Pourquoi certains bébés pleurent plus ? Une explication en grande partie génétique
Durant les premiers mois de vie, les nourrissons dorment et pleurent de manière très variable. Une étude suédoise récente met en lumière l’influence prédominante des facteurs génétiques sur les pleurs, mais aussi le rôle de l’environnement dans la qualité du sommeil. Ces résultats offrent un éclairage utile aux professionnels de la petite enfance pour mieux accompagner les familles.
Cette étude menée sur 1 000 jumeaux suédois montre que les pleurs des nourrissons sont en grande partie influencés par la génétique. À 2 mois, les gènes expliquent environ 50 % de la variation dans la durée des pleurs quotidiens, et jusqu’à 70 % à 5 mois. Les facteurs environnementaux propres à chaque enfant expliquent le reste, mais sont plus difficiles à cerner.Ces résultats suggèrent que les parents ont une influence limitée sur la quantité de pleurs, ce qui peut les aider à mieux vivre ces périodes parfois éprouvantes.
Le sommeil : un facteur plus sensible à l’environnement
Contrairement aux pleurs, le sommeil des nourrissons — notamment le nombre de réveils nocturnes et la capacité à s’endormir — est surtout influencé par l’environnement. À 2 mois, les routines et le cadre de sommeil jouent un rôle clé. À 5 mois, les gènes commencent à intervenir davantage dans la rapidité d’endormissement, en lien avec la maturation du cerveau. Les rythmes biologiques se mettent progressivement en place : dès 4 mois, un rythme jour-nuit s’installe, le sommeil nocturne augmente, et les siestes diurnes se réduisent.
Une évolution naturelle mais très variable
Les durées de pleurs diminuent naturellement avec l’âge : de 78 à 133 minutes par jour dans les premières semaines, elles chutent à 34–66 minutes après 3 mois. De même, les réveils nocturnes tendent à diminuer sur la première année. Malgré ces tendances générales, les différences entre enfants restent marquées. Certains nourrissons continuent de mal dormir au-delà de la première année, ce qui peut avoir un impact sur leur développement comportemental et cognitif.
Accompagner les familles face à l’impuissance ressentie
L’intensité des pleurs et les troubles du sommeil ont des répercussions émotionnelles sur les parents, souvent désorientés et peu soutenus. Comprendre que certains comportements sont génétiquement déterminés permet de réduire la culpabilité parentale et d’orienter l’accompagnement vers des soutiens concrets et bienveillants.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 10 juillet 2025