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Santé environnementale : que faire face à l’exposition des jeunes enfants au cadmium ?

Nous entendons beaucoup parler du cadmium et de son impact sur la santé humaine. Une étude publiée en mars 2026 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) vient confirmer la surexposition des Français – et en particulier des enfants et jeunes enfants – par l’alimentation à ce métal lourd. Les explications de Claire Grolleau, présidente-fondatrice de Label Vie.

L’exposition répétée au cadmium entraîne un risque accru de développer un cancer au cours de sa vie (sein, prostate, pancréas…), une fragilité osseuse, une insuffisance rénale, des mutations génétiques et des troubles de la fertilité. Le cadmium, comme de nombreux polluants, peut traverser les barrières biologiques et de s’accumuler dans nos tissus.

Les risques du cadmium sont plus importants chez les jeunes enfants

Les jeunes enfants sont plus fortement exposés au cadmium. À poids égal, un jeune enfant ingère davantage de nourriture qu’un adulte (tout comme il boit plus de liquide ou inspire plus d’air). Il va donc être davantage contaminé que le reste de la population. Selon l’Anses, jusqu’à 36 % des moins de 3 ans ont des expositions alimentaires au cadmium dépassant la dose journalière tolérable (contre 0,6 % des adultes). Il faut ajouter à cela l’exposition en amont de leur naissance, dès la période de grossesse.
Au-delà d’une exposition plus forte, les jeunes enfants sont également plus vulnérables au cadmium, car leurs systèmes de protections naturelles et notamment les mécanismes de détoxification sont immatures à leur âge.
S’il a les mêmes effets sur eux que sur les adultes, le cadmium impacte plus fortement les jeunes enfants au niveau des reins et peut provoquer des troubles cognitifs, voire de baisse de QI.

D’où vient le cadmium ?

Ce métal lourd est naturellement présent dans les sols, en particulier dans les régions sédimentaires et calcaires. D’un territoire à l’autre, l’exposition naturelle au cadmium n’est donc pas la même. A cela s’ajoute l’usage d’engrais agricoles phosphatés. Les taux de cadmium autorisés en France dans ces engrais sont supérieurs à la moyenne européenne (90mg/kg contre 60mg/kg) et aux recommandations sanitaires (20mg/kg). Ainsi la population française est 3 à 4 fois plus contaminée que dans les autres pays européens nous dit l’Anses.
Ce contexte fait de l’alimentation la première source d’exposition au cadmium. Mais ce n’est pas la seule : les enfants de moins de trois ans sont également exposés par inhalation au cadmium que l’on peut aussi retrouver dans les piles, les pigments et les stabilisants de matières plastiques… Or la posture de découverte (toucher, marche à quatre pattes, ras du sol, mise à la bouche…), spécifique à ces âges, augmente les contacts du jeune enfant avec son environnement et donc de nombreux objets potentiellement contaminés.
Le tabagisme passif est également une forte source de contamination des enfants.
Le cadmium est par ailleurs très mal éliminé par le corps humain et persiste en moyenne 10 à 30 ans après son absorption.

Comment réduire l’exposition au cadmium des jeunes enfants dans l’alimentation ?

La source principale de cadmium chez l’humain étant l’alimentation, il est primordial de veiller à celle-ci.
– Privilégier le bio : la contamination naturelle des sols étant aggravée par l’utilisation d’engrais chimique, il est important de privilégier les produits issus de l’agriculture biologique jusqu’à deux fois moins contaminés. Les produits biologiques comportent par ailleurs davantage d’apports nutritifs et moins de résidus de pesticides (réduisant ainsi les effets cocktails avec le cadmium).

– Les ingrédients les plus pollués sont certaines céréales et pommes de terre. Cette famille d’aliments étant fréquente dans notre alimentation et celle des jeunes enfants, il est conseillé d’en réduire la proportion.
– Il est intéressant d’introduire du quinoa, du sarrasin, d’utiliser plus fréquemment des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots). Ces aliments sont peu contaminés et constituent des sources importantes de fibres, vitamines et minéraux et contribuent à l’apport en protéines.
Remplacer les goûters à base de céréales par des fruits crus ou cuits et des produits laitiers ou à base de lait végétaux.
Varier au maximum les sources d’approvisionnement (provenance géographique, marques…) pour éviter une répétition dans l’exposition au cadmium.

Ces recommandations, relayées par l’Anses, sont également conformes aux repères de consommation du Plan national nutrition santé (PNNS) et finalement convergent vers le fait de bien choisir les ingrédients (bio), d’éviter les produits transformés sucrés ou salés, de diversifier le plus possible les aliments et renforcer la consommation de fruits et légumes frais cultivés sainement.

Pour aller plus loin

– Recommandations Anses mars 2026
– Étude Estéban Santé Publique France
– Étude publiée en janvier 2026 de l’alimentation totale française 3 (EAT3) menée par l’Anses

Claire Grolleau

PUBLIÉ LE 26 mai 2026

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