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Comment fêter Pâques et le printemps avec les tout-petits

Lorsque le thème de la fête s’y prête bien – tout en sachant que les jeunes enfants ne sont pas sensibles aux dates repères du calendrier – on peut marquer l’évènement sans tomber dans le piège de privilégier des loisirs créatifs qui ne sont pas de leur âge. On peut varier les propositions, autour de Pâques parmi lesquelles l’activité manuelle n’est qu’une petite partie, autour d’univers liés à la nature qui conviennent bien aux tout-petits, avec des poissons, des poules et des poussins, des lapins et d’autres animaux. La sélection de Fabienne Agnès Levine*.

Pâques est une célébration chrétienne dont la date varie chaque année et donne lieu, le lendemain, à un lundi férié. Comme pour toutes les autres fêtes, des symboles propres aux religions se mélangent avec ceux issus de légendes populaires. Ainsi, on trouve en même temps que la figure sacrée de l’agneau, les cloches distribuant des œufs en revenant de Rome, quand ce ne sont pas les lapins ou les lièvres selon les régions. De nos jours, les récits traditionnels se sont estompés au profit d’un marketing qui annonce surtout une période de consommation de chocolats et d’achat de petits animaux de la ferme en jouets et d’accessoires aux couleurs du printemps.

Des chasses aux œufs

Dans un grand parc, dans un jardin, dans une cour ou simplement dans une salle, l’organisation d’une chasse aux œufs est toujours source de plaisir et de convivialité. Des œufs et d’autres confiseries sont cachés de manière à être plus ou moins facilement trouvés par les enfants en fonction de leur âge. Découverts un par un, les œufs remplissent les paniers individuels ou collectifs. La chasse aux œufs repose sur la surprise et en cela, rappelle tous les jeux de caché/coucou, qui renvoient à la question universelle de la séparation et des retrouvailles. L’observation de l’enfant en train de chercher des œufs dans un espace délimité nous fournit des informations qui aident à mieux le connaître. La participation à une chasse aux œufs est donc d’une grande richesse et engage des compétences dans plusieurs domaines :

  • Sur le plan moteur : se déplacer, s’accroupir, se pencher, saisir, tirer …
  • Sur le plan perceptif : balayer l’environnement du regard, soutenir son attention visuelle, distinguer les couleurs et les formes …
  • Sur le plan cognitif et langagier : se repérer dans l’espace, deviner ce qui ne se voit pas, anticiper à partir d’un indice, compter, nommer …
  • Sur le plan affectif et social : freiner son impatience, surmonter la frustration en cas de difficulté à trouver, différer le moment de dégustation des friandises trouvées, accepter le (re)partage avec les autres enfants moins chanceux ou moins rapides …

Des jeux de société

Les œufs et l’ambiance de la ferme servent de décor à plusieurs jeux de société, pour des âges différents.

« Mem’œuf » ressemble à s’y méprendre à une boîte ordinaire de douze œufs. Le memo sonore consiste, à tour de rôle, à secouer deux œufs en bois et à guetter les sons identiques. Dès 2 ans, les enfants peuvent y jouer, en libre découverte, avant de suivre la règle de jeu.

Mem’œuf, Vilac, 18 €
Dès 2 ans et demi

« Tous au poulailler » est jeu de ramassage d’œufs qui consiste à retourner une des tuiles disposées sur la table et sur lesquelles est dessiné tantôt un œuf, tantôt un panier. La variante la plus simple est accessible aux enfants dès 3 ans.

Tous au poulailler, Sweet November, 15 €
Dès 3 ans

 « Pique Plume » est un classique, édité depuis plus de vingt ans : des poules et des coqs en bois sont à déplacer sur un parcours composé d’œufs en carton épais, à condition de mémoriser les visuels des cartes déposées au centre. Il existe une boîte d’extension permettant de jouer à 6 joueurs plutôt qu’à 4.

Pique plume, Gigamic, 36 €
Dès 4 ans

« Piou piou » est un petit jeu de cartes difficile avant 5 ans car il nécessite de la stratégie pour réussir à aligner trois poussins, dessinés au verso des cartons en forme d’œuf. Le thème de Pâques est bien présent lorsque les joueurs piochent et s’échangent des cartes avec une poule, un coq, un nid ou un renard.

Piou piou, Djeco, 8 €
Dès 5 ans

Des histoires de poulailler

Rien de tel que la manipulation de figurines d’animaux choisis avec soin pour sensibiliser les enfants à l’environnement de la campagne. Le thème de Pâques est idéal pour évoquer la basse-cour, lieu que les enfants n’ont pas tous la possibilité de découvrir, y compris lorsqu’ils grandissent en zone rurale. Dans le couvercle d’une grande boîte ou dans un grand plateau avec des rebords, il est facile de créer un sol qui évoque l’univers de la ferme, à condition de trouver des matériaux, naturels ou synthétiques, pour évoquer la terre, l’herbe et la paille. Peuvent y être ajoutés des jouets du commerce qui représente un corps de ferme ou juste un poulailler, souvent en bois.

Les figurines de poule, de coq, de poussin, de lapin ou de tout autre animal de la ferme sont l’occasion de parler avec les enfants de cet univers. Leur choix, au moment de l’achat, n’est pas évident : les figurines réalistes, à base de résine peinte, sont déconseillées avant 3 ans du fait des arêtes (oreilles, bec, etc.) qui peuvent se casser et être ingérées ; les figurines fantaisistes en caoutchouc ou en plastique, aux formes arrondies, sont plus faciles à mettre entre les mains dès 18 mois. Les peluches et les marionnettes représentent deux autres manières de raconter des histoires de basse-cour ou de lapin dans la ferme. Il ne faut pas oublier d’y associer le répertoire vocal (La petite poule a fait son œuf ici (jeu de doigt), Mon petit lapin s’est caché dans le jardin (chanté), etc.), ni de rassembler des livres dont le héros est un poussin ou un lapin.

Des manipulations plutôt que du bricolage

La plupart des modèles pour activités manuelles prévoient des gestes de base, tels ceux de tracer, plier, découper, assembler, coller. Si les enfants peuvent en effectuer certains dès l’âge de 20 à 24 mois, c’est plus pour le plaisir d’exercer une action et de la répéter que par désir d’aller au bout d’un projet. Aussi, peut-on laisser à l’âge de l’école maternelle les réalisations d’objets finis à afficher ou à offrir : poissons ou œufs avec des graphismes précis, lapins remplis de gommettes et coloriés sans dépasser, paniers tous pliés de la même manière, etc. Les enfants auront bien le temps de participer à ces démonstrations collectives.

À l’âge de la crèche, l’important est d’offrir aux enfants des occasions de manipuler et d’exercer leurs sens, leur guise, sans rechercher le beau, le fini ou le réussi. En voici quelques exemples :

  • Des boîtes d’œufs vides, des pots de colle liquide et des pinceaux, du papier vitrail à froisser ou des chutes de paille à placer dans chaque alvéole.
  • Des formes d’œuf, de lapin ou de cloche grand format avec une bande de papier adhésif au milieu, plus des éléments variés à coller et décoller facilement.
  • Des boules de pâte à modeler jaune et des plumes de toutes les couleurs à enfoncer dedans.
  • Des œufs en plastique (accessoires dînette) dissimulés dans un bac rempli de sable ou de chutes de paille (à récupérer dans des colis), plus un panier en carton (fabriqué par les adultes ou achetés prêts à monter) par enfant.

Pour les professionnelles de la petite enfance qui aiment « trop » les loisirs créatifs, il leur est toujours possible de décorer les espaces de vie avec leurs propres productions, sans embarquer systématiquement les enfants dans leur projet.

*Autrice du Guide des jouets à l’usage des professionnelles de la petite enfance (Dunod)

Fabienne Agnès Levine

PUBLIÉ LE 26 mars 2026

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