Diversification : des portions trop importantes associées à un risque accru de surpoids
Une nouvelle analyse portant sur près de 1 700 enfants suggère un lien entre la taille des portions lors de la diversification alimentaire et le risque de surpoids dans l’enfance. Si les chercheurs ne démontrent pas de lien de cause à effet, ces résultats invitent à adapter les quantités aux besoins de l’enfant dès la diversification et durant l’enfance.
Cette analyse s’appuie sur les données du projet européen EU CHOP (European Childhood Obesity Project), un essai clinique mené dans cinq pays d’Europe. La cohorte a inclus 1679 enfants. Les chercheurs ont exploité les données alimentaires recueillies via des carnets de 3 jours à 6, 12, 18 et 24 mois et les ont comparées aux mesures de poids et de taille effectuées à 2, 8 et 11 ans.
Un risque de surpoids doublé dès 6 mois
Les enfants qui recevaient des portions plus importantes dès 6 mois avaient un risque de surpoids plus de deux fois supérieur à 2 ans, indépendamment des portions reçues à 24 mois. Une tendance similaire a été observée pour les portions à 12 mois.
À 8 et 11 ans, c’est la persistance des grosses portions qui compte
Les portions à 6 mois, prises isolément, ne sont pas associées au surpoids à 8 ou 11 ans. En revanche, les enfants qui recevaient de plus grandes portions à 12 et 18 mois avaient tendance à continuer à recevoir de plus grandes portions plus tard dans l’enfance. Et c’est cette persistance de l’habitude de grosses portions, plus que la portion initiale elle-même, qui est associée au surpoids à 8 et 11 ans. Dans les modèles statistiques, la taille des portions mesurée directement à 8 ans est le facteur le plus fortement lié au surpoids à cet âge.
La quantité compte plus que le type d’aliment
Des portions plus importantes de fruits, légumes, viande ou poisson de 6 à 18 mois sont, elles aussi, associées au risque de surpoids à 2 ans (et à 8 ans pour les portions de 18 mois). Seules les portions d’aliments très transformés/sucrés à 6 mois montrent un lien avec le surpoids à 2 ans, pas aux autres âges. Cela conforte les auteurs dans l’idée que la quantité compte indépendamment du type d’aliment, plutôt que de miser uniquement sur la limitation des aliments sucrés ou gras.
À noter que manger plus souvent dans la journée est associé à des portions plus petites à chaque repas. Mais la fréquence des repas, en elle-même, n’était pas liée au risque de surpoids.
Pour les professionnels de la petite enfance
Ces résultats viennent étayer une pratique déjà recommandée : proposer des portions adaptées à l’âge et à l’appétit de chaque enfant, sans le pousser à finir son assiette et rester attentif à ses signaux de faim et de satiété. Le message s’applique à tous les aliments, y compris les fruits, les légumes et les protéines. Pas seulement aux produits sucrés. Fractionner les repas en plusieurs fois et avec des portions de plus petite taille peut aussi être une piste à proposer aux familles.
Source : https://doi.org/10.1111/ijpo.70131
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 16 juillet 2026