Violences faites aux enfants : au moindre doute, appelez le 119
Depuis le 12 octobre et jusqu’au 8 novembre 2026, le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées mène avec le 119 Enfance en danger une campagne nationale pour que le 119 devienne un réflexe.
Les violences faites aux enfants peuvent être physiques, sexuelles ou psychologiques. Les négligences graves en font aussi partie : manque de soins, de nourriture ou de sécurité affective. Elles se produisent souvent dans la famille, mais peuvent survenir partout où l’enfant vit. Les répercussions touchent la santé physique et psychique, le développement et les relations avec les autres. Troubles du sommeil, douleurs chroniques, anxiété ou troubles du comportement sont fréquents et les effets peuvent être ressentis jusqu’à l’âge adulte. Le dossier de presse du ministère indique que deux adultes sur dix disent avoir subi des violences dans leur famille ou leur entourage proche, pendant l’enfance. En 2023, la police et la gendarmerie ont enregistré 82800 victimes de violences intrafamiliales non conjugales, dont 63700 victimes de violences physiques et 19100 de violences sexuelles.
Surveiller les changements de comportement
Les violences ne laissent pas toujours de traces visibles. Chez les tout-petits avant 6 ans, elles se traduisent parfois par un changement brutal de comportement comme de l’agitation, de l’opposition, un repli sur soi ou une perte d’intérêt pour le jeu. Les troubles du sommeil ou de l’alimentation, une régression soudaine (propreté, langage, motricité) et des plaintes répétées telles des maux de ventre, de tête ou des malaises doivent aussi alerter. Ces signes ne prouvent pas à eux seuls qu’il y a eu des violences mais ils incitent à se demander ce que vit l’enfant et si besoin, à chercher l’aide adaptée. D’où l’importance d’observer attentivement les enfants et de repérer tout changement inhabituel.
Le 119 même quand on n’est pas sûr
Le message de la campagne est simple : appeler le 119 doit devenir un réflexe. Ce numéro national de prévention et de protection des enfants en danger, ou susceptibles de l’être, est gratuit, confidentiel et joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Un enfant, un adolescent ou n’importe quel adulte inquiet pour un mineur peut l’appeler, qu’il soit proche, voisin ou professionnel. Pas besoin d’avoir des certitudes pour demander un avis. Le service écoute, conseille et oriente. Lorsqu’un danger ou un risque de danger est évalué, les informations sont transmises à la cellule de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (CRIP) du département. Si l’enfant doit être mis à l’abri immédiatement, les services d’urgence sont prévenus. Le 119 est aussi accessible sur allo119.gouv.fr. Les jeunes jusqu’à 18 ans peuvent y discuter par tchat tous les jours de 15 h à 20 h 30, et les professionnels disposent d’un formulaire sécurisé pour signaler une situation. Une plateforme en langue des signes française existe pour les personnes sourdes ou malentendantes. En cas de danger grave et immédiat, il faut appeler les urgences : le 17 ou le 112 pour la police et la gendarmerie, le 18 ou le 112 pour les pompiers, le 15 pour le Samu.
Des outils utiles aux professionnels de la petite enfance
Dans ce dossier de presse on trouve aussi deux ressources pour mieux prévenir et repérer les violences. La première est le Respectomètre de l’association L’Enfant Bleu, un support pédagogique gratuit qui aide les enfants à comprendre et à nommer les situations de violence. Il peut aussi servir à en parler avec les familles et les équipes, notamment en crèche.
La seconde est un module de sensibilisation en ligne, « Situations d’enfants en danger : repérer, écouter, alerter », disponible depuis le 1er octobre 2026 pour les professionnels et bénévoles qui côtoient des enfants et des adolescents. Cette formation gratuite de six heures se suit à son rythme. Elle repose sur des cas pratiques et sur l’éclairage d’experts de la santé physique et mentale, du travail social, de l’éducation et de la justice.
Ces outils font partie du plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027 qui vise à prévenir les violences, à mieux les repérer et à protéger les enfants concernés. La campagne le rappelle : quand un enfant semble en danger, on ne reste pas seul avec ses questions. Demander conseil est déjà une première façon de le protéger.
Source : Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, octobre 2026.
119 : https://www.allo119.gouv.fr/.
Respectomètre : https://enfantbleu.org/respectometre/.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 20 octobre 2026