Pandémie et petite enfance : des effets moins négatifs que prévu
Une nouvelle étude révèle que les tout-petits exposés à la pandémie de COVID-19 ont présenté moins de problèmes émotionnels et comportementaux que prévu. Contrairement aux craintes initiales, la pandémie n’aurait pas aggravé leur santé mentale.
La pandémie de COVID-19 a bouleversé les systèmes de santé, l’économie et la vie familiale dans de nombreux pays. Les premières années de la vie sont cruciales pour le développement du cerveau, et les enfants sont particulièrement sensibles à leur environnement. Cela a suscité des inquiétudes sur d’éventuels effets négatifs du contexte pandémique sur leur comportement.
Une période sensible pour le développement des enfants
Des études précédentes ont montré une augmentation du stress psychologique chez les adultes pendant la pandémie. En revanche, les recherches sur les enfants ont donné des résultats contradictoires : certaines ont observé un développement accru de certaines compétences, d’autres aucune différence notable.
Mieux comprendre l’impact de la pandémie
Cette étude avait pour but de mieux comprendre les effets de la pandémie sur les troubles « internalisés » (comme l’anxiété, la dépression, l’isolement) et « externalisés » (agressivité, hyperactivité, transgression des règles) chez les tout-petits. Ces problèmes peuvent avoir unimpact important sur leur santé mentale et leur capacité à interagir socialement.
Un impact sur les tout-petits moins important qu’attendu
Les chercheurs ont utilisé les données du programme américain ECHO, qui suit des enfants issus de milieux géographiques et sociaux variés. L’étude a porté sur 3438 enfants âgés de 18 à 39 mois répartis en trois groupes :
- Avant la pandémie : nés et évalués avant le début de la crise sanitaire
- Évalués pendant la pandémie : nés avant mais évalués pendant la pandémie
- Nés pendant la pandémie : à la fois nés et évalués pendant celle-ci
Pour les problèmes internalisés (anxiété, tristesse, retrait, etc.) :
Le groupe « évalué pendant la pandémie » présentait des scores inférieurs d’environ 1,7 points (modèle ajusté) comparé au groupe prépandémie. Le groupe « né et évalué pendant la pandémie » avait aussi des scores plus bas (≈ 1,9 point) sur ces mêmes problèmes que le groupe prépandémie. Pour les problèmes externalisés (agressivité, hyperactivité, nonrespect des règles, etc.) : Le groupe « évalué pendant la pandémie » avait des scores d’externalisation inférieurs d’environ 1,8 points par rapport au groupe prépandémie. Le groupe né pendant la pandémie avait une réduction plus marquée : environ 3,2 points de moins que le groupe prépandémie.
Un autre résultat important : l’effet ( la baisse des troubles) est plus prononcé chez les enfants dont la mère n’a pas de diplôme de niveau Bachelor. Les chercheurs évoquent avec prudence que les familles moins éduquées ont peut-être offert un cadre plus stable durant la pandémie, car elles ont subi moins de changements dans leur mode de vie.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 19 septembre 2025