de sommeil de 413 nourrissons âgés en moyenne de 11 mois. Pour évaluer le sommeil, les chercheurs ont installé des caméras-babyphones dans les maisons des nourrissons. Ils se sont attachés au temps de sommeil, à l’endormissement, à la qualité du sommeil et aux visites parentales pour voir si les périodes de fortes chaleurs impactaient le sommeil.  


Un temps de sommeil diminué 

La canicule a provoqué une baisse du temps de sommeil. Au plus fort de la canicule, les scientifiques ont noté une diminution d’environ une demi-heure par rapport aux nuits sans canicule. En revanche, les scientifiques ont noté qu’après la canicule d’août, le temps de sommeil a bondi à un niveau supérieur à la moyenne par rapport aux nuits sans canicule, ce qui suggère que les nourrissons ont compensé leur sommeil perturbé en dormant plus et avec moins d’interruptions, surtout une fois que la température est tombée en dessous de 27°C. 

Le sommeil joue un rôle essentiel sur la santé psychologique des enfants. Dormir moins que la quantité recommandée pendant la petite enfance augmente la probabilité d’être en surpoids à l’âge préscolaire, est associé à des problèmes émotionnels et comportementaux pendant la petite enfance et à un développement du langage et à des capacités de résolution de problèmes plus faibles. 

Concrètement, la diminution du temps de sommeil total lors de la deuxième canicule a fait que les nourrissons ont dormi en moyenne environ 20 minutes de moins que d’habitude pendant deux nuits consécutives en plus des quelques minutes de sommeil qu’ils avaient déjà perdues avant cette canicule. 


L’importance de dormir suffisamment

Les chercheurs rappellent que des études antérieures ont montré que même de petites quantités de privation de sommeil sur de courtes périodes peuvent avoir des effets néfastes. Par exemple, dans deux études portant sur des nourrissons en bonne santé de moins de 6 mois, le fait de manquer une seule sieste matinale ou de retarder une sieste de seulement 2 h a augmenté la fréquence de l’apnée obstructive du sommeil au cours du sommeil suivant. Chez les enfants d’âge scolaire, une semaine de privation de sommeil légère (environ 39 minutes de sommeil en moins chaque nuit) a entraîné une foule de conséquences négatives, y compris pour leur bien-être physique et psychologique. L’extrapolation à partir des résultats montre que la privation de sommeil continue, due à la canicule, peut potentiellement avoir des effets négatifs en cascade sur le développement du nourrisson.


Les autres effets de la canicule

  • Un temps d’endormissement allongé 

    Durant la période caniculaire étudiée soit du 8 juillet au 15 août, les nourrissons se sont endormis 1 heure et 37 min plus tard que la moyenne des nuits sans canicule. 
  • Une moins bonne qualité de sommeil

    Les scientifiques ont également noté que le sommeil des nourrissons était de moins bonne qualité lors des différents pics de canicule par rapport aux nuits sans canicule.
  • Davantage de réveils nocturnes 

    Le nombre de réveils nocturnes des nourrissons s’est élevé de manière significative selon les scientifiques, aux dates des pics de chaleur en comparaison à celles où les nuits étaient plus fraîches. 


Par ailleurs, la fréquence des visites parentales dans la chambre du nourrisson a changé de manière significative lors des 4 dates correspondant aux pics de canicule avec davantage d’interventions. 

 

Pour la plupart, le sommeil n’a pas été impacté en juin lorsque les températures sont restées inférieures à 31°C, bien qu’il corresponde à la définition d’une canicule, mais a été significativement impacté, de manière négative, en juillet lorsque les températures ont atteint plus de 37°C. 


Les scientifiques de l’étude expliquent qu’il faut être particulièrement attentifs aux risques pour les nourrissons souffrant de troubles respiratoires et d’autres problèmes de santé, car les nourrissons de ces études précédentes étaient tous en bonne santé, mais subissaient tout de même des changements respiratoires immédiats après une interruption à court terme du sommeil. 


La sieste ne compense pas les effets du manque de sommeil

La sieste seule est insuffisante pour l’apprentissage et la consolidation de la mémoire pendant la petite enfance. Il semble y avoir un rôle unique pour le sommeil nocturne dans l’apprentissage du nourrisson qui ne peut être remplacé par un sommeil diurne plus court (siestes). Cette étude exploratoire soulève plusieurs questions qui dépassent le cadre de ce projet. Premièrement, pour tester directement les hypothèses selon lesquelles les perturbations du sommeil pendant la petite enfance pourraient avoir un impact négatif sur l’apprentissage, les futures études devraient mener des études comportementales prospectives sur la résolution de problèmes ou la consolidation de la mémoire avant, pendant et après des événements de température extrême. En outre, les recherches futures devraient tenir compte des différences individuelles, telles que l’âge du nourrisson, la durée d’exposition à une vague de chaleur, etc., pour déterminer quels facteurs exposent les enfants au plus grand risque de répercussions à long terme.   

 

Source : www.nature.com  

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 07 juillet 2023

MIS À JOUR LE 14 juillet 2023

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