Qualité d’accueil : des annonces insuffisantes pour Pas de bébés à la consigne
Si le Collectif Pas de bébés à la consigne reconnaît que « le gouvernement fait des premiers pas » concernant la qualité d’accueil, il estime toutefois que « le compte n’y est toujours pas ! ». Et prévient qu’il invitera les professionnels de la petite enfance et les parents à se mobiliser dès les premières semaines de septembre.
Peut mieux faire. C’est en résumé ce que pense Pas de bébés à la consigne des annonces de Jean-Christophe Combe fin juin relatives à la qualité d’accueil. Dans un communiqué en date du 10 juillet, le Collectif revient sur les mesures, selon lui, qui manquent de précision ou qui pourraient conduire à des inégalités.
Attractivité des métiers de la petite enfance : gare aux différences de traitement entre les pros
En premier lieu, le collectif aborde le sujet des revalorisations salariales. Il regrette que les précisions sur les augmentations se limitent aux salariés du secteur associatif et que, pour ceux du secteur public, elles passent par le régime indemnitaire. Il note également qu’aucun détail n’a été donné concernant les pros du secteur privé lucratif et les assistantes maternelles. « Les taux d’augmentation seraient différents selon les professions », indique-t-il aussi. Et fait remarquer : « les annonces créeraient donc des inégalités entre professionnel.les et selon les secteurs. ».
Ce que souhaite le collectif : + 10% d’augmentation pour tous et dans tous les secteurs (en points d’indice dans la fonction publique).
Taux d’encadrement et taille des groupes d’enfants : la crainte de « disparités de qualité »
A propos du 1 adulte pour 5 enfants, Pas de bébés à la consigne signale que cette mesure n’est inscrite telle quelle dans aucun document ministériel. Au regard des termes employés, « On ne toucherait donc pas aux taux réglementaires actuels, ce sont les modes d’accueil qui seraient incités à aller au‐delà : on pourrait donc avoir des modalités d’accueils à plusieurs vitesses selon le choix des gestionnaires… », en déduit le collectif. Ce qui pourrait conduire, selon Pas de bébés à la consigne, à « des disparités de qualité pour les bébés et leur famille selon les établissements. »
Ce que souhaite le collectif : un taux d’1 adulte pour 5 enfants inscrit dans la réglementation dès à présent et effectif au plus tard en 2027.
Formation des professionnels de la petite enfance : il faut clarifier !
Sur la formation des pros, Pas de bébés à la consigne juge que les annonces sont encore trop floues, et notamment : quid de la durée de formation concernant le socle de compétences et quid du nombre d’heures supplémentaires d’analyse de pratique. « Aucune mesure d’urgence n’est prise pour engager la formation dès la rentrée des milliers de professionnel.les manquant.es dans les crèches », pointe-t-il également du doigt.
Ce que souhaite le collectif : l’arrêt du recours à des personnels sans aucune qualification ni expérience, la formation en urgence de milliers de professionnel.les dès la rentrée, l’inversion du ratio 40/60 en faveur des professions diplômées, l’élévation progressive vers le niveau IV a minima de l’ensemble des formations, un minimum d’une séance mensuelle d’analyse de la pratique par professionnel.le et l’exigence d’une formation continue digne de ce nom.
« Le gouvernement a esquissé des premiers pas mais ces annonces ne sont toujours pas à la hauteur de l’urgence pour rétablir la qualité d’accueil, ni des préconisations de l’IGAS et des revendications des professionnels petite enfance », conclut-il son communiqué. Et annonce d’ores-et-déjà, une mobilisation pour la rentrée.
Télécharger ci-dessous le communiqué de Pas de bébés à la consigne
Communiqué du 10 juillet 2023 de Pas de bébés à la consigne
https://lesprosdelapetiteenfance.fr/sites/default/files/communique_pasdebbconsigne_10juillet2023_1.pdf
CF
PUBLIÉ LE 11 juillet 2023
MIS À JOUR LE 14 juillet 2023