Les fessées dans l’enfance associées à de moins bons résultats scolaires
Une étude britannique menée auprès de près de 19 000 enfants montre que les punitions physiques durant l’enfance sont associées à davantage de difficultés scolaires et de comportements antisociaux à l’adolescence.
Selon ce nouveau rapport publié aujourd’hui par l’University College London, les enfants ayant reçu des fessées à l’âge de 3, 5 et 7 ans étaient plus susceptibles de rencontrer des difficultés scolaires à l’adolescence. Plus précisément, après prise en compte des autres facteurs, ces enfants étaient plus nombreux à ne pas obtenir le niveau attendu en fin de collège (GCSE) : 48 % contre 42,3 % chez les enfants n’ayant pas subi de fessées.
Une augmentation des comportements antisociaux
L’étude met également en évidence que les enfants ayant reçu des fessées à plusieurs reprises entre 3 et 7 ans présentaient davantage de comportements agressifs à l’adolescence. Cette différence était de 40 % à l’âge de 14 ans et de 26 % à 17 ans. À 14 ans, ils étaient notamment plus nombreux à avoir frappé, poussé ou bousculé quelqu’un (+35 %), à avoir harcelé leur frère ou leur sœur (+41 %), à avoir cyber harcelé (+26 %) et à avoir participé à d’autres formes de harcèlement (+25 %).
Une pratique encore fréquente
Si le recours aux fessées a diminué au Royaume-Uni au cours des dernières décennies elle reste toutefois relativement répandue. Les chercheurs soulignent qu’en 2021, un enfant de 10 ans sur cinq avait reçu une fessée. Pour la Dr Anja Heilmann, auteure principale de l’étude les fessées sont associées à des effets néfastes pour le développement et le bien être des enfants. Elle estime que l’Angleterre et l’Irlande du Nord devraient supprimer la notion juridique de « punition raisonnable » qui permet encore aujourd’hui aux parents d’infliger certaines fessées.
Et dans notre pays ?
En France, les fessées ne sont plus autorisées depuis la loi de 2019 qui interdit les violences éducatives ordinaires. Elles persistent toutefois. Le dernier baromètre des violences éducatives ordinaires 2026 indique que « Les violences éducatives ordinaires demeurent largement répandues : 84% des parents déclarent avoir eu recours à au moins une violence, au moins une fois au cours des 12 derniers mois (83% des violences verbales ou psychologiques, et 41% à des violences physiques)». Bien qu’elle soit perçue comme une mauvaise pratique disciplinaire par 7 parents sur 10, la fessée conserve une légitimité chez certains : dans un but éducatif, elle est jugée plus acceptable par rapport à d’autres violences et est considérée parfois comme le seul moyen de se faire obéir (30%).
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 11 juin 2026