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Vaccination des jeunes enfants : la France parmi les meilleurs élèves d’Europe 

Alors que la couverture vaccinale des enfants montre des signes de recul dans de nombreux pays européens, la France conserve une situation plutôt favorable. Une étude publiée récemment dans The Lancet Regional Health – Europe retrace plus de quarante ans d’évolution et met en évidence un ralentissement récent à l’échelle européenne.

Des chercheurs italiens ont analysé les données de vaccination des 27 pays de l’Union européenne entre 1980 et 2024. Ils se sont appuyés sur les estimations de l’OMS et de l’Unicef disponibles en septembre 2025. Sept indicateurs correspondant à des vaccinations obligatoires au cours de la première année de vie ont été examinés : diphtérie-tétanos-coqueluche, hépatite B, Haemophilus influenzae de type b (Hib), poliomyélite, pneumocoque, rougeole et rubéole.

En France, six indicateurs sur sept à au moins 95 %

En 2024, la France atteint une couverture d’au moins 95 % pour six des sept indicateurs étudiés. Elle fait ainsi partie des pays affichant les niveaux les plus élevés. Seuls le Portugal et le Luxembourg atteignent ou dépassent 95 % pour l’ensemble des sept indicateurs. À l’inverse, la Roumanie se situe sous les 80 % pour tous.

Plus précisément, la France a une couverture de 96 % pour la troisième dose contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, 96 % pour l’hépatite B, 96 % pour l’Hib et 96 % pour la poliomyélite. Elle atteint 95 % pour la première dose des vaccins contre la rougeole et la rubéole. L’indicateur concernant le pneumocoque est en revanche à 75 %.

Une progression française nette sur le long terme

Pour l’ensemble de la période étudiée, les chercheurs décrivent une évolution positive pour les sept indicateurs concernant la France. Cette progression est particulièrement marquée pour certains vaccins introduits ou généralisés plus tardivement. La France fait ainsi partie des huit pays dans lesquels les sept indicateurs présentent une évolution positive sur le long terme, avec la Grèce, l’Irlande, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, le Portugal et l’Espagne.

Lire aussi : Entrée en crèche : le point sur les vaccinations obligatoires et recommandées

Des évolutions récentes plus contrastées

La donne change lorsque les chercheurs se concentrent sur les périodes les plus récentes. Pour la France, quatre des sept indicateurs sont orientés à la hausse et trois à la baisse. Les évolutions sont favorables pour la rougeole, le pneumocoque, la poliomyélite et la rubéole et défavorables pour la diphtérie-tétanos-coqueluche, l’hépatite B et le Hib.

Cette situation reste toutefois moins défavorable que celle observée dans une grande partie de l’Union européenne. Seize pays présentent au moins quatre indicateurs orientés à la baisse. Les chercheurs relèvent notamment des diminutions pour les sept indicateurs étudiés en Bulgarie, à Chypre, en Irlande, aux Pays-Bas, en Roumanie et en Suède.

Un recul européen apparu principalement depuis le Covid

Sur le long terme, 128 des 183 séries pays-vaccin analysées évoluent positivement. Mais lorsque les chercheurs regardent les tendances les plus récentes, ils comptabilisent 119 évolutions à la baisse contre seulement 64 à la hausse. Une grande partie de ces changements de tendance débute entre 2019 et 2022, période correspondant à la pandémie de Covid-19 et à ses suites immédiates. Les auteurs avancent notamment l’hypothèse de perturbations dans les programmes habituels de vaccination mais soulignent que la baisse récente est probablement liée à d’autres facteurs.

Des résultats à interpréter avec prudence

Les chercheurs se sont également intéressés aux différentes politiques vaccinales en Europe. Les auteurs constatent que plusieurs pays, dont la France,  ayant instauré des vaccinations obligatoires chez l’enfant, présentent des tendances à long terme plutôt favorables. Ils précisent toutefois que leur étude ne permet pas d’établir que l’obligation vaccinale en est la cause. Des  facteurs sociaux, culturels, politiques ou liés à l’organisation des systèmes de santé pouvant intervenir.

Ces données rappellent surtout que des couvertures élevées ne doivent pas masquer les évolutions en cours. Les auteurs considèrent en effet qu’une diminution, même modeste, dans un pays historiquement bien couvert peut constituer un signal à surveiller.

Source : https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2666-7762%2826%2900246-2

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 22 septembre 2026

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