Vrai/faux sur les repas chez l’assistante maternelle
« Il vaut mieux se faire fournir les repas par les parents », « interdit de cuisiner en présence des enfants ! »… Pas facile de démêler le vrai du faux pour les assistantes maternelles dans le brouhaha des informations concernant les repas des 0-3 ans… On fait le point sur le sujet. Avec Julie Questel, assistante maternelle et autrice du Grand guide de l’assistante maternelle*.
Mieux vaut se faire fournir les repas par les parents.
FAUX.
« Tout dépend de vous ! », estime Julie Questel. Pour elle, il existe autant d’avantages que d’inconvénients au fait de fournir ou pas les repas. « Quand ce sont les parents qui amènent les repas, les avantages sont le gain du temps que l’on ne passe pas à cuisiner, à faire les courses, etc. », considère l’assistante maternelle. Il existe cependant des inconvénients : « les enfants ne mangent pas tous la même chose, peuvent parfois manger souvent les mêmes plats et on ne peut rien y faire si ce n’est pas équilibré », regrette-t-elle. Quand on choisit de fournir les repas, certes, il faut compter du temps de travail supplémentaire pour élaborer les repas, cuisiner, etc. mais « cela peut être un atout pour le projet d’accueil, précise Julie Questel. Certaines assistantes maternelles affichent même les menus aux portes comme à la cantine. » Celles qui disposent d’un potager peuvent intégrer les repas à leur projet pédagogique. C’est aussi l’avantage de proposer un repas identique à tous les enfants et de leur faire découvrir des saveurs qu’ils n’ont pas forcément l’occasion de manger à la maison.
Les repas fournis par les parents sont considérés comme des avantages en nature
VRAI.
Pour les impôts, ces repas constituent un avantage en nature imposable pour l’assistante maternelle. Celle-ci doit déclarer le coût réel indiqué par écrit par les parents ou appliquer le forfait journalier URSSAF. Les parents doivent fournir une attestation annuelle récapitulant la valeur et le nombre de repas apportés. « Pas la peine de fournir cette attestation si c’est précisé dans le contrat », précise Julie Questel. Enfin, ces frais de repas ne donnent pas droit au crédit d’impôt pour la garde d’enfants.
Interdit de cuisiner en présence des enfants !
FAUX. « La PMI ne dit pas que c’est interdit, indique Julie Questel. Pour autant, dans les faits, nous devons être totalement dédiées aux enfants. » Impossible donc, d’être dans la cuisine pendant que les enfants jouent seuls, dans leur espace de jeux. « Si un enfant pleure et qu’on a une casserole sur le feu… La PMI considère que c’est trop dangereux. » On peut cependant envisager d’associer les enfants à la cuisine selon l’âge ! Comme par exemple, préparer un gâteau ou une salade composée avec les enfants. Dans ce cas, il faut que la cuisine ait été validée comme un espace d’accueil, ou bien que l’atelier cuisine se déroule dans celui-ci. Pour ce qui est de la cuisson, elle ne peut être réalisée qu’en l’absence des enfants (sur le temps de sieste, par exemple).
Partager le repas avec les enfants, c’est une bonne option
VRAI.
« C’est avant tout une question d’organisation, estime Julie Questel. Si partager le repas avec les enfants est possible pour l’assistante maternelle, pourquoi pas. » Les études scientifiques en psychologie du développement, en nutrition et en neurosciences de la petite enfance confirment de manière unanime que la présence active et le partage des repas par l’adulte ont un impact majeur et positif sur le développement global de l’enfant. « Mais si l’on a des nourrissons au biberon, par exemple, cela ne sera pas adapté, nuance Julie Questel. Si les enfants mangent sur une petite table, ce n’est pas forcément très confortable pour nous. Par ailleurs, le repas peut être un moment de pause pour les assistantes maternelles. » En somme, même si les études vont dans le sens d’un repas partagé avec l’adulte, il faut aussi jongler avec la réalité du métier !
Pour manger, les pieds des enfants doivent reposer sur un appui
VRAI
« Que ce soit en chaise haute ou sur des petites chaises, les enfants doivent pouvoir appuyer leurs pieds pour tousser en cas d’étouffement, explique Julie Questel. La PMI est très vigilante sur ce point ». Les chaises hautes doivent donc être équipées d’un marchepied ou d’un repose-pied réglable. Avoir les pieds bien ancrés sur une surface plane permet de créer un angle de 90 degrés aux genoux et aux hanches. Cet appui solide aide l’enfant à maintenir son tonus axial (tonus du cou et du dos), ce qui évite qu’il ne se fatigue trop vite en mangeant. L’alignement vertical tête-cou-tronc garanti par l’appui des pieds sécurise la déglutition et limite le risque de fausse-route.
Diversification : attendre que le parent ait commencé
VRAI
« C’est la règle de base : on ne donne à un enfant que ce qui a déjà été testé à la maison ! », résume Julie Questel. C’est la règle d’or de la profession pour éviter de gérer une première réaction anaphylactique chez l’assistante maternelle. En revanche, sur le plan pur de la santé, le calendrier scientifique recommande d’introduire les allergènes majeurs tôt (dès 4-6 mois). Autant inciter les parents à ne pas tarder à la maison…
Impossible de refuser à une maman d’apporter son lait
VRAI. « L’allaitement a clairement été intégré au nouveau référentiel national de qualité de l’accueil du jeune enfant », rappelle Julie Questel. En revanche, ce référentiel précise bien que la possibilité pour une mère de venir allaiter son enfant pendant le temps d’accueil doit être envisagée selon l’organisation convenue avec la professionnelle. Ce point doit donc être consigné dans le projet d’accueil ou le contrat de travail lors de l’embauche.
Vous pouvez refuser la DME (diversification menée par l’enfant)
VRAI. « Absolument vrai !, estime Julie Questel, d’autant plus si on n’est pas formé ! » La diversification menée par l’enfant peut être un élément différenciant pour certaines assistantes maternelles, mais il faut avoir l’équipement nécessaire, savoir cuisiner spécifiquement pour cela, etc. Un vrai sujet passionnant et intéressant pour les enfants pour celles qui ont envie de se lancer, mais loin d’être une obligation pour celles qui n’en font pas une priorité !
Il faut appliquer la méthode HACCP (hazard analysis critical control point)
FAUX. Cette méthode est réservée aux crèches et lieux d’accueil collectifs. La PMI recommande cependant de s’en inspirer : les repas doivent être transportés dans un sac isotherme avec blocs de glace, dès l’arrivée, les aliments sont placés au réfrigérateur (entre 2 et 4 degrés), hors du sac isotherme. Chaque récipient est idéalement noté du nom de l’enfant et avec la date de préparation. Le micro-ondes est autorisé selon les préférences des PMI locales (certaines admettent l’appareil, avec un mélange et contrôle de la température). Le bain-marie reste la méthode à privilégier. Tout plat entamé doit être jeté dans les 30 à 60 minutes et ne doit jamais être réchauffé ou remis au frais.
Vous avez d’autres questions sur les repas des tout-petits ? N’hésitez pas à nous en faire part, nous pouvons ajouter la réponse dans cet article !
Elodie Buzeaud
PUBLIÉ LE 25 septembre 2026