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7 questions sur la fièvre chez l’enfant

La fièvre est une élévation de la température du corps au-delà de 38 °C. C’est une réaction physiologique normale de l’organisme pour l’aider à lutter contre une infection. Très fréquente chez l’enfant, elle est le plus souvent sans gravité et disparaît spontanément en quelques jours. Le point avec le Dr Ordioni, pédiatre référent santé & accueil inclusif (RSAI) de crèches..

1. La fièvre c’est quoi exactement ?

« La fièvre correspond à un dérèglement du thermostat central situé dans l’hypothalamus, normalement réglé autour de 37 °C chez l’être humain (nous sommes homéothermes) » explique le Dr Ordioni.
En cas de fièvre, l’organisme met en place :
• Une diminution de la thermolyse (fermeture des capillaires périphériques expliquant les extrémités froides et pâles),
• Une augmentation de la thermogenèse (tremblements musculaires).
La fièvre est donc un mécanisme de défense et non une maladie en soi.
« Il est important de la distinguer de l’hyperthermie, situation dans laquelle le thermostat reste réglé à 37 °C, mais où les mécanismes de régulation sont dépassés par des conditions extérieures (canicule prolongée, environnement surchauffé, apports hydriques insuffisants) », ajoute le Dr Ordioni. Dans ce cas, la thermolyse (vasodilatation et sudation) ne parvient plus à compenser l’excès de chaleur. Cette situation, contrairement à la fièvre, peut être dangereuse en elle-même, explique le spécialiste.

2. Une fièvre élevée représente-t-elle un danger ?

Comme le souligne le Dr Ordioni, il est essentiel de rappeler que la fièvre peut parfois être le signe d’une infection grave. L’apparition de signes cliniques associés, une mauvaise tolérance de la fièvre ou la persistance d’un état fébrile prolongé ou répété doivent conduire à une consultation médicale.
Le pédiatre rappelle également que chez le nourrisson de moins de trois mois, toute fièvre justifie une prise en charge immédiate avec une évaluation médicale complète, pouvant inclure des examens biologiques, une imagerie thoracique et, dans certaines situations, une ponction lombaire.

3. Quand conseiller aux parents de consulter ?

Une consultation médicale s’impose :
• Chez le nourrisson de moins de 3 mois (cf. plus haut)
• Si la fièvre dépasse 39 °C,
• Si elle persiste plus de 48 à 72 heures,
• En cas de fièvres répétées,
• Ou si l’enfant présente une mauvaise tolérance (altération de l’état général, refus de boire ou de s’alimenter, troubles du sommeil, apathie).
En dehors de ces situations, il est possible d’attendre 2 à 3 jours, si l’enfant va globalement bien.

4. Faut-il traiter la fièvre ?

Un traitement médicamenteux peut être utile surtout si la fièvre est supérieure à 38,5°C et que l’enfant est mal à l’aise (joues rouges, corps chaud, extrémités froides, modifications du comportement). L’objectif est de soulager l’inconfort. Le paracétamol est le médicament le plus couramment utilisé. Il doit être donné en première intention. Il a des propriétés antipyrétiques (abaissement de la température corporelle) et antalgiques (soulagement de la douleur). De l’ibuprofène (anti-inflammatoire) peut être ponctuellement utilisé chez l’enfant de plus de trois mois. Mais attention, il ne doit pas être administré si l’enfant a la varicelle, précise la Haute autorité de santé dans ses recommandations . Aucune étude ne prouve que l’alternance ou l’association de deux médicaments est plus efficace. Cette pratique n’est donc pas recommandée. L’aspirine ne doit pas être administrée chez l’enfant sans avis médical. Concernant les mesures d’hygiène, il est recommandé de découvrir l’enfant fiévreux, de proposer régulièrement à boire et contrôler la température de la pièce en la maintenant à une température autour de 20°C et en aérant plus souvent. Le bain frais ou l’application d’une vessie de glace ne sont plus indiqués pour faire baisser la fièvre. Ils peuvent être inconfortables et mal tolérés par l’enfant.

5. Comment est prise en charge la fièvre dans les lieux d’accueil ?

Les enfants fébriles peuvent être accueillis en crèche.
À partir de 38,5 °C, un antipyrétique (le plus souvent du paracétamol en suspension buvable plutôt qu’en suppositoire) peut être administré :
• Après information des parents,
• Selon un protocole établi,
• En vérifiant l’absence de prise récente (dans les 4 à 6 heures précédentes).
En accueil individuel, les assistantes maternelles ne peuvent administrer un antipyrétique qu’avec une ordonnance médicale et une autorisation parentale écrite.
Si des signes inquiétants apparaissent (éruption cutanée, points rouges (pétéchies), essoufflement, teint grisâtre, état de l’enfant qui s’aggrave…), appeler le 15 et prévenir les parents.

6. Une fièvre élevée entraîne-t-elle systématiquement des convulsions ?

Non. La fièvre n’est qu’un symptôme, le plus souvent bénin, qui doit conduire avant tout à rechercher la cause et à soulager l’inconfort de l’enfant, sans focalisation excessive sur le chiffre de la température. Les convulsions fébriles touchent 2 à 5 % des enfants avant l’âge de cinq ans, avec un pic entre 18 et 24 mois, le plus souvent sur un terrain familial prédisposé. La HAS ajoute que : « chez les enfants ayant des antécédents de convulsions fébriles, le risque de récidive est élevé dans les deux années suivant le premier épisode, surtout si la première crise a eu lieu avant l’âge de deux ans ». Elles peuvent être favorisées par certains agents infectieux et plus rarement par des infections du système nerveux central d’après la HAS.

7. Comment prendre la température de l’enfant ?

Selon les recommandations françaises (HAS), la mesure rectale (thermomètre électronique flexible) est considérée comme la méthode de référence. Toutefois, cette pratique fait aujourd’hui débat, souligne le Dr Ordioni. Dans de nombreux pays nord-européens, la température est mesurée par voie buccale, axillaire, auriculaire ou transcutanée.
Ces méthodes sont certes un peu moins précises, mais le Dr Ordioni pose la question :« est-il réellement nécessaire de connaître la température au dixième de degré près ? Est-ce que ça conditionne le risque de convulsion ? Non. Est-ce que ça permet de mieux apprécier la tolérance de l’enfant ? Non plus. La Covid et sa surveillance systématisée pluriquotidienne de la température des enfants a engagé une réflexion sur ce sujet. La prise de température rectale est intrusive, mal tolérée, et non sans risque traumatique, même avec une sonde souple. »
À l’image des pays du nord de l’Europe, il apparaît pertinent de privilégier des méthodes moins invasives, mieux acceptées par l’enfant, en rappelant que l’observation clinique reste primordiale.

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Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 05 janvier 2017

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