S’abonner

Assistante maternelle, Christelle, avec ses ateliers, fait le bonheur des enfants et des personnes âgéess

Pour partager quelques joyeux moments et créer du lien entre les générations, Christelle Diassé visite chaque semaine des personnes âgées avec les tout-petits qu’elle accueille à son domicile. Un projet épanouissant qu’elle a initié seule, pour déjouer la solitude de son métier et de ces résidents, pour le plus grand plaisir des enfants !

A l’entendre, Christelle Diassé a eu plusieurs vies professionnelles. Des expériences fondatrices d’auxiliaire de vie auprès de personnes âgées ou d’auxiliaire de vie scolaire auprès d’enfants, qui l’ont profondément marquée et enrichie. Elle est aujourd’hui assistante maternelle depuis six ans, dans son petit village de Francescas, dans le Lot-et-Garonne. Un métier qu’elle a profondément choisi et qui l’amène encore et toujours, à prendre soin de l’autre dans sa fragilité et sa vulnérabilité. 

Les activités intergénérationnelles, un projet de cœur 

Depuis plus d’un an, Christelle avait en tête un projet qui lui tenait à cœur : partager un temps d’activités avec les enfants et les personnes âgées de la résidence toute proche de chez elle. « Je connais bien les personnes âgées, explique-t-elle. J’ai travaillé auprès d’elles, je sais quelle peut être leur solitude et leur besoin d’être entourées. J’ai envie de partager avec eux des petits moments de bonheur ! Dans le grand âge, leurs besoins rejoignent ceux des tout-petits, on peut donc partager les mêmes activités pour apprendre et réapprendre ». Mais à l’époque, l’assistante maternelle accueille quatre enfants, c’est trop pour pouvoir gérer seule un atelier. Le projet attendra un peu.

À la rentrée suivante, Christelle n’accueille que deux enfants, de 17 mois et deux ans, le timing est idéal ! Avec l’autorisation des parents, elle entre alors en contact avec la résidence pour personnes âgées Les Prés du Moulin à quelques pas de chez elle et propose de venir visiter les résidents une fois par semaine, pour partager quelques activités avec les enfants qu’elle accueille. Professionnelle, l’assistante maternelle a pris le temps de rédiger un projet concret avec des propositions d’activités « pour que ce ne soit pas toujours la même chose »… Et ce ne sont pas les idées qui manquent !

Un rendez-vous très attendu par les enfants

Sa proposition est accueillie avec enthousiasme. Sensible à sa démarche, l’animateur de la résidence lui fait confiance pour lui ouvrir les portes de la résidence. Alors tous les mardis matin, après une petite sieste, Christelle et les enfants chargent le matériel dans leur petit chariot et débarquent joyeusement aux Prés du Moulin. Aller voir « les papis et les mamies » est un rendez-vous attendu ! « On commence par faire le tour de la résidence jusqu’au café pour saluer tout le monde et annoncer l’atelier. La première fois bien sûr, les enfants étaient un peu intimidés, mais maintenant, ils y courent… ».  Sur la base du volontariat, les résidents les rejoignent. Ce sont souvent les mêmes, parfois trois ou quatre seulement et jusqu’à une dizaine de participants, enthousiastes à l’idée de passer plus d’une heure autour de ces tout-petits. 

Une heure de partages et de complicité   

Sous la houlette de Christelle, le programme n’est jamais le même : activités manuelles et de motricité fine, chansons et musique, lecture d’histoires avec un kamishibaï, activités motrices au jardin, discussions… Pour les prochaines séances, Christelle a même prévu une pêche aux canards et un temps pour faire des bulles ! La dernière fois, l’activité parachute et ballons a eu un grand succès… Prévoyante, mais pas pour autant stressée, l’assistante maternelle arrive toujours avec plusieurs idées d’activités en réserve pour pouvoir s’adapter à la météo et aux dispositions de chacun : « Parfois, il pleut et on ne peut pas faire l’activité prévue. Ou bien, il y a des jours où les petits ne veulent pas faire une activité, et ce n’est pas grave ! Alors, on bascule sur autre chose, j’en ai toujours deux ou trois en tête… », assure-t-elle.

Il faut les voir ces anciens, s’appliquer à tenir le parachute, à peindre, à trier les couleurs, à coller le papier crépon, stimulés et encouragés par la présence de ces tout-petits à leurs côtés. L’humour et la spontanéité des enfants viennent bousculer les difficultés du quotidien, et au fil des rencontres, la complicité s’installe dans les échanges de regards et de sourires. « Étonnamment, les enfants restent attentifs pendant plus d’une heure, au fil des différentes activités. Il faut dire que ce sont un peu les stars : ils jouent les charmeurs, tapent des mains, dansent avec la musique, ils ont leur public et en profitent bien ! », s’amuse Christelle. Bien sûr, chaque atelier, sous ses airs de simplicité lui demande un certain temps de préparation d’une semaine sur l’autre, rien n’est laissé au hasard.

Quelques règles de bonne conduite et de vivre ensemble

Sous son grand sourire et son enthousiasme, l’assistante maternelle reste néanmoins très attentive au bien-être de chacun et tout particulièrement de ses enfants. Quelques règles de bonne conduite ont été fixées et expliquées en amont. Ces petits enfants ont beau être le centre de l’attention, ce ne sont pas « des peluches » ! On veille donc à ne pas les bousculer à faire doucement avec eux, et on respecte leur volonté. Les résidents ne doivent pas les porter, peuvent leur donner un baiser pour se dire bonjour uniquement si l’enfant en a envie. Et s’il y a des tensions ou disputes entre les personnes âgées – cela peut arriver – Christelle joue de son humour pour désamorcer les situations et faire diversion avec bienveillance…

Une thérapie qui donne du baume au cœur

Après chaque atelier partagé, Christelle rentre chez elle apaisée, avec du baume au cœur, une grande joie et même une once de fierté de contribuer à sa petite échelle à offrir un peu de bonheur à ces résidents. « Avec tout ce que l’on vit, c’est important de prendre ce temps-là… », soutient Christelle. Mais ce joli projet semble lui apporter… autant qu’à ses protégés ! « C’est presque une thérapie, confirme-t-elle. Dans nos métiers, on n’est pas beaucoup aidées, c’est parfois compliqué, on se sent souvent seules. Le RPE et la PMI sont très bien, mais trop loin de chez moi. J’ai eu du mal à créer des liens dans mon village, alors j’essaie de les trouver ailleurs ! ». Et ça marche !

Laurence Yème

PUBLIÉ LE 26 mai 2026

MIS À JOUR LE 27 mai 2026

Ajouter aux favoris

Laisser un commentaire