Mort inattendue du nourrisson : où en est la recherche ?
En France, des programmes de recherche sur la mort inattendue du nourrisson sont menés par les centres de référence et l’Observatoire national de la mort inattendue du nourrisson (Omin). Le point avec le Dr Elisabeth Briand-Huchet, pédiatre et Médecin-conseil, Co-présidente de l’association Naître et Vivre.
Un réseau de centres spécialisés et un observatoire national
Les centres de référence MIN ont été créés en 1986. Ils ont pour missions de prendre en charge les bébés décédés et leurs parents, de diagnostiquer les causes du décès, d’accompagner le deuil, et de développer l’information des professionnels et du grand public. Il en existe partout en France. Parallèlement, un Observatoire national de la mort inattendue du nourrisson (Omin) a vu le jour en mai 2015. Celui-ci a été reconnu comme un registre, critère de qualité, en 2021. Ce projet, initié par l’Association nationale des centres référents de la mort inattendue du nourrisson (ANCReMIN) est actuellement porté par le centre de référence nantais. Il s’adresse aux familles ayant perdu un enfant âgé de 0 à 2 ans de mort inattendue du nourrisson. L’Omin permet de regrouper les informations socioéconomiques, cliniques et biologiques des enfants inclus. À moyen terme, le but est d’actualiser les messages de prévention, mais également de faire progresser la recherche scientifique dans le domaine. La mise en place de cet observatoire devrait permettre d’affiner les chiffres sur le nombre d’enfants victimes de mort inattendue.
Mort inattendue du nourrisson : des pistes encore incertaines
La recherche tente depuis plusieurs années de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la mort inattendue du nourrisson. Certaines études ont mis en évidence des anomalies dans des zones du cerveau qui contrôlent la respiration et l’éveil pendant le sommeil. La piste d’un dysfonctionnement du système de la sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de fonctions vitales comme la respiration ou le rythme cardiaque, a notamment été évoquée. Toutefois, selon la pédiatre les résultats restent encore limités et parfois contradictoires. À ce jour, la mort inattendue du nourrisson est considérée comme un phénomène multifactoriel associant une vulnérabilité du nourrisson, une période critique du développement et des facteurs environnementaux liés notamment aux conditions de sommeil. Aucune mesure médicale de dépistage n’a pour l’instant été identifiée.
Lait maternel : des effets protecteurs
Certaines études ont démontré que l’allaitement maternel a un léger rôle protecteur — tout en n’étant pas un facteur de protection majeur ajoute la pédiatre – car il améliore l’immunité du bébé. Bien que le mécanisme n’en soit pas connu, une réduction du risque de MIN est aussi associée à l’utilisation d’une sucette. Il semblerait que les enfants ayant un grand besoin de succion renforcent les muscles de leur bouche en tétant, ce qui favoriserait le dégagement des voies aériennes.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 28 avril 2026