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Relancer la natalité : l’Académie de médecine appelle à créer 100 000 nouvelles places de crèches d’ici 2030

Dans son rapport « La Natalité en France : Mythes et Réalités de la crise démographique Française », paru le 30 juin, l’Académie nationale de médecine propose une stratégie d’action à plusieurs volets pour relancer la natalité. Elle plaide notamment pour la création d’un droit effectif à la garde d’enfants qui passe par la création de 100 000 places de crèche.

La France fait face à un recul historique de sa natalité. « Le taux de fécondité est tombé à 1,59 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis la Première Guerre mondiale », alerte l’Académie nationale de médecine dans son rapport. L’instance médicale a analysé les nombreuses causes de ce phénomène. Elle souligne que les difficultés d’accès aux modes d’accueil constituent un frein majeur à la réalisation des projets parentaux, en particulier pour les familles souhaitant avoir un deuxième enfant. Un constat à rebours du baromètre 2024 de la Drees, publié quelques jours plus tard, qui indique que « l’indisponibilité d’un mode de garde » est l’une des raisons les moins citées par les individus qui renoncent à avoir un enfant.

Complexité, saturation, difficultés d’accès…

L’Académie de médecine rappelle que le système actuel est marqué par une offre saturée, une pénurie de professionnels dans la petite enfance et des inégalités territoriales, notamment dans les zones rurales, les communes à faibles revenus et les départements d’outre-mer. Malgré une augmentation du nombre de places en crèche, l’instabilité des solutions d’accueil, le coût et la complexité administrative des aides freinent de nombreux parents.

Un « droit effectif à la garde d’enfants »

En réponse, le rapport propose trois mesures pour garantir « un droit effectif à la garde d’enfants ». Il recommande de « fixer un objectif national de création de 100 000 places de crèches d’ici 2030, avec un financement pérenne de l’État et des CAF ». Un objectif donc en dessous de celui des 200 000 places qui avait été fixé par Élisabeth Borne, alors Premier ministre, dans le cadre de la création du Service public de la petite enfance.

Le rapport appelle à « renforcer les filières de formation et revaloriser les salaires dans la petite enfance pour pallier les difficultés de recrutement », et enfin à « garantir un accès égalitaire à la garde d’enfants, y compris dans les départements et régions d’outre-mer, les communes rurales ou défavorisées ».

En parallèle, le rapport recommande la création d’une prestation universelle par enfant, simple et accessible dès le premier enfant. Elle serait modulée par le revenu et complétée par un soutien aux naissances multiples ou précoces. Les auteurs du rapport suggèrent de « transformer le congé parental actuel en congé de naissance plus court et mieux indemnisé, comme recommandé par le Haut Conseil de la famille » et à « Imposer une période non transférable pour le co-parent, afin d’encourager un partage effectif du soin aux enfants ».

Candice Satara

PUBLIÉ LE 04 juillet 2025

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