À Trélazé, une crèche prise pour cible après une vidéo virale
Début octobre, une mère a publié sur TikTok une vidéo dans laquelle elle affirmait que sa fille avait été victime de violences au sein de sa crèche. Son témoignage, largement relayé, a suscité une vague d’émotion et d’indignation sur les réseaux sociaux. Rapidement identifiée, la structure concernée a été la cible d’une campagne d’intimidation. Nous avons sollicité la direction de la crèche, qui a répondu à nos questions. La mère à l’origine de la vidéo n’a, de son côté, pas donné suite à nos demandes d’entretien.
C’est une vidéo publiée sur Tiktok qui a mis le feu aux poudres. Dans la séquence publiée le 3 octobre, une mère, désespérée, raconte que sa petite fille a subi un viol par un personnel de sa crèche. Effondrée, elle explique qu’elle vient d’apprendre que la plainte a été classée sans suite. Elle ne donne pas plus de détails, simplement, en larmes, elle confie sa stupéfaction. « Donc si je comprends bien, la personne qui a agressé ma fille continue à exercer, la crèche n’est pas fermée. Et c’est moi qui me retrouve dans une situation pas possible en fait, je ne comprends pas. »
@www.ttiktok.comlovely Sa fille a été v🟣 à la crèche et le dossier a été classé sans suite. Justice pour la petite, et partageons au max..#creche #justice #amourmaternelle♥️🤍 #pourtoi #fyp @Just_Muna ♬ son original – lovely
La vidéo a suscité une immense vague de soutien et les internautes n’ont pas tardé à retrouver la structure en question : la crèche le Puits d’Emerveille, à Trélazé, gérée par VYV 3 Pays de la Loire.
Une plainte classée sans suite
Interrogé sur le sujet, le service communication de VYV 3 Pays de la Loire précise que « la plainte mettait en cause la structure pour des faits présumés de comportement inapproprié à l’égard d’un enfant accueilli au sein de la crèche. » Et complète : « Dans le cadre de cette procédure, la direction s’est pleinement mobilisée pour apporter l’ensemble des éléments requis par les enquêteurs. Aucun professionnel n’a été visé par la plainte initiale, ni mis en cause ensuite. » La direction confirme que la plainte a été classée sans suite par les autorités judiciaires.
Fermeture temporaire
Après la publication de la vidéo, la crèche a été la cible d’une campagne de harcèlement et d’intimidation qui a atteint son paroxysme mi-octobre. À la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’un message alarmant appelant à un rassemblement aux abords de la crèche le 10 octobre, VYV 3 Pays de la Loire a pris la décision, par mesure de précaution et de responsabilité, de fermer exceptionnellement la structure ce jour-là. « Cette décision a été prise dans un seul but : garantir en priorité la sécurité de l’équipe de la structure, celles des enfants accueillis et de leurs familles, afin de favoriser le retour à une situation normale », indique le service communication. La crèche a rouvert ses portes dès le 13 octobre.
Information et soutien des familles
Selon le service communication de VYV 3 Pays de la Loire, les familles ont été pleinement informées de la situation et ont pu, si elles le souhaitaient, rencontrer la direction individuellement afin d’échanger et d’obtenir des réponses à leurs questions. La mairie, les entreprises réservataires et les partenaires de la crèche ont également été tenus informés. En parallèle, un dispositif de soutien psychologique a été mis à disposition des salariés, et « un renfort de personnel, avec mobilisation des responsables d’autres structures à proximité. » Le service communication qui indique que l’enfant n’est plus présent au sein de la structure depuis le 16 septembre, à l’initiative de la famille.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 18 octobre 2025