Développement de l’enfant : les premières années, une priorité absolue !
Un rapport de l’OCDE, publié début mai, confirme que ce qui se joue avant l’entrée à l’école est déterminant pour le développement de l’enfant. Les premières années façonnent le langage, les capacités d’attention et les compétences sociales. Le rapport souligne également le rôle des structures d’accueil du jeune enfant, aux côtés de l’environnement familial, dans le développement cognitif, social et émotionnel des enfants.
Ces conclusions sont tirées de l’International Early Learning and Child Well-being Study (IELS), une enquête menée auprès d’environ 23 000 enfants de 5 ans dans plusieurs pays. Elle évalue notamment les premières compétences en lecture et en langage, les premières compétences en calcul, les capacités d’attention et le bien-être.
Des écarts qui se creusent dès 5 ans
L’étude met en évidence des inégalités importantes entre enfants dès le plus jeune âge. Les enfants issus de milieux favorisés obtiennent des résultats nettement supérieurs quant aux compétences en lecture, langage et calcul que ceux de milieux moins favorisés. Ces écarts sont déjà significatifs à 5 ans et concernent aussi, dans une moindre mesure, les compétences sociales et émotionnelles. Par ailleurs, les filles surpassent les garçons dans les trois compétences évaluées et de façon plus marquée dans le domaine socio-émotionnel.
Les apprentissages précoces et les expériences du quotidien
Le rapport met en évidence le rôle des expériences quotidiennes dans le développement du langage et des compétences sociales. Les interactions régulières avec les adultes, les échanges verbaux et les situations de jeu sont associés à de meilleurs résultats dans plusieurs domaines du développement.
Le rôle de la famille
Les activités partagées à la maison jouent un rôle déterminant. La lecture de livres apparaît comme l’activité la plus fortement associée aux bons résultats des enfants dans plusieurs domaines. À l’inverse, l’usage quotidien des écrans, qui concerne plus de la moitié des enfants de l’étude, est faiblement voire négativement associé à leurs résultats.
Le rôle des structures d’accueil de la petite enfance
L’OCDE souligne également l’importance des environnements d’accueil de la petite enfance. La qualité des interactions entre les professionnels et les enfants, notamment l’attention, la réactivité et la capacité d’adaptation, est associée au développement des compétences langagières et socio-émotionnelles. Le rapport indique également que des différences de développement peuvent apparaître tôt. Les environnements éducatifs de qualité sont associés à une réduction des écarts entre les enfants.
Les implications pour les politiques publiques
Ces résultats ont une portée directe pour les gouvernants. L’OCDE invite les gouvernements à considérer l’investissement dans la petite enfance comme une priorité, non seulement éducative mais aussi sociale et économique. Former des professionnels de qualité, améliorer l’accessibilité des structures d’accueil et soutenir les familles les plus vulnérables paraissent essentiels pour agir dès les premières années et réduire les inégalités avant même l’entrée à l’école.
Source : https://doi.org/10.1787/02bf8efe-en
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 29 mai 2026