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Les bosses (hématomes) : des petits bobos à ne pas négliger

Tomber, se cogner contre quelque chose ou quelqu’un, fait partie du quotidien des jeunes enfants. Les bosses (ou hématomes) sont donc fréquentes. Les professionnelles de la petite enfance y sont souvent confrontées en structure ou lors des sorties. Si elles sont le plus souvent bénignes et nécessitent peu de soins, il faut néanmoins rester vigilant, car elles peuvent parfois s’accompagner de signes révélateurs d’un traumatisme plus sérieux. Éclairage avec le Dr Ordioni, pédiatre.

Une bosse, ou hématome, correspond à une hémorragie localisée sous la peau, causée par la rupture de petits vaisseaux sanguins à la suite d’un choc. La plupart des hématomes sont provoqués par un traumatisme, mais certaines maladies rares peuvent en faire apparaître sans choc ou après des chocs minimes, comme les troubles de la coagulation (hémophilie, etc.), le purpura rhumatoïde ou la maladie de Henoch-Schönlein ( une inflammation des vaisseaux sanguins touchant surtout les enfants) ainsi que d’autres affections plus rares.

À quoi ressemble l’hématome

Un hématome forme une bosse de couleur bleue à la différence de l’ecchymose, qui reste plate. Au fil de la guérison, il change souvent de couleur (violet, vert, jaune) le temps que le sang se résorbe. Après un coup sur le front, les enfants peuvent parfois arborer une spectaculaire bosse, appelée familièrement « œuf de pigeon ».

Les bons gestes à adopter en cas de bosse

  • Rassurer l’enfant et l’éloigner de l’agitation.
  • Appliquer du froid : de la glace enveloppée dans un linge propre ou un torchon, jamais directement sur la peau pour éviter une « brûlure « par le froid. Le Dr Ordioni précise : « Après un an on peut utiliser des coussins thermiques, qui simplifient l’application de froid pour provoquer la vasoconstriction capillaire limitant le saignement, donc l’hématome. »
  • Comprimer légèrement si possible, pendant une dizaine de minutes, sans trop serrer ni prolonger la pression.

Le froid et la compression limitent la diffusion du sang sous la peau. Le but est de réduire la taille de la bosse et de soulager la douleur.

  • Administrer du paracétamol (Doliprane) en cas de douleur importante (après accord des parents).
  • Arnica : certains utilisent un gel à base d’Arnica localement, ou des granules d’Arnica montana par voie orale (à partir de 18 mois).

Les points de vigilance à retenir

Comprendre le mécanisme du choc

Même si cela n’est pas toujours possible, notamment en collectivité, il est important d’identifier la nature du choc : obstacle, hauteur de la chute, vitesse, revêtement du sol, etc.
S’il n’y a pas de témoin, il faut le signaler aux parents pour qu’ils restent attentifs aux heures suivantes.

Observer l’évolution après le traumatisme

Le pic de douleur survient au moment du choc. Si l’enfant est vite rassuré et se calme en quelques minutes, c’est plutôt bon signe. En revanche, si la douleur persiste au-delà de 10-15 minutes, ou si la bosse augmente de volume les jours suivants, il faut consulter : cela peut cacher une fracture ou une autre lésion sous-jacente.
Chez les bébés de moins de 6 mois, un hématome doit toujours motiver une consultation.

Les localisations à surveiller particulièrement

Le crâne

Une surveillance attentive est nécessaire après un coup sur la tête, surtout si l’incident n’a pas été vu. Il faut vérifier l’absence de perte de connaissance et rester vigilant pendant les 24 heures suivantes à l’apparition de vomissements ou de comportements inhabituels (somnolence, agitation excessive). Ces signes justifient une consultation en urgence.

Les yeux

Les hématomes autour des yeux nécessitent une attention particulière.
Le Dr Ordioni souligne : « Les hématomes des arcades sourcilières sont particuliers, car ils peuvent diffuser dans les jours suivants vers la région orbitaire et être responsables des fameux “yeux au beurre noir” ! » Si l’œil ne s’ouvre plus ou si la vision semble altérée, il faut consulter rapidement.

Le pavillon de l’oreille

Un hématome volumineux de l’oreille externe peut nécessiter un drainage en urgence pour éviter des complications esthétiques ou infectieuses.

Le nez

Un hématome de la cloison nasale (visible dans la narine) doit être pris en charge sans délai par un ORL, pour éviter une déformation du cartilage.

Les dents

Même si ce sont des dents de lait, un choc peut endommager la racine. Il est donc conseillé de consulter un dentiste après un coup sur la bouche. (Voir la fiche « Gare à la chute sur les dents »)

Les parties génitales

Un hématome des testicules nécessite une évaluation médicale immédiate.

Les ongles

Un hématome sous un ongle est souvent très douloureux ; le médecin pourra le vider pour soulager la pression.

Attention

Il est important de rappeler qu’un hématome n’est pas toujours accidentel. Chez les jeunes enfants, notamment de moins de 4 ans, certains bleus doivent alerter les professionnels de la petite enfance.
L’outil de dépistage TEN-4 FACES P aide à distinguer les ecchymoses accidentelles de celles qui peuvent révéler une maltraitance. TEN correspond à Torse, Oreilles (Ears) et Cou (Neck) : la présence d’un bleu sur ces zones est suspecte. TEN 4 : concerne les enfants de moins de 4 ans.
FACES P affine encore le dépistage, en ajoutant la recherche d’ecchymoses sur le visage, l’abdomen, le dos, les fesses et la région génito-urinaire.

Ces zones sont rarement touchées lors de chocs accidentels, d’où leur intérêt dans la détection précoce de violences.

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PUBLIÉ LE 07 mai 2019

MIS À JOUR LE 06 octobre 2025

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