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Tests RT-PCR sur prélèvements salivaires : des débuts timides dans les crèches

Depuis jeudi dernier 29 avril, les premiers tests salivaires ont débuté dans une crèche de Metz. Au début de cette semaine c’est un réseau de crèches privées de Normandie qui a procédé à ces tests. Mais a majorité des structures  affichent plutôt dans une position attentiste. Le point sur les consignes et recommandations et sur leurs premières mises en oeuvre.


Depuis le 26 avril tous les enfants  de 0 à 3  ans, dans le respect des consignes sanitaires, ont pu à nouveau être accueillis chez les assistantes maternelles, dans les MAM ou dans les crèches.  Pour cette rentrée, le guide ministériel met l’accent  sur les procédures de contact-tracing et sur le déploiement de tests RT-PCR  sur prélèvement salivaires itératifs pour les enfants et le personnel. Ce type de prélèvement, plus soft pour les petits que le prélèvement nasopharyngé, est plébiscité par les parents qui peuvent l’effectuer en autotest à domicile. Le but ? Briser la chaîne de contamination au Covid-19 dans les  établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) et éviter la formation de clusters. Décryptage.

Un cadre bien défini

Le dépistage de masse   RT-PCR sur prélèvement salivaire récurrent est déclenché par le (la) directeur (trice) de l’établissement ou par l’assistante maternelle de la MAM en lien avec le Conseil Départemental et le cas échéant, la collectivité territoriale gestionnaire. L’ARS vient en appui en fonction de l’épidémiologie. Ces dépistages itératifs – en général tous les 7 jours –  seront réalisés jusqu’à l’obtention de deux itérations successives sans nouveaux cas.
L’investigation initiale est entreprise dans différentes situations :  s’il y un cluster dans l’établissement- pour rappel on parle de cluster quand il y  a au moins 3 cas dans l’établissement sur une période de 7 jours -,  en présence d’un cas ou plus de variant d’intérêt, selon  la situation épidémiologique (par exemple un taux d’incidence élevé dans plusieurs communes) ou dans le cadre d’un dépistage préventif tel que préconisé par la campagne nationale et déjà pratiqué dans les écoles.  Pour rappel, le dépistage par tests est pris en charge par l’assurance maladie. L’établissement contacte le laboratoire de biologie médicale référencé (la liste lui est fournie par l’ARS) qui fournit le matériel de prélèvement et se charge de l’analyse.

Un test basé sur le volontariat

C’est l’établissement qui  informe les parents. Puis il recueille leur consentement – il s’agit de mineurs –  et leur remet une fiche de renseignements médicaux  à remplir. Les parents peuvent refuser de faire tester leur enfant. Celui-ci étant réalisé sur la base du volontariat. Le personnel de la crèche se charge du recueil de la salive  après une formation expresse par le laboratoire. Si certaines structures privilégient cette façon de faire, la trouvant finalement plus simple en termes d’organisation (les enfants connaissent bien les professionnelles et sont en confiance, ça évite le retard dans la prise en charge des prélèvements…) certains pros craignent d’être transformés en « soignants » ou en   super secrétaires.
Les parents sur le front
L’autre solution trouvée dans certains établissements est de mettre les parents à contribution. Ils viennent récupérer les kits de prélèvement à la crèche la veille, puis prélèvent la salive le lendemain matin selon un protocole précis. Le recueil de la salive de leur progéniture  se fait sous la langue ou au niveau des joues. L’astuce consiste à faire saliver les petits en leur donnant à sucer leur « tototte » juste avant ! Les parents rapportent ensuite le prélèvement à la crèche  où il est récupéré par le labo. C’est le laboratoire dans les 24 heures qui informe les parents, du résultat. La directrice du lieu reçoit les résultats de manière anonyme. En fonction des cas positif/cas contacts, des mesures d’isolement et de contact-tracing sont mises en place.

En Moselle, démarrage fin avril avec une première crèche

Le premier dépistage préventif de ce type a eu lieu dans la crèche de la Grange aux bois à Metz. Les parents ayant rapporté les prélèvements jeudi 29 avril  et vendredi 30 avril, l’adjointe au maire de Metz en charge de la petite enfance n’a pas encore de résultats transmis par les parents – ce sont eux qui les reçoivent par mail du laboratoire. L’adhésion a été forte car près de 70% des parents se sont portés volontaires. Le dépistage a continué dès le  lundi prochain 3 mai dans les 60 autres crèches de la ville. A noter : le département, avant même la mise à jour du Guide ministériel COVID-19 modes d’accueil et ses consignes sur ces tests, avait décidé avec l’accord de l’ARS de procéder à des tests salivaires dans une trentaine de crèches volontaires à la demande des parents. Ce dépistage avait été différé à cause de la fermeture des crèches pour 3 semaines.

En Normandie, un dépistage réussi dans les crèches du réseau Liberty

Ce réseau privé de 21 établissements d’accueil Petite Enfance en Seine-Maritime a démarré les tests RT PCR salivaires le  mardi 4 mai dans 5 de ses crèches. La directrice, madame Frénoy a souhaité les mettre en place suite à la demande de l’état  et pour lutter contre la propagation du Covid-19. La PMI leur a d’abord envoyé une liste de laboratoires de biologie médicale capables de s’en occuper puis c’est finalement l’ARS qui leur a communiqué le nom d’un laboratoire référencé. De nombreux tests étant déployés dans les écoles actuellement, le laboratoire était débordé. C’est la raison pour laquelle le dépistage salivaire n’a pu débuter que dans 5 des 21 crèches.
Les directrices d’établissement ont préféré s’occuper avec les professionnelles qui connaissent bien les enfants, des prélèvements au sein de la crèche70 à 80% des parents ont donné leur autorisation ! Le geste s’est très bien passé tant chez les nourrissons que chez les plus grands qui l’ont vécu comme un jeu. Au plus tard, les parents ont reçu les résultats le mercredi 5 mai : tous négatifs.

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PUBLIÉ LE 04 mai 2021

MIS À JOUR LE 17 août 2021

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