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Petite enfance : que prévoit Emmanuel Grégoire, nouveau maire de Paris ?

Emmanuel Grégoire a été élu maire de Paris le 22 mars 2026. S’il l’a peu évoqué pendant sa campagne, dans son programme, figurent plusieurs mesures concernant la petite enfance. On fait le point.

Selon la dernière étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), en 2021, près de 280 000 familles avec enfants vivaient dans la capitale, soit près d’un million de personnes. Au sein de ces familles, on compte près de 60 000 enfants de moins de trois ans.

Crise de recrutement

La mesure centrale du programme d’Emmanuel Grégoire, concerne le personnel de l’accueil du jeune enfant, car Paris n’échappe pas à la pénurie de pros. La Ville prévoit de recruter 1 000 auxiliaires de puériculture et agents de la petite enfance supplémentaires. Ambitieux ? Certes la situation s’améliore, mais le manque de pros est encore criant. À la rentrée 2025, la ville annonçait 18 % de places gelées faute de personnel dans ses 459 crèches en régie directe contre 20 % de places gelées ces trois dernières années. Par ailleurs, selon l’étude pénurie de la Cnaf, l’Île-de-France concentre les difficultés avec un taux de vacance de 14% vs 6% sur le reste du territoire.

Les auxiliaires de puériculture font partie des métiers les plus en tension. Pour pallier la crise de recrutement, Paris a ouvert le premier Centre de formation d’apprentis (CFA) Petite Enfance, destiné à former des auxiliaires de puériculture, en octobre dernier auquel fait directement référence Emmanuel Grégoire, tout en évoquant des revalorisations salariales. « Leurs salaires et déroulements de carrière seront revalorisés, et la Ville formera activement ses futures agentes et agents de la petite enfance grâce à son centre de formation nouvellement créé », peut-on lire dans le programme. Aucune échéance n’est cependant précisée. La capacité du CFA reste toutefois limitée. Il accueille cette année 36 apprenties.

Plus de crèches Oasis et de Maisons d’assistantes maternelles

La mairie prévoit également de développer les crèches « Oasis », qui intègrent davantage de nature et d’aménagements adaptés aux fortes chaleurs. Depuis 2017, cinq crèches oasis ont été aménagées dans la capitale. Le programme fait  aussi référence aux Maisons d’assistantes maternelles (MAM). « Nous développerons également des Maisons d’Assistantes Maternelles pour répondre aux attentes des familles, notamment dans les quartiers où la demande est la plus forte. » À Paris, en raison des loyers élevés, le nombre de MAM est encore très faible, contrairement à d’autres villes. Il y en a actuellement trois et elles accueillent une quarantaine d’enfants. Le plan de soutien à l’accueil individuel « Valoriser l’accueil individuel, soutenir les professionnel·les, agir pour la qualité d’accueil des petits parisiens », voté par le Conseil de Paris en octobre 2025, prévoyait d’ailleurs de consolider ce modèle ainsi que celui des crèches familiales : 26 sont en activité.

Soutenir davantage les familles, notamment monoparentales

La municipalité prévoit de renforcer le soutien aux familles, en particulier aux familles monoparentales, qui représentent 30 % des ménages parisiens. Le programme annonce notamment une priorité d’accès aux crèches pour ces familles ainsi qu’une tarification adaptée des services municipaux. « Ces familles sont au croisement des enjeux de lutte contre la précarité, d’insertion professionnelle, d’égalité entre les femmes et les hommes, et d’égalité des chances. Leur niveau de vie est inférieur de 40 % à celui des couples avec enfant et de 29 % à celui de l’ensemble des ménages parisiens. », note le programmeLes familles monoparentales bénéficient déjà d’une prise en compte prioritaire dans l’attribution des places en crèche, mais celle-ci est aussi liée à d’autres critères sociaux et professionnels.

Nouveauté qui mériterait d’être précisée : le programme indique la mise en place de solutions d’accueil en dehors des horaires traditionnels des écoles et des crèches. Concrètement, il s’agirait de proposer deux heures de garde par semaine, accessibles aux familles qui en ont besoin. Cette mesure vise particulièrement les parents isolés ou confrontés à des contraintes professionnelles atypiques, pour lesquels l’absence de solution ponctuelle d’accueil peut rapidement devenir un obstacle à l’emploi, à la formation ou aux démarches administratives. « Ce nouveau service permettra demain d’offrir des temps de respiration pour de nombreux parents, favorisant ainsi un meilleur équilibre entre vie parentale et bien-être personnel. », précise le programme. Dans une interview donnée à Elle.fr, le maire de Paris parle d’un service gratuit.

Voir le programme détaillé

Candice Satara

PUBLIÉ LE 23 mars 2026

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