4. Être pris dans les bras quand je pleure.
L’enfant a besoin de l’adulte pour répondre à ses besoins et à ses envies. Bien avant le langage, il va mettre en place de nombreux moyens pour communiquer avec l’adulte comme les pleurs, les sourires ou encore le babillage. Le pleur est un moyen de communiquer pour l’enfant. Il doit être compris comme un système d’alarme que l’enfant met en route quand une sensation de mal-être arrive : faim, fatigue, gène physique, insécurité. Ce que l’enfant attend, c’est la réponse de l’adulte à son appel, pas forcément la solution. Cela signifie se faire bercer, se faire consoler et réconforter par les mots, les bras…
Ce que nous dit la science
Tout ce que l’enfant vit dans es rencontres affectives modifie son cerveau en profondeur. En raison de son immaturité cérébrale, l’enfant ne pas relativiser son vécu, ses émotions. Son néocortex n’est pas suffisamment mature. L’adulte doit remplacer le néocortex que l’enfant n’a pas encore suffisamment développé et l’aider à revenir dans une situation de bien-être émotionnel.
Les neurones forment un réseau très dense et se transmettent l’information sous forme électrique, c’est ce qu’on appelle l’influx nerveux. Ils communiquent entre eux par les synapses dans lesquels des molécules, les neurotransmetteurs font passer l’influx nerveux d’un neurone à l’autre.Chez l’enfant, les connexions qui transmettent les informations entre le cortex et le système limbique sont encore peu développées. C’est ce qui explique que l’enfant est vite submergé par de véritables tempêtes émotionnelles (issus du mode de fonctionnement du cerveau archaïque et émotionnel) et liées à l’immaturité du cortex préfrontal. L’enfant reçoit les émotions de plein fouet, sans filtre, sans possibilité de s’apaiser seul.
Quand il est en colère, quand il est triste, angoissé, a peur, ses émotions sont extrêmement intenses, sans avoir la capacité de s’apaiser, de se consoler seul.Quand l’entourage ne console pas l’enfant, il est en proie à des molécules de stress (cortisol, adrénaline…) très toxiques pour son cerveau en développement. Il est donc primordial de répondre aux pleurs des enfants quel que soit leur âge, de ne pas les laisser dans un état d’inquiétude, de panique, de stress trop longtemps. Quand les adultes sont capables d’apaiser de sécuriser l’enfant ils font mâturer son cerveau de façon globale
Les applications concrètes
Les mots n’ont pas forcement encore le pouvoir d’apaiser à eux seuls un enfant, les gestes oui. En ayant un contact physique avec un enfant, vous aller permettre la libération d’ocytocine, l’hormone du plaisir dans son cerveau. En plus de réactiver le lien d’attachement qui vous unit à l’enfant, vous aller ainsi faciliter son bien-être, une décontraction musculaire et sa joie de vivre. Accueillir les pleurs, être capable de les entendre et de les recevoir.
L’objectif n’est pas de faire cesser les pleurs mais que l’enfant trouve une réponse et celle-ci quelque soit son âge peut être « être pris dans les bras ». Le doudou doit être à disposition complète de l’enfant et ce à tout moment de la journée . L’enfant ne peut être soumis au bon vouloir de l’adulte pour obtenir son doudou car l’enfant doit y avoir accès quand il en ressent le besoin.
Attention, vous restez la première ressource de l’enfant qui a besoin de se sentir rassuré, vous devez donc être et rester disponible à tout moment, physiquement et psychiquement, pour vous assurer du bien-être des enfants que vous accueillez
Détourner l’attention permet d’accompagner l’émotion : En raison de son immaturité cérébrale, un jeune enfant ne peut éprouver du plaisir et du déplaisir en même temps. Pour permettre à un enfant de retrouver un état de bien-être, il est important d’établir un contact physique et de ramener du plaisir. Lui proposer un jeu, lui changer les idées, jouer avec lui est un moyen très efficace pour cela. Lui changer les idées n’est en aucun cas nier son émotion, c’est trouver une solution pour lui permettre d’être bien.
Questionner les pratiques professionnelles
Mettre à réfléchir un enfant qui fait une grosse colère
En tant qu’adulte, les réactions des enfants nous semblent parfois disproportionnées ou non légitimes. Ils semblent avoir des exigences futiles qui peuvent agacer et que nous ne comprenons pas avec notre cerveau d’adulte : refuser un plateau repas parce qu’il est vert, vouloir une professionnelle bien spécifique pour aller changer la couche ou ne pas accepter un jeu que l’adulte propose à la place de celui qu’il voulait et qui est déjà entre les mains d’un autre enfant.
Vouloir que l’enfant nous écoute à tout prix
L’enfant ne cherche ni à tendre un piège aux adultes, ni à les tester : il n’en a pas les capacités intellectuelles. Ce ne sont que les conséquences de l’immaturité cérébrale de l’enfant face à des situations qu’il ne peut gérer seul. Le fait que la réaction des enfants puisse nous exaspérer est une conséquence et non leur intention.
Mettre des mots en imaginant que l’enfant va comprendre
Depuis plusieurs années, l’accent a été mis sur l’importance de la verbalisation auprès des jeunes enfants. Il est important de s’attarder un peu sur ce que l’on attend par la verbalisation faite à l’enfant.
Durant les premières années de sa vie, l’enfant va s’initier au langage verbal, apprendre à reconnaître des sons, les associer et en former des mots. Or chaque mot ou phrase ne sont pas toutes comprises au début, elles prendront sens dans la répétition, la bienveillance, mais surtout par les gestes et les mimiques mis en concordances avec les paroles.
Dans un premier temps, l’enfant entend un flot de sons incompréhensibles pour lui et ce qui va prendre sens pour lui, sont nos gestes et notre attitude. C’est par la répétition que le sens émergera.
Marie Defrance
PUBLIÉ LE 27 mars 2023
MIS À JOUR LE 09 juin 2023


