Recommandations : dépistage des frères et sœurs en cas de violence physique présumée sur un enfant
Dans une déclaration de consensus internationale dirigée par des chercheurs de l’UCL et du Great Ormond Street Hospital for Children (GOSH) et publiée en ligne le 6 mars dans JAMA Pediatrics, des recommandations ont été présentées concernant le dépistage radiologique des « enfants contacts » dans le contexte de la maltraitance physique des enfants.
L’équipe qui a rassemblé 27 chercheurs de six continents différents, appelle à un changement de politique afin d’éviter que des blessures discrètes ne soient manquées chez les enfants contact (c’est-à-dire des frères et sœurs, des enfants cohabitants ou des enfants qui sont sous la même garde) et pour aider à prévenir d’autres abus.
La violence physique est une cause fréquente mais évitable de morbidité et de mortalité infantile.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 300 millions d’enfants âgés de 2 à 4 ans subissent régulièrement des châtiments physiques et/ou des violences psychologiques de la part de leurs parents et/ou de soignants. Les auteurs rapportent également que dans 37 % des cas, on identifie une violence physique à la fois chez l’enfant index (c’est-à-dire présentant initialement une suspicion de maltraitance physique) et les enfants contact. Or il n’existe aujourd’hui aucun consensus permettant de dépister la maltraitance physique chez les enfants contacts.
Un dépistage systématique des enfants contacts
Cette déclaration de consensus international, publiée dans JAMA Pediatrics , appelle au dépistage radiologique de routine des enfants de contact dans le contexte de maltraitance physique présumée d’enfant.
Il recommande que les enfants de contact âgés de moins de cinq ans subissent un examen physique approfondi, en accordant une attention particulière à la peau, aux oreilles, à l’oropharynx (gorge), aux organes génitaux et à la croissance. Les auteurs indiquent que « l’évaluation radiologique des enfants contact est souvent omise ou effectuée de manière variable, ce qui permet aux blessures de passer inaperçues ce qui augmente le risque de nouveaux abus ». Ils préconisent donc que tous les enfants contact subissent un examen physique approfondi et qu’on se penche sur leurs antécédents avant l’examen d’imagerie.
Les enfants contacs de moins d’un an doivent bénéficier d’une neuroimagerie, idéalement une imagerie par résonance magnétique (IRM )ainsi qu’un examen squelettique. Ceux âgés de 12 à 24 mois doivent subir un examen du squelette. Aucune imagerie de routine n’est indiquée pour les enfants asymptomatiques âgés de plus de 24 mois. Des résultats positifs parmi les contacts doivent déclencher une enquête pour maltraitance.
Isabelle hallot
PUBLIÉ LE 24 mars 2023
MIS À JOUR LE 15 mai 2023