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Piqûres de tique : 8 points clés pour les prévenir et bien réagir !

Les piqûres de tique sont plus susceptibles de survenir lors de sorties en forêt, dans les jardins ou au parc, de mars à octobre. A priori anodines, ces dernières doivent toutefois faire l’objet d’une attention toute particulière chez les enfants accueillis, car ces petits acariens sont susceptibles de transmettre certaines maladies. Quels sont les bons gestes de prévention ? Comment réagir en cas de piqûre ? Le point avec les docteurs Ariane Zaloszy, pédiatre au CHRU de Strasbourg, centre de référence des maladies vectorielles à tiques de l’Est, et  Jean-Louis Ordioni, médecin référent de crèches.

Dans quelles régions trouve-t-on des tiques ?

Il existe une quarantaine d’espèces en France. Principalement présents dans les zones boisées, les parcs naturels ou les zones rurales, ces petits arachnides parasites peuvent également se développer dans certaines régions urbaines, principalement dans les espaces verts.  Les zones  les plus favorables à leur présence : le centre, le nord-est et le sud-ouest de la France. A contrario, elles sont moins fréquentes dans les régions méditerranéennes et de haute montagne. Leur activité est fonction de différents facteurs comme le climat, l’altitude ou le type de sol  (forêts, prairies, zone urbaine…) et favorisée par la présence d’hôtes pour leurs repas sanguins.

Quand les tiques sont-elles susceptibles de piquer ?

Les tiques évoluent au fil de différents stades( larve, nymphe, tique adulte). Elles passent d’une phase à l’autre en se nourrissant du sang de leurs hôtes (petit mammifère, oiseau, être humain) . Ce repas de sang dure entre 1 et 3 jours. La piqure est indolore et, vu la taille d’une nymphe (2 à 3 mm), peut passer inaperçue.

Piqûres de tique et maladie de Lyme : attention !

La plupart des piqûres ne conduisent pas à des infections, mais certaines tiques sont porteuses d’agents infectieux (bactéries ou virus) et peuvent les transmettre à l’homme.

L’infection la plus fréquente liée à une piqûre de tique est la maladie de Lyme ou borreliose de Lyme. Elle est transmise par la tique « Ixodes ricinus » et due à la bactérie « Borrelia burgdorfer ». Cette infection est, dans la majorité des cas,  asymptomatique.  Toutefois, ce type de piqûre peut provoquer une éruption cutanée en forme d’anneau  avec un centre blanc autour de la zone piquée. On parle alors d’érythème migrant, le premier stade de la maladie de Lyme. La maladie de Lyme se traite avec des antibiotiques adaptés à l’âge de l’enfant. Non traitée, la maladie peut s’aggraver et entraîner des complications plus sérieuses affectant les articulations, le cœur et le système nerveux.

Est-ce que la maladie de Lyme est courante après une piqûre de tique ?

Santé Publique France rapporte une prévalence d’une infection à Borrelia de 2 à 20 %, selon les saisons et les localités. En France, les régions de l’Est et du Centre présentent des taux d’incidence les plus élevés tandis, contrairement aux régions de l’Ouest et du Sud-Est méditerranéen, qui ont les taux les plus bas. On a dénombré  60 033 cas en 2020 et 46 598 en 2021 (663 personnes ont dues être hospitalisées). Élément rassurant : une étude réalisée aux Pays-Bas a récemment estimé le risque de développer une maladie de Lyme suite à la piqûre par une tique infectée par Borrelia est d’environ 14 % et passe à 2 % lorsque la tique ne réalise pas la totalité de son repas sanguin. En d’autres mots, si la tique est extraite avant quatre jours de fixation, les risques sont très limités !

Piqûre de tique et encéphalite : pas de panique !

Deuxième infection possible suite à une piqûre de tique : l’ encéphalite à tiques. Certaines tiques du genre Ixodes ricinus peuvent en effet transmettre le virus TBE (Tick Borne Encephalitis), responsable de méningite, méningo-encéphalite ou d’une forme plus grave, la méningo-encéphalo-myélite. L’encéphalite à tique est présente dans certaines parties de l’Europe de l’Asie et de la Russie, mais également France. Santé publique France faisait ainsi récemment état de 71 cas, entre mai 2021 et mai 2023, dont 61 cas autochtones. Les régions les plus touchées sont la Haute Savoie (avec le plus de cas rapportés), l’Alsace et la région Auvergne-Rhône-Alpes. Si cette perspective peut évidemment sembler inquiétante, pas question pour autant de priver les enfants accueillis de sortie ! Il existe un vaccin contre l’encéphalite à tiques, recommandé aux enfants de plus d’un an et aux adultes qui séjournent dans les régions à risque.

À noter : selon la localisation de l’établissement d’accueil du jeune enfant, le pédiatre ou le médecin référent de la crèche peut établir un protocole pour prévenir et prendre en charge les enfants en cas de piqûres de tique

Comment éviter les piqûres de tique ?

Selon le Dr  Ariane Zaloszy pédiatre, au CHRU de Strasbourg, centre de référence des maladies vectorielles à tiques de l’Est, plusieurs mesures de prévention peuvent aisément être mises en place, notamment dans les zones à risques. Ses recommandations ?

  • demander aux parents d’habiller leurs enfants avec des vêtements longs et clairs pour mieux repérer les tiques,
  • porter une attention toute particulière aux pieds, les tiques évoluant souvent dans les herbes hautes : équiper les tout petits de chaussettes, de chaussures fermées et caler les bas de pantalon dans les chaussettes,
  • protéger la tête  de l’enfant avec un chapeau,
  • utiliser un répulsif anti-tiques adapté à l’âge de l’enfant.
  • étendre une couverture si on souhaite s’allonger sur l’herbe.

Comment s’assurer qu’il n’y a pas eu de piqûres de tique ?

Sans oublier bien sûr, une fois de retour à l ‘intérieur, d’inspecter soigneusement les enfants. Sur ce point, le Dr. Zaloszy est particulièrement insistante : « La tique peut se déplacer d’un habit vers la peau nue. Il est donc essentiel de faire un examen soigneux pour la rechercher, d’autant qu’au stade de  nymphe, elle est à peine visible  et peut facilement passer inaperçue. La tique se fixe généralement sur la peau dans les zones chaudes et humides, comme les aisselles, l’aine, le cuir chevelu et derrière les oreilles ou entre les orteils. L’inspection peut avoir lieu lors d’un change, » précise-t-elle. Et de rappeler, qu’après une sortie, les parents doivent eux aussi prendre le temps d’inspecteur leur enfant !

Comment retirer une tique rapidement ?

Plus le contact avec une tique est long, plus le risque d’infestation est grand. Il faut donc extraire la tique sans attendre. L’infirmière de la crèche ou la puéricultrice (ou toute autre professionnelle formée) ôte la tique avec un tire-tique avant de prévenir les parents. Si l’établissement n’a pas de tire-tique, les parents doivent retirer la tique rapidement. Afin que les parents suivent  l’évolution  de la piqûre, il est conseillé d’entourer au stylo l’endroit de la piqûre. Les conseils en plus du Dr Ordioni, médecin référent de crèches :

  • prendre une photo de la tique avant de la retirer afin de localiser la zone de morsure et, si possible, la garder dans une petite boite pour une éventuelle recherche bactériologique ou virale ultérieure,
  • prévenir les parents afin qu’ils se rapprochent de leur médecin traitant qui leur donnera les informations sur la survenue d’éventuels symptômes. Il peut être bon de leur rappeler également, qu’il est important de surveiller pendant un mois la zone de piqûre pour détecter tout signe d’infection (érythème migrant), mais aussi de consulter rapidement en cas de fièvre, de douleurs ou d’autres symptômes inhabituels.

Vous pouvez également engager les parents à découvrir le site www.citique.fr afin de signaler rapidement aux scientifiques les piqûres de tiques, qu’elles soient repérées sur un humain ou un animal puis de leur envoyer par voie postale la tique piqueuse.

Le bon geste pour retirer une tique :

Saisissez la tique avec la pince, le plus près possible de la peau, près de sa tête, puis tirez fermement  en veillant à ne pas l’écraser. Contrairement aux idées reçues, évitez l’application d’éther ou d’alcool, pouvant en réalité majorer le risque de transmission d’une éventuelle infection. Une fois la tique retirée, désinfectez la zone avec un antiseptique. A noter : « une petite rougeur juste après la piqûre est courante et due à la salive de la tique », explique le Dr Zaloszyc. Elle disparait spontanément.

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 25 juillet 2023

MIS À JOUR LE 23 août 2024

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