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Pénibilité des métiers de la petite enfance : lettre ouverte du SNPPE au Premier ministre

À l’occasion de l’ouverture de la Conférence nationale sur le Travail et les Retraites, le Syndicat National des Professionnel·le·s de la Petite Enfance (SNPPE) tire la sonnette d’alarme dans un communiqué. Les métiers de la petite enfance, exercés à près de 97 % par des femmes, restent ignorés dans les dispositifs de reconnaissance de la pénibilité, alors que leurs conditions sont épuisantes aussi bien sur le plan physique qu’émotionnel.

Ce mardi 4 novembre s’ouvre la conférence nationale sur le Travail et les Retraites. Elle débute par une réunion avec les partenaires sociaux tandis que les députés commencent ce même jour l’examen, en séance publique, du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026. À cette occasion, le SNPPE attire l’attention sur un angle mort des discussions : la pénibilité structurelle des métiers de la petite enfance. « Jusqu’à quand les professionnelles de la petite enfance devront-elles continuer à vieillir plus vite que les autres, dans l’indifférence générale ? »,  s’interroge le syndicat. Malgré leur féminisation massive, ces professions restent absentes de toutes les grilles de reconnaissance existantes.

Des chiffres préoccupants

Les données de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) pour 2023 mettent en lumière une situation préoccupante. On recense 3 089 accidents du travail, en hausse de 9 % sur un an, 930 accidents de trajet (+16 %), et 166 maladies professionnelles reconnues (+44 %). Ces incidents ont entraîné plus de 241 000 journées perdues pour cause d’accidents et plus de 53 000 journées perdues liées aux maladies professionnelles.

Des contraintes physiques quotidiennes

Les principales causes sont la manutention manuelle, les chutes de plain-pied et les affections périarticulaires ou lombalgies. Elles « traduisent la violence physique quotidienne de ces métiers : port répété d’enfants et de charges lourdes, postures contraignantes, gestes répétitifs, travail au sol, bruit constant, stress émotionnel et exposition à l’agressivité.» Par ailleurs, ces statistiques ne concernent que les structures privées relevant du régime général. Elles excluent : «les crèches publiques territoriales relevant de la CNRACL, les EAJE hospitaliers relevant de la fonction publique hospitalière, et les crèches rattachées aux structures médico-sociales (ESMS) accueillant de jeunes enfants sous d’autres codes NAF.» Autant dire que la réalité pourrait être encore plus alarmante.

Une pénibilité « reconnue, mesurée et compensée »

Face à cette situation, le SNPPE demande que la conférence nationale :

  • « intègre la pénibilité des métiers de la petite enfance dans ses travaux, en s’appuyant sur les indicateurs de sinistralité et les remontées de terrain des inspections du travail et des PMI ;
  • ouvre une réflexion sur la prise en compte de la pénibilité dans les métiers féminisés à forte charge physique et émotionnelle ;
  • associe le SNPPE aux travaux aux côtés des grandes centrales syndicales pour apporter son expertise de terrain ;
  • reconnaisse la spécificité des parcours professionnels féminins, marqués par les temps partiels imposés, les carrières discontinues et l’usure prématurée des corps.»

Le syndicat insiste : il ne s’agit pas de demander un traitement particulier, mais de reconnaître des faits objectifs. « La petite enfance peut et doit servir d’exemple pour repenser la prise en compte de la pénibilité dans les métiers à prédominance féminine.» Il conclut : « Monsieur le Premier ministre, Les professionnel·le·s de la petite enfance ne peuvent pas, une fois encore, être les oubliées d’une réforme des retraites pensée sans elles. Elles accueillent nos enfants, soutiennent les familles, et tiennent debout des services essentiels à la cohésion sociale. Leur pénibilité doit être reconnue, mesurée et compensée.»

Candice Satara

PUBLIÉ LE 04 novembre 2025

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7 réponses à “Pénibilité des métiers de la petite enfance : lettre ouverte du SNPPE au Premier ministre”

  1. brinsdekozette dit :

    Et bien espérons que cela fonctionne car en effet la pénibilité n’est pas reconnue et les grilles salariales sont une énigme pour moi sachez qu’une directrice adjointe peut gagner moins qu’une auxiliaire de puériculture selon son ancienneté. Quand on voit les responsabilités que nous avons j’avoue ne pas tout comprendre sans ..parler de la fin de carrière qui ne laisse pas vraiment beaucoup d’options.
    Je suis éducatrice de jeunes enfants j’ai été auxiliaire de puériculture et encore avant CAP petite enfance et j’ai commencé à travailler dans un autre métier à 16 ans quand je regarde ma retraite a priori on ne me laisse pas partir avant 65 ????? Je ne suis pas sûre de tenir jusque-là.
    Je suis parfois interloquée par les taux dencadrement réglementaires qui je rappelle sont de 1 adultes pour 5 non marcheurs et 8 pour les marcheurs ou 6 tout confondus…quand certains parents ont déjà des difficultés à éduquer 1 enfant, on a beau avoir de l’expertise et du courage, je laisse imaginer la fatigue….quant aux directions, on nous demande de plus en plus de choses, tout en étant en section…bref, puissions-nous être entendues pour une fois..
    Je précise que j’adooore mon métier, j’aimerais juste un peu plus de reconnaissance pour mes fonctions et celle de l’équipe, pour la pénibilité auquel nous sommes à toutes confrontées et un droit à la retraite légèrement anticipé comme pour toutes les métiers à forte pénibilité

  2. valerie.amand_13675 dit :

    Vous parlez des métiers de la petite enfance, pour avoir enfin une reconnaissance. Jusqu a présent c est sur papiers uniquement comme la médecine du travail. Vous parlez des crèches et secteur hospitalier, mais où sont les assistantes maternelle à domicile. On subit la même penibilites, charges lourdes, travail et changes au sol. Nous sommes seul à travailler, aucune collègues pour prendre le relais.
    Ns ne connaissons pas les arrêts, sinon nous subissons un licenciement par la suite.

  3. Steve dit :

    Je vois que seul l’écriture exclusive et le féminin sont employés dans l’article. Il faudrait peut-être se poser la question de la parité dans ses métiers. L’industrie, la police, l’armée, la médecine ont réussi à réduire les différences hommme/femme il n’y a pas de raison que les métiers de la Petite enfance constitue une exception sexiste.

  4. Nathalie Durand dit :

    Bonjour et nous les atsems nous demandons aussi ces jours de pénibilité .Depuis la scolarisation des 3 ans nombreux sont les enfants en couches 10/jour debout toute la journée dans le bruit le stress lors de l’endormissement 41 enfants pour une seule personne ! Puis vient le ménage aspirer laver ranger et pourtant pas de considération .On attend avec impatiente des jours de pénibilité qui serait bienvenus.

  5. Sylvie Lecacheur dit :

    Oui , on parle rarement des assistantes maternelles (33ans de métier).Encore 16 trimestres,c’est loin encore! Mon dos, mes cervicales quand nous portons les enfants 3 fois par jours X 4, nous en faisons combien de manipulation ?et quand il manque un contrat et qu’il faut s’inscrire à France travail même si URSSAF a tout? (Normalement)? Bien non c’est un casse tête. J’en ai dégagée des cotisations hein ! Pour quelle indemnité au final ! C’est scandaleux. Nous sommes oubliées, et pourtant ça rapporte, la preuve cette année , ils changent les prestations, – 2000€ pour les familles, et nous ! C’est abusé ! Le gouvernement taxe sur les petits encore une fois. Le métier est en perdition, les rares mamans que je lance dans le métier ne tiennent pas 2 ans * Trop difficiles ! Trop de manipulations ! Trop à gérer …
    Pour ma part, j’ai fait une carrière remarquable que je ne regrette pas, la différence de l’attitude des enfants de 1990 et maintenant 2025, ça n’a rien avoir! Ils faut les éduqué, les parents dépassaient par leur enfant baisse vite les bras et tenez , on vous le laisse à éduquer ? Mais ce n’est pas notre rôle , surtout au prix de 4,68 . Personne ne veut de se métier . Et pourtant je referai mais différemment.
    Au travail cher GOUVERNEMENT ! Pensée un peu à nous. Sans nous tapez sur le dos , nous avons assez mal !

  6. m s dit :

    ça fera 30 ans en janvier que je travaille en crèche fonction publique. j’ai depuis 2 mois des douleurs permanentes dans le dos et pourtant j’ai pas le choix de travailler. j’ai plusieurs collègues aussi douleurs épaules, genoux….non seulement on n’est pas reconnu comme profession difficile mais on nous a rajouté des années. on m’annonce une retraite à 67 ans et j’ai commencé à 22 ans. tous ces gens qui nous gouvernent ne savent pas ce qu’est travailler et ont des gens comme nous pour s’occuper de leurs enfants et leur ménage … ils ne se rendent pas compte mais on finira tous plus ou moins mal et ça leur coutera plus cher en soin qu’en retraite!!

    • Marie Racine dit :

      Reconnaître la.penibilite est évident…mais ou est la.prevention .au lieu de faire des arrêts maladie à la pèle, pourquoi nous n avons pas.encore intégré il faut prendre soin des professionnels, avec du temps et des espaces de détente, yoga, relaxation au sein des structures … on est au 21 e siècle ! …ca coûterait moins cher et serait plus efficace pour tous.ces professionnels qui donnent et qui n’ont jamais de temps.pour eux.
      Que fait la médecine du travail ? Pour prendre soin des enfants ,adultes de demain…. il faut des professionnels en forme et équilibrés.. on.fait toujours les calculs dans le mauvais sens.

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