Emploi à domicile : le syndicat des particuliers employeurs met en garde contre une baisse des aides
Moins d’heures de travail, un recours accru à l’emploi non déclaré, voire l’arrêt de certains contrats : le Syndicat des particuliers employeurs (S.P.E) alerte sur l’impact d’une réduction potentielle des aides à l’emploi à domicile alors que se prépare l’examen du budget 2027. Une enquête du S.P.E en partenariat avec l’IFOP, dévoilée ce 6 octobre, s’intéresse, notamment, aux réactions des employeurs.
Que feraient les particuliers employeurs si les aides publiques ou le crédit d’impôt liés à l’emploi à domicile étaient réduits ou supprimés ? Selon l’enquête* présentée par Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’IFOP, lors de la conférence du Syndicat des particuliers employeurs ce 6 octobre, 71 % estiment qu’ils réduiraient le nombre d’heures travaillées. La moitié envisagerait de recourir au travail non déclaré, totalement ou partiellement, et 49 % d’arrêter complètement d’employer une personne à domicile.
Peu de travail dissimulé
Contrairement aux idées reçues, aujourd’hui, 85 % des employeurs interrogés déclarent que toutes les heures effectuées sont déclarées, indique l’étude. « Dans l’emploi à domicile, la légalité est la norme, souligne Véronique Davant, présidente du S.P.E. Lorsque certaines heures ne sont pas déclarées, 54 % des employeurs concernés indiquent que cela fait suite à une demande des salariés eux-mêmes. Un système socio-fiscal complexe peut les contraindre à composer avec les effets de seuil pour préserver, tant bien que mal, leur équilibre personnel et économique. C’est précisément parce que cet équilibre est fragile que l’alerte budgétaire lancée aujourd’hui par notre syndicat, fort de sa longue expérience du secteur, prend tout son sens. »
En effet, alors que démarre l’examen du budget 2027, plusieurs députés proposent de modifier le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027. Mais leurs amendements n’ont pas tous la même portée. Celui déposé par Charles de Courson prévoit de passer de 50 % à 45 %, sans exception pour la garde d’enfants. Il s’appliquerait aux dépenses payées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Le S.P.E rappelle que « l’emploi à domicile est la clé de voûte de l’activité professionnelle des femmes ». Les femmes représentent 91 % des salariés à domicile et 70 % des particuliers employeurs interrogés. « Croire qu’amputer les dispositifs de soutien ou le crédit d’impôt générerait des économies pour l’État est un leurre économique, insiste la présidente du S.P.E. Cela ferait courir un triple risque : une menace directe sur l’emploi des femmes, une dégradation de la qualité de vie des foyers et un basculement vers le travail non déclaré, comme le laisse craindre l’enquête. »
*L’enquête a été réalisée en ligne en juin 2026 auprès d’un échantillon national représentatif de 3 000 personnes, l’enquête porte sur l’ensemble de l’emploi à domicile, et ne propose pas de résultats spécifiques pour les métiers de la petite enfance.
Candice Satara
PUBLIÉ LE 06 octobre 2026