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Repas des tout-petits : des nutriments mais aussi des contaminants

Si l’alimentation apporte les nutriments indispensables à la croissance et au développement de l’enfant, elle peut aussi être une source d’exposition à certains contaminants. Présents dans les sols, l’eau ou l’air, ceux-ci peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire. Une étude suédoise publiée le 25 septembre dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology s’est penchée sur l’exposition des jeunes enfants à ces substances.

305 enfants de 18 mois et 288 enfants de quatre ans ont participé à l’étude via une enquête nationale sur l’alimentation. Les familles ont renseigné les repas consommés pendant deux jours. L’équipe a ensuite mesuré les concentrations d’éléments toxiques (arsenic, cadmium, cobalt, plomb, mercure) et essentiels (cuivre, manganèse, sélénium et zinc) dans le sang et les urines des enfants.

Des aliments intéressants, mais aussi source de contaminants

L’alimentation constitue l’une des voies d’exposition des jeunes enfants à certains métaux présents dans l’environnement. Les chercheurs ont recherché plusieurs contaminants, dont l’arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure. Une exposition trop élevée à ces métaux peut avoir des effets sur la santé notamment sur le développement neurologique, la croissance ou encore certaines fonctions de l’organisme. Dans cette étude, leurs concentrations dans le sang ou les urines des enfants restent toutefois globalement faibles.
Le poisson illustre bien la complexité de la question. Les enfants qui en consomment davantage présentent des concentrations plus élevées de mercure, principalement sous forme de méthylmercure. La bonne nouvelle, c’est que le poisson contient aussi du sélénium, un oligoélément essentiel qui participe notamment aux défenses antioxydantes de l’organisme contre la toxicité des métaux. Les auteurs ont constaté même qu’environ la moitié des enfants de l’étude avaient un statut en sélénium insuffisant.

À quatre ans, la consommation de poisson est également associée à des concentrations plus élevées d’arsenic, principalement sous forme d’arsénobétaïne, une forme organique présente dans les produits de la mer qui, contrairement à l’arsenic inorganique, ne présente pas de risque sanitaire identifié aux niveaux d’exposition alimentaire. Les chercheurs relèvent néanmoins de faibles concentrations d’arsenic inorganique associées à la consommation de légumes. Chez l’enfant, une exposition prolongée à des niveaux élevés de ce métalloïde a notamment été associée à des effets sur le développement neurologique et cognitif.
Enfin, à 18 mois, une alimentation comprenant davantage d’alternatives végétales à la viande et au lait, ainsi que des noix et des graines, est associée à une exposition plus importante au cadmium. Ce métal, qui peut notamment être absorbé par les végétaux à partir des sols, s’accumule dans l’organisme lors d’expositions prolongées. Or le cadmium est classé cancérogène pour l’être humain et jouerait un rôle néfaste pour les fonctions cognitives (l’apprentissage et le développement cérébral). Les auteurs appellent donc à mieux étudier sa présence dans certains produits végétaux destinés aux jeunes enfants.

En accueil collectif, varier sans inquiéter

Pour les professionnels de la petite enfance qui s’occupent des repas, l’intérêt de cette étude est de rappeler que la qualité d’un menu ne se résume pas à un seul nutriment ou à un seul contaminant. En France, les recommandations destinées aux moins de trois ans conseillent notamment de varier les espèces de poisson, certaines pouvant contenir davantage de polluants. Elles ne conduisent pas à supprimer le poisson de l’alimentation des jeunes enfants.

Sources :

Consulter l’étude 
Consulter Manger Bouger 

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 29 septembre 2026

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