Commission d’enquête parlementaire sur les crèches : un président et une rapporteure qui y sont opposés
La commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches et la qualité d’accueil a choisi, en séance ce mercredi 13 décembre, un président Thibault Bazin (LR) et une rapporteure qui y sont opposés ! Décryptage.
Il parait que c’est le jeu parlementaire. Pour les néophytes, ce sont les mystères de la « démocratie » et les grandes embrouilles politiciennes de nos députés… Car aussi étonnant soit-il, la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches et la qualité d’accueil, a confié les postes les plus importants, à savoir ceux de président et de rapporteur, à des députés qui s’y étaient farouchement opposés. Et celui qui a porté le sujet depuis le printemps, avec force et conviction, parfois partialité, William Martinet (LFI) n’hérite que d’une vice-présidence. Cela ressemble à un règlement de comptes en bonne et due forme ou comment flinguer une commission d’enquête (nous y reviendrons dans quelques jours). Mais il est vrai que LFI en n’utilisant pas son droit de tirage et en en présentant une résolution transpartisane, prenait un risque. Si elle l’avait utilisé, elle était assurée d’obtenir l’un de ces deux postes-clefs.
Thibaud Bazin ( LR) président, et Sarah Tanzilli (Renaissance) rapporteure
Sur le papier tout est bon : la présidence, pour l’opposition et le poste de rapporteur, pour la majorité. Oui, mais il y a opposition et opposition ! Et en l’occurrence, Thibaut Bazin, comme le Modem et Renaissance, a toujours voté contre cette idée de commission d’enquête parlementaire bien que les amendements qu’il avait soumis pour l’étendre à toutes les crèches quel que soit leur statut, aient été adoptés en commission des affaires sociales, puis votés par l’Assemblée. Du coup, l’opposition qui s’est exprimée en faveur de cette commission d’enquête est très peu représentée…
Une façon d’enterrer les futurs travaux de la commission ou en tout cas d’en limiter les investigations ? C’est ce que certains craignent. En effet, Thibault Bazin est connu pour ses positions, de principe, très favorables au secteur privé lucratif, et Sarah Tanzilli, elle, pour son absence totale de prises de position et de parole sur l’accueil du jeune enfant. Un curieux choix ! (Là encore, nous y reviendrons).
Le SNPPE a été le premier à réagir
Ce soir le syndicat représentant les professionnels de la petite enfance est amer : « Les députés de la commission d’enquête parlementaire sur le modèle économique des crèches et sur la qualité de l’accueil des jeunes enfants au sein de leurs établissements illustrent, par la composition du bureau de cette commission, qu’ils ont un manque de respect alarmant pour le secteur de la petite enfance.
Comment peut-on mettre aux deux postes clés, deux députés qui ont voté CONTRE cette commission d’enquête ?
Comment peut-on mettre comme président et rapporteur, deux députés qui ont porté des amendements écrits par la Fédération Française des Entreprises de crèches ?
Qu’y a-t-il à cacher pour que le parti de la majorité associé au parti d’opposition le plus favorable au secteur privé lucratif bafouent l’intérêt des professionnel·le·s, des familles et des enfants ?
Le SNPPE dénonce les « petits arrangements entre amis » pour le compte des grands gestionnaires du secteur privé lucratif. »
Pour aller plus loin :
- Découvrir la composition de la commission
- Voir la réaction-vidéo de William Martinet
- Découvrir la saga de cette commission d’enquête
CL
PUBLIÉ LE 13 décembre 2023
MIS À JOUR LE 10 juin 2024