Régime végétarien ou végétalien : quel impact sur la croissance des bébés ?
La petite enfance, en particulier les 1000 premiers jours de vie, constitue une période déterminante pour la croissance et le développement. Alors que les pratiques alimentaires familiales évoluent et que les régimes limitant ou excluant les produits animaux sont de plus en plus adoptés, des questions émergent quant à leur adéquation avec les besoins nutritionnels spécifiques du nourrisson. Cette étude de grande ampleur publiée dans JAMA network apporte des éléments de réponse rassurants tout en soulignant l’importance de la qualité nutritionnelle des régimes végétaux en début de vie.
Dans cette étude le terme alimentation végétale est utilisé comme un terme générique regroupant deux types de régimes distincts. L’alimentation végétarienne exclut la viande et le poisson, mais inclut les produits laitiers et/ou les œufs. L’alimentation végétalienne exclut l’ensemble des produits d’origine animale. Cette distinction est particulièrement importante en petite enfance, car les enjeux nutritionnels diffèrent selon que l’alimentation inclut ou non des produits animaux. Les résultats sont donc analysés séparément pour les familles végétariennes et végétaliennes.
L’objectif des chercheurs était d’évaluer si les différents régimes alimentaires familiaux omnivore, végétarien ou végétalien sont associés à des différences de croissance taille poids périmètre crânien et de statut nutritionnel chez les nourrissons de la naissance jusqu’à l’âge de 24 mois.
Plus d’un million d’enfants étudiés
Cette étude de cohorte rétrospective repose sur les données de 1 198 818 nourrissons suivis dans un réseau national de centres de santé infantile en Israël entre 2014 et 2023. Les enfants nés à partir de 32 semaines de gestation sans pathologie congénitale majeure ont été suivis jusqu’à l’âge de deux ans. Le régime alimentaire familial a été déclaré après les six premiers mois de vie.
Croissance globalement comparable avec des variations transitoires en début de vie
La croissance globale montre que les différences de taille de poids et de périmètre crânien entre les nourrissons issus de familles omnivores, végétariennes ou végétaliennes sont très faibles et cliniquement négligeables. En début de vie chez les nourrissons de familles végétaliennes le risque d’insuffisance pondérale et de retard de croissance est légèrement plus élevé au cours des premiers mois, mais ces situations restent rares. À 24 mois, les écarts observés en début de vie s’estompent. Les indicateurs de retard de croissance, de maigreur et de surpoids deviennent rares et comparables entre les trois groupes alimentaires.
Ce que ces résultats signifient pour la petite enfance
Dans un pays à haut niveau de développement une alimentation familiale végétale qu’elle soit végétarienne ou végétalienne peut être compatible avec une croissance normale du nourrisson. Toutefois, les résultats montrent que le régime végétalien plus restrictif nécessite une attention particulière durant la grossesse et les premiers mois de vie. Un accompagnement nutritionnel adapté incluant une supplémentation ciblée notamment en vitamine B12 ainsi qu’un suivi régulier de la croissance sont essentiels pour soutenir un développement optimal. Cette étude suggère qu’une alimentation familiale végétale bien planifiée peut soutenir une croissance satisfaisante en petite enfance. Elle rappelle néanmoins que plus le régime est restrictif plus la qualité nutritionnelle la prévention des carences et le suivi médical sont déterminants pour la santé du nourrisson.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 10 février 2026