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Discours d’ouverture d’Elisabeth Laithier, présidente du Comité de filière petite enfance

Nous publions ici le discours d’ouverture d’Elisabeth Laithier, la présidente du Comité de filière petite enfance. Un discours optimiste mais pas naïf et plutôt réaliste, comme elle l’a rappelé.

Monsieur le Secrétaire d’État, cher Adrien,
Madame la présidente de la CNAF, chère Isabelle
Madame la présidente du conseil de l’enfance et de l’adolescence, chère Sylviane,
Monsieur le directeur général de la direction générale de la cohésion sociale, cher Jean-Benoit Dujol,
Mesdames et messieurs en vos grades et qualités-pros, gestionnaires, élus, CAF, DGS

Chers amis,

C’est un vrai bonheur et un honneur que d’être là ce matin devant vous, et merci, chère Catherine, de m’avoir confié l’ouverture de la 4ème édition du Printemps en tant que présidente du comité de filière petite enfance.

« Cette journée se veut résolument optimiste » avez-vous dit il y a quelques instants.
Alors, je vous réponds : « BANCO » BANCO à cette injonction, à ce cadre que vous venez de poser.
Faisons collectivement, en ce printemps, le pari de l’optimisme, et ce sera le sens de mon propos, dicté par mes expériences d’élue locale tout d’abord, puis de rapporteure de la concertation sur le SPPE, puis, et toujours de présidente du CFPE.

Des expériences, de terrain, il n’y a que cela de vrai le terrain, aller à la rencontre des pros, sur leurs lieux d’exercice, s’imprégner de leurs conditions de travail, échanger à bâtons rompus, et pas uniquement à Paris, lors de réunions « grand messe » où tout le monde est assis autour de tables.

C’est ce que je fais depuis 30 ans avec un plaisir toujours renouvelé ! Je n’ai pas été une élue qui signe des parapheurs et envoie ses vœux enfermée dans son bureau, et je ne suis pas une présidente qui coupe les rubans ou inaugure les chrysanthèmes ! Cela ne m’intéresse pas.

Et qu’ai-je vu durant toutes ces années ?

J’ai vu, j’ai rencontré, par centaines, des professionnels sérieux, bosseurs, bienveillants, inventifs qui aiment le métier qu’ils ont choisi -attention, quand je dis » qui aiment et choisi », cela ne veut pas dire qu’il suffit d’aimer les enfants ou d’en avoir 4 pour exercer ces métiers ! Non, ce sont ces métiers, avec du savoir, des acquis théoriques et pratiques, des connaissances et des compétences.

Donc, je disais, des pros qui avancent, même si c’est à petits pas, même si parfois ils reculent, mais qui s’accrochent, qui ont envie de continuer à exercer ce métier qu’ils ont choisi et pas pour rien.

OPTIMISTE, ai-je dit tout à l’heure, oui, mais pas NAÏVE bien sûr. Je ne suis pas le ravi de la crèche.

Je sais les difficultés et je n’ai pas l’intention, de les masquer.

Je sais, que lorsqu’il y a réorientation, c’est très majoritairement en raison des conditions de travail, vécues comme beaucoup trop difficiles, et que c’est la pénurie des pros essentiellement qui nourrit ces difficultés.

Je connais les problématiques liées à cette dernière. Petite parenthèse, comme dans beaucoup d’autres secteurs d’ailleurs, ceux du soin, de l’humain mais pas uniquement. Nous traversons en France une forte crise, une remise en question de l’homme par rapport au travail en général ; je referme la parenthèse.
Je combats, au sein du CFPE, avec tous ses membres que je salue ici, depuis sa création il y a 3 ans, le manque d’attractivité – salaires, image, formations- qui nourrit la pénurie. Et là aussi nous avançons.

Vous savez, la politique des petits pas bien enracinés, elle est souvent bien meilleure que celles des grands soirs…sans lendemains.

OPTIMISTE ET RÉALISTE.

Je sais que pour pouvoir bien traiter les enfants, il faut être soi-même bien traité.
Et je sais, pour l’avoir entendu à de multiples reprises de leurs bouches, que être bien traité c’est aussi se sentir en sécurité et que, pour cela un cadre est nécessaire. Je pense par exemple au référentiel qualité en saluant tout le travail qui a été fourni pour son élaboration.

Mais je sais aussi que, s’il est important, ce cadre, il ne doit jamais brider la créativité et que les pros savent être inventifs, au plus près des enfants qu’ils accueillent, en fonction de ces mêmes enfants, de leur environnement familial, social, géographique.

OPTIMISTE ET CONFIANTE.

Confiante en ces pros, fatigués souvent, découragés parfois, mais résolument combattifs.

Pourquoi ?

Parce qu’ils savent, même si c’est tout au fond d’eux, que leurs métiers sont parmi les plus beaux : aux côtés de parents, ils participent à l’éveil des tout petits, les accompagnent dans leurs premières découvertes.

L’enfant, la raison d’être de ces professionnels, ne l’oublions pas, leur boussole.
Et c’est pourquoi c’est avec l’enfant que je terminerai en donnant la parole à Victor Hugo :

« L’enfant doit être notre souci.
Et savez-vous pourquoi ?
Savez-vous son vrai nom ?
L’enfant s’appelle l’avenir. »

Merci et bon printemps !

PUBLIÉ LE 18 mars 2025

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Une réponse à “Discours d’ouverture d’Elisabeth Laithier, présidente du Comité de filière petite enfance”

  1. cherifsarah_170072 dit :

    Bonjour,
    Assistante maternelle en créche familiale, sensible à la prise de conscience du rôle des professionnels de la Petite Enfance, je déplore que les dispositions de l’intégration des assistantes maternelles à la Convention ELISFA ne soient pas claires pour ce personnel. J’ai sollicité des syndicats mais aucun retour….Quant au bonus d’attractivité, pas mieux … Le minimum pour un salarié, qu’il puisse avoir toutes les infos pour instaurer un bon dialogue social avec son employeur, non ???

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