S’abonner

Joyeux Baz’Arts, le super projet du RPE Premiers Pas de Lille autour de la créativité

Le RPE Premiers Pas de Lille, Lomme et Hellemes, et ses assistantes maternelles ont organisé en novembre dernier, la 2e édition du Joyeux Baz’Arts. Un évènement grand public devenu incontournable à Lille, réunissant parents enfants et assistantes maternelles autour de l’art et de la créativité sous toutes leurs formes. 

A Lille, l’association Premiers pas est gestionnaire d’un RPE dynamique et particulièrement engagé pour ses assistantes maternelles. Sur le territoire de la métropole, on compte près de 850 assistantes maternelles agréées, un effectif important pourtant en baisse ces dernières années, marqué par les nombreux départs à la retraite et le Covid qui a laissé des traces… Pour susciter de nouvelles vocations, le RPE a décidé de mettre en place un grand projet qui valorise ce métier trop souvent mal perçu. Pour montrer que les assistantes maternelles ne travaillent pas seules et rompre avec l’image des assistantes maternelles d’antan. 

« L’éveil artistique et culturel a toujours eu une place particulière dans notre projet associatif, un aspect que nous avons voulu développer dans tous nos projets, assure Anne Declerck, directrice de l’association Premiers Pas. Nous avons donc eu l’idée de concevoir un évènement artistique et culturel adressé aux parents, qui pourrait montrer toute l’étendue du savoir-faire des assistantes maternelles ». Et le RPE a vu grand ! L’événement grand public et gratuit aura lieu au Bazaar-St-So, une ancienne gare au cœur de Lille dont le volume et l’espace peuvent laisser la part belle à l’imaginaire… Convainquant, le projet sortira lauréat du Fond d’Innovation pour la Petite enfance, qui assurera une partie de son financement. 

Encourager la libre exploration

Le concept est simple. Dans cette grande halle du Bazaar St-So, avec lequel le RPE a pu nouer un riche partenariat, des installations sont mises à disposition des enfants afin qu’ils s’en emparent librement et sans contraintes. « L’idée, centrale, c’est qu’il n’y ait quasiment pas d’interdits. Les enfants peuvent évoluer comme ils en ont envie. On ne leur donne pas de consignes, on les laisse être dans l’exploration, la manipulation, le jeu, les interactions avec l’adulte qui peut également trouver sa place », précise Anne Declerck. Les espaces sont délimités, matériellement par des lignes au sol ou des éléments, mais aussi physiquement par quatre à cinq assistantes maternelles qui s’assurent du bon fonctionnement de l’espace. Un seul mot d’ordre : ne pas être dans l’intervention, observer, être présente et contenante en étant « psychiquement » là, mais en laissant l’enfant faire ce dont il a envie, tant qu’il n’y a pas de danger…

Un an de préparation avec les assistantes maternelles

Pour porter ce projet audacieux, le RPE s’est associé à l’artiste-plasticienne et EJE de formation, Aurélie Terrier-Baudin qui a veillé à la cohérence du projet. Les professionnelles volontaires ont également été conviées à des temps de formation : « La première année, elles ont suivi la formation ECLA avec Thomas Ulmann, axée sur l’idée de mettre à disposition des enfants des objets du quotidien pour créer des œuvres d’art, explique Anne Declerck avec enthousiasme. En 2025, elles se sont formées aux paysages exploratoires avec Méline Durtievoz-Boyer : créer des espaces dans lesquels les enfants vont pouvoir librement évoluer mais dans une dimension très esthétique ». Et pendant un an, artiste, formatrice et assistantes maternelles ont travaillé de concert. Le samedi matin, sur leur temps disponible, elles étaient invitées à penser avec l’artiste plasticienne, la conception d’installations qui seront proposées lors de l’événement. Et comme les assistantes maternelles avaient de nombreuses idées et envies, il a souvent fallu revenir à l’essentiel, au développement de l’enfant, pour faire des choix sans trop de frustration.

Jouer avec les clichés autour du Nord

Pour l’édition 2025, les assistantes maternelles ont imaginé des paysages exploratoires – « des installations à base d’éléments sans vocation prédéfinie, que chacun peut investir comme il le souhaite » – autour des thèmes chers à leur région. « On a utilisé tous les bons clichés du Nord, s’amuse Anne Declerck. La pomme de terre, la mine, la mer, et le carnaval ! ». Dans un espace délimité par des bottes de pailles, des paniers, des sacs de jute, des caisses en bois et des pommes de terre. Dans un autre les cailloux et des bassines en métal comme à la mine. Ailleurs, des savons en blocs ou en copeaux et des napperons en dentelle. Côté mer, des bateaux en papier, des coquillages et du sel. Et pour le carnaval ? Des dizaines de chapeaux, des cadres, un grand miroir et des valises. Un autre paysage exploratoire était dédié aux tout petits, axé sur le sensoriel. Et puis d’autres installations ont également été créées avec l’artiste toujours autour du Nord, avec des coquelicots, des sabots… Et dans chacune de ces mises en scènes simples mais esthétiques et réfléchies, les enfants s’en sont donné à cœur joie pour empiler, transvaser, manipuler, suspendre, entrechoquer, verser, transporter, remplir librement.

L’importance de l’esthétisme dans les installations

Bien que chaque espace semble très simple, aucun objet n’a été choisi par hasard, tout a été longuement étudié et réfléchi. Chaque paysage exploratoire était monochrome pour renforcer l’esthétisme et la cohérence de chaque installation. Aux côtés des assistantes maternelles, Aurélie Terrier-Baudin et Méline Dutrievoz-Boyer ont longuement travaillé à épurer les espaces, à favoriser l’affordance, à aller à l’essentiel pour ne pas en mettre trop… Par le beau, l’harmonie, l’esthétisme proposé aux enfants « on est déjà dans l’art ! », assurent-elles. Pour Anne Declerck : « Lorsque les familles entrent dans la halle, Il y a un véritable effet « Whaou » non négligeable qui fait que l’on nous prend tout de suite au sérieux. Et puis cet aspect très ordonné et le monochrome créent quelque chose de très apaisant chez les enfants ».

Une imagination sans limites

Bien sûr, l’équipe appréhendait la gestion du nombre, les pleurs, l’agitation, les dérapages, et d’être dépassées… Mais Anne Declerk s’étonne encore : « il y a eu très peu de pleurs, cela nous a vraiment surpris. Par le fait qu’il y ait de nombreuses propositions différentes dans une très grand espace et pas d’interdits, on voyait que les enfants pouvaient vraiment être à l’aise et évoluer comme ils en avaient envie. Quand l’enfant est serein, il n’y a pas d’énervement. Il faut voir le nombre d’heures qu’ils ont pu passer à s’activer dans ces installations ! ». Au contraire, les professionnels ont découvert avec plaisir que les enfants avaient détourné l’usage de certains objets au-delà de leurs espérances, en faisant des gravures sur les savons, de la musique avec les pinces à escargots…

Des retours très positifs des parents comme des pros

Lors de l’évènement un questionnaire a été diffusé aux familles, toutes étonnées que leurs enfants puissent jouer aussi bien et aussi longtemps avec des objets du quotidien ; marquées par présence importante et la posture des assistantes maternelles, reconnaissables à leur sweat de couleur. Mobilisées à l’accueil, au photobooth et sur les installations, les professionnelles avaient pour mission d’observer les enfants, de les contenir en douceur et de remettre l’installation en place lorsque cela devenait nécessaire.  Et nombreuses sont celles qui ont pu, à cette occasion, échanger avec les parents… Anne Declerck en est convaincue, par cette expérience, les assistantes maternelles auront très certainement renforcé leur capacité d’observation et à croire en les compétences naturelles de l’enfant.

Au fil de ces projets, le RPE a su faire une grande confiance aux assistantes maternelles, en les associant pleinement à la conception des évènements, en leur confiant des responsabilités pour qu’elles en soient pleinement actrices, chacune à leur mesure. Anne Declerk le reconnait : « Les assistantes maternelles ont une grande confiance en leur relais, l’équipe d’animatrices est au top. Depuis le démarrage du RPE, nous avons résolu de toujours partir des compétences des assistantes maternelles, et de les faire progresser (…) Nous avons un noyau dur d’ass’mat qui sont extraordinaires ! ».

Trouver de nouveaux financements

Pour sa 2e édition qui s’est étalée sur un weekend, le Joyeux Baz’art a accueilli plus de 4000 visiteurs. Quand il y a une proposition adaptée pour les tout-petits, les familles s’en emparent ! Une 3e édition est d’ores et déjà en préparation pour 2026 autour de l’art et la nature. Mais pour une éventuelle 4e édition en 2027, le RPE devra trouver de nouveaux financements car le FIPE n’a pas été renouvelé. A suivre !

Le Palais des Beaux-Arts de Lille ouvre ses portes aux tout-petits

Dans la continuité du Joyeux Baz’Arts, le RPE travaille déjà à son prochain projet d’éveil artistique ! La création de malles sensorielles et pédagogiques qui seront mises à disposition des assistantes maternelles qui iront visiter le Palais des Beaux-Arts de Lille. Pour ce projet également, assistantes maternelles et artistes collaborent en bonne intelligence. En juin, toutes les professionnelles seront invitées au Palais de Beaux-Arts pour leur présenter le musée et les possibilités offertes par ces malles. Par la suite elles pourront s’inscrire pour venir en profiter avec les enfants qu’elles accueillent.  

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 02 mars 2026

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire