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Élisabeth Borne à Angers : « le service public de la petite enfance est désormais lancé »

Malgré une organisation quelque peu bousculée par la présence d’Élisabeth Borne (ce qui a permis une belle couverture médiatique néanmoins), le CNR petite enfance d’Angers a permis de voir plus précisément à quoi ressemblera ce service public de la petite enfance. Les grandes lignes de ce discours, tout dédié à la petite enfance, vont permettre d’avancer concrètement. Ce sera le job de Jean-Christophe Combe d’affiner les annonces qualité en concertation avec les acteurs du secteur et aux parlementaires prendre leurs responsabilités lors du vote de la loi sur le plein emploi, pour que les communes puissent jouer leur partition pour garantir un meilleur accueil du jeune enfant.


« Plus de places, plus de personnels, plus de qualité »

Élisabeth Borne a conclu son discours, prononcé devant des élus et des acteurs du secteur, par un « ce premier juin marque le point de départ d’un véritable service public de la petite enfance. (…). C’est un principe simple : plus de places, plus de personnels, plus de qualité. (…). Nous avons un plan, des objectifs et des moyens. Nous avons une volonté commune, avec les collectivités et tous les acteurs du secteur, de travailler et de bâtir des solutions adaptées. Je sais pouvoir compter sur vous et votre engagement. Le service public de la petite enfance est désormais lancé et c’est ensemble que nous le construirons. »


« Sans mode d’accueil satisfaisant, pas de société de plein emploi »

Auparavant, elle avait dressé les objectifs et contours de ce SPPE s’appuyant, a-t-elle rappelé, sur les mois de consultation et de travail menés par le ministre Jean-Christophe Combe et Élisabeth Laithier, la Rapporteure générale de la concertation territoriale et présidente du Comité de filière.

« Parler de la petite enfance, c’est à la fois préparer l’avenir de notre pays et dire le modèle de la société auquel nous croyons », a-t-elle d’emblée annoncé comme pour répondre aux récentes critiques et agacements d’impatience venus de toute part et réclamant que la petite enfance soit une cause ou une priorité nationale. Puis elle a détaillé le sens d’un SPPE, qui rappelons-le est ancré dans un objectif de plein emploi : répondre aux attentes des parents, œuvrer pour l’égalité entre les femmes et les hommes, agir pour permettre à chacun d’accéder à un travail. « Sans mode d’accueil satisfaisant, pas de société de plein emploi », a-t-elle martelé.


« Il y a urgence à agir »

Revenant sur les avancées de la politique familiale menée depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, Élisabeth Borne a néanmoins pris acte des difficultés : parcours du combattant de parents cherchant un mode d’accueil, 200 000 places manquantes pour répondre aux besoins, 10 000 professionnels faisant défaut au sein des crèches, 120 000 assistantes maternelles qui partiront à la retraite en 2030 etc.

« Il y a urgence à agir » a-t-elle expliqué rejoignant en cela tous les acteurs du secteur. « Notre ambition est claire, a-t-elle poursuivi. En la détaillant : garantir l’accueil de chaque enfant et construire un service public qui permette d’offrir à chaque enfant les mêmes chances, quel que soit son lieu de naissance ou de vie ». Mais aussi un service public qui permette aux parents de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Et un service public « qui donnera de meilleures conditions de travail aux professionnels ».


« Une réforme autour de 4 piliers »

« Le premier pilier de la garantie d’accueil du jeune enfant, c’est une meilleure coordination entre les acteurs. (…) Les maires dont je connais l’engagement en faveur de la petite enfance, seront donc confortés dans leurs missions, en tant qu’autorité organisatrice de l’offre d’accueil ».  Et d’expliquer que « les besoins des parents doivent être recensés à l’échelle de la commune.(…) ».

Mais a-t-elle poursuivi « nous avons besoin de moyens supplémentaires. C’est le deuxième pilier de notre action.». La Première ministre a donc évoqué les 5 milliards d’€ supplémentaires d’ici la fin du quinquennat et la création de 200 000 places d’ici 2030. La création de 100 postes dans les Caf pour qu’elles puissent aider en ingénierie les petites communes à lancer des nouveaux projets. Et a évoqué la réforme du cmg qui permettra dès 2025 d’harmoniser les restes à charge pour les familles quel que soit le mode d’accueil choisi individuel ou collectif.

« Nous voulons aussi faciliter la vie des parents. C’est le troisième pilier. ». Et là la Première ministre a évoqué les RPE et le site de la Cnaf monenfant.fr. Objectif : mieux informer les parents dans la recherche d’un mode d’accueil. Et pour faciliter la vie des parents en recherche d’emplois, elle a confirmé qu’il serait créé 1000 crèches AVIP d’ici la fin du quinquennat.

« Enfin le quatrième pilier de notre service public de la petite enfance c’est de veiller à la qualité. ». A ce sujet elle a précisé vouloir « rendre hommage à toutes celles et ceux qui travaillent dans les crèches, dans les Maisons d’assistantes maternelles ou encore à domicile. ». Élisabeth Borne a alors décliné : l’amélioration des conditions de travail pour surmonter « le risque de pénurie », la concertation en cours sur les rémunérations, la formation initiale et continue des pros, les contrôles, la mission confiée à Florence Dabin, la présidente du Conseil Départemental du Maine-et-Loire, un meilleur équilibre entre le financement  à la place et à l’heure, le fonds dédiés à la qualité d’accueil, la règle de deux  professionnels dès le premier enfant même dans les micro-crèches etc. Autant de pistes qui seront discutées avec les partenaires et Jean-Christophe Combe.


 Pour plus détails, lire  aussi : SPPE : les principales mesures du gouvernement


Ecouter ou lire le discours  d’Elisabeth Borne


A lire aussi : le point sur la restitution de la consultation nationale et territoriale  et les réactions aux annonces gouvernementales


 

C.L

PUBLIÉ LE 01 juin 2023

MIS À JOUR LE 14 juillet 2023

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