Formation : Paris ouvre son premier CFA pour les auxiliaires de puériculture
Alors que les crèches parisiennes peinent à recruter, la Ville de Paris ouvre un Centre de formation d’apprentis (CFA) Petite Enfance pour former ses futures auxiliaires de puériculture. Un cursus immersif et exigeant, pensé pour attirer et fidéliser la nouvelle génération.
C’est dans un bâtiment flambant neuf du 20ᵉ arrondissement qu’a ouvert il y a quelques semaines le CFA Paris Petite Enfance, premier institut de formation d’auxiliaires de puériculture de la Ville de Paris. « On est la première collectivité à former en régie directe des auxiliaires de puériculture », glisse fièrement Ellen Hervé, la directrice du centre. Les apprenties partagent les locaux avec l’École des métiers de la petite enfance où les agents de la Direction des familles et de la petite enfance (DFPE) suivent des formations continues. « Une vraie richesse pour les apprenties qui renforce leur sentiment d’appartenance. », ajoute la directrice. Le lieu dégage une énergie tranquille : on pourrait se croire dans une crèche XXL, avec ses espaces de soins, de sommeil et de jeux. Et il n’est pas rare de croiser au détour d’un couloir un lit à barreau modulable. Les noms des salles n’ont pas été choisis au hasard : « Évoluer », « Développer », comme un petit indice sur ce qu’on y apprend.
Un enjeu stratégique pour la Ville
Les 17 apprenties de cette première promotion – toutes des femmes – ont entre 17 et 29 ans. Certaines sortent du lycée, d’autres ont déjà un CAP ou un Bac pro. Toutes ont été recrutées par une crèche municipale partenaire du CFA avant même d’entrer en formation : c’est le principe même de ce dispositif qui place l’apprentissage au cœur du parcours. « C’est une formule exigeante, dans la mesure où l’on fait fonctionner en même temps trois pôles : le temps de cours, le temps de stage et le temps employeur », souligne Ellen Hervé. Ce modèle, inspiré des CFA d’entreprise, mais appliqué pour la première fois à une collectivité, repose sur une idée simple : on apprend un métier en le pratiquant.
« Notre objectif n’est pas de concurrencer les autres instituts de formation d’auxiliaires de puériculture (IFAP), mais de compléter l’offre, en y ajoutant les priorités éducatives de la Ville », complète Friedelinde Lagier, cheffe du service ressources humaines à la ville de Paris. En Île-de-France, il manque des milliers d’auxiliaires de puériculture. La Ville ouvre chaque année environ 300 postes au concours d’auxiliaire de puériculture, et recrute en parallèle plus de 300 agents titulaires d’un CAP AEPE. Avec ses 450 crèches – dont 400 en régie – Paris ne peut se passer de cette nouvelle filière. À noter qu’à l’issue de leur formation, les auxiliaires de puériculture n’auront aucune obligation de travailler dans une crèche municipale, même si elles y sont vivement encouragées.
Une formation dense et professionnalisante
Réformée en 2021, la formation d’auxiliaire de puériculture propose désormais des parcours adaptés au profil de chacune, pour un même diplôme à l’arrivée. Celles qui découvrent le secteur suivent un cursus complet ; les titulaires d’un CAP AEPE ou d’un Bac pro ASSP bénéficient d’allègements. Résultat : la formation dure entre 10 et 14 mois selon les parcours. Elle repose sur un rythme en trois temps : des cours théoriques dispensés en présentiel, des stages effectués dans des structures variées – PMI, hôpitaux ou services sociaux, et des périodes chez l’employeur directement au sein des crèches municipales.
Depuis la rentrée, les apprenties ont déjà enchaîné une première période de cours, cinq semaines de stage, puis une quinzaine de jours en centre. Un rythme soutenu et « stimulant », juge Anaïs, 25 ans. La jeune femme revient d’un premier stage en pédiatrie générale à l’hôpital. Une expérience intense qui l’a confrontée à des situations difficiles, mais ne l’a jamais découragée. Elle a pu compter sur la visite de sa formatrice référente venue faire le point avec elles sur cette première expérience. Le CFA mise sur un suivi individualisé : chaque apprentie bénéficie de 77 heures d’accompagnement personnalisé dans les trois premiers mois, puis plus d’une centaine sur l’année. Objectif : prévenir le décrochage et sécuriser l’insertion professionnelle.
Des pédagogies actives pour maintenir l’engagement
Les formatrices privilégient les pédagogies actives : travaux pratiques, exercices en groupe, analyses de situations, simulations, jeux de rôle. Un peu plus loin, dans une salle attenante à un espace de change, quelques élèves assistent justement à un cours sur l’organisation de l’espace en crèche. Et il faut le reconnaître, on est loin du cours magistral traditionnel. Mélanie Rabeau, ancienne responsable de crèche et membre de l’équipe de formation, décrit « un groupe studieux et très motivé ». « On cherche vraiment à les impliquer, à les rendre actives, explique-t-elle. On varie les méthodes pour qu’elles puissent trouver leurs propres façons d’apprendre. » Après un bac littéraire puis un BTS commencé sans conviction, Maud, 19 ans, s’est finalement tournée vers le CFA Petite Enfance. Elle ne regrette pas son choix : « Le stage a confirmé mon envie. Ce qui me plaît, c’est de participer au développement des enfants. »
La formation comprend également des stages obligatoires dans des environnements spécifiques : chaque apprentie devra passer par une section accueillant un ou plusieurs enfants en situation de handicap, aux côtés d’un référent inclusion handicap (RIH), et aussi travailler pendant une période de nuit ou de week-end. Ces expériences font partie intégrante de la formation et répondent aux priorités de la Ville.
Des maîtres d’apprentissage très impliqués
Le 15 décembre, les deux apprenties entameront leur première période employeur dans les crèches municipales qui les ont recrutées. Elles y retrouveront leur maître d’apprentissage, des auxiliaires de puériculture expérimentées et volontaires. « Nous avons beaucoup de chance : ce sont des professionnelles très engagées », sourit Ellen Hervé. Avec leur livret d’apprentissage, conçu pour faire le lien entre le terrain et le CFA, elles commenceront à noter ce qu’elles apprennent. De leur côté, les formatrices resteront en lien constant avec les équipes des crèches et se rendront sur place pour échanger avec les apprenties. Le CFA prévoit d’accueillir 36 apprenties à la prochaine rentrée. Même si cette capacité reste limitée, cette filière représente un levier majeur pour redonner de l’élan au métier et sécuriser les futurs recrutements parisiens.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 05 décembre 2025
7 réponses à “Formation : Paris ouvre son premier CFA pour les auxiliaires de puériculture”
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J’aimerais intégrer votre formation ap je suis en attente sur aphp et je cherche actuellement un centre qui pourrait m’intégrer dans le cursus
Cordialement
https://www.paris.fr/pages/centre-de-formation-des-apprentis-auxiliaires-de-puericulture-paris-petite-enfance-31746
La formation devrait comporter un GRAND module ergonomie pour permettre a ces futures professionnelles de travailler longtemps sans douleurs!
https://www.dosetpetitenfance.fr/
Bonjour Mr ,Mme
Ma fille de 17ans qui passe son bac pro a la fin d année souhaitez etre auxiliaire en puériculture, pouvez vous me dire comme faire?
Merci a vous
Agréable journée
Apres son bac, votre fille pourra intégrer une formation d’AP, accessible sur dossier. Pour en savoir plus sur la formation d’Auxiliaire de puériculture : https://solidarites.gouv.fr/auxiliaire-de-puericulture-ap
Bonjour je suis Rebecca Serge Toureau je suis déjà inscrites à mission locale pour m’aide à trouver une alternance en auxiliaire de puériculture mais en scrollant sur les réseaux je suis tombée dessus comment puis-je m’inscrire s’il vous plaît
https://www.paris.fr/pages/centre-de-formation-des-apprentis-auxiliaires-de-puericulture-paris-petite-enfance-31746