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Microplastiques : face aux modifications potentielles du comportement en cas d’exposition, la prévention s’impose chez les tout petits

Une étude réalisée par les chercheurs de l’Institute for Neuroscience de l’Université de Rhode Island aux Etats-Unis a permis d’observer les effets des microplastiques sur les souris et plus particulièrement  leur impact neuro-comportemental et la réponse inflammatoire. Publiés début août dans la revue scientifique International Journal of Molecular Sciences, ces travaux concluent à des changements de comportement chez les souris testées. Une observation potentiellement inquiétante pour l’humain, tant l’exposition à ces substances est élevée dès la petite enfance.


Plusieurs études l’avaient déjà démontré… Les microplastiques sont partout y compris dans le lait maternel et les selles des nouveaux-nés. D’où l’importance des travaux publiés en août dernier par l’Institute for Neuroscience de l’Université de Rhode Island. Au cœur de leur recherche, une question : quel impact ont réellement ces substances sur nos comportements ?


Des changements de comportement

Pour arriver à leurs conclusions, les chercheurs ont exposé des souris jeunes et des souris âgées à différents niveaux de microplastiques dans de l’eau potable durant 3 semaines. Les souris étudiées ont alors commencé à bouger et à se comporter de manière particulière, présentant des comportements proches de la démence chez les humains. Les résultats étaient encore plus importants chez les souris les plus âgées.


Une accumulation de microplastiques, reponsable de maladies neurodegeneratives ?

Suite à cette exposition, les microplastiques ont été retrouvés dans différents organes digestifs, le cœur, la rate et les poumons, mais également le cerveau des animaux observés. Selon les chercheurs, cette infiltration cérébrale pourrait provoquer une diminution de la protéine acide fibrillaire gliale (appelée « GFAP »), une protéine qui soutient de nombreux processus cellulaires dans le cerveau. Or, une diminution du GFAP a été associée aux premiers stades de certaines maladies neurodégénératives, notamment des modèles murins de la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’à la dépression.


Limiter le risque chez les tout-petits

Au regard de ces conclusions, la prévention semble s’imposer, notamment dès les premier mois de vie. Et pour cause : une étude irlandaise avait montré que les bébés de 12 mois avalaient en moyenne 1,5 millions de microplastiques via l’alimentation au biberon. Les chercheurs conseillaient pour diminuer le taux de microplastiques de :

  • rincer les biberons trois fois à l’eau stérilisée froide après stérilisation,
  • préparer la poudre de lait dans un récipient qui ne serait pas en plastique, avant de verser le liquide refroidi dans le biberon,
  • ne ne pas trop secouer le biberon, et ne pas le mettre au micro-ondes,
  • ne pas utiliser de bouilloire électrique en plastique pour chauffer l’eau.


Source : Gaspar, L.; Bartman, S.; Coppotelli, G.; Ross, J.M. Acute Exposure to Microplastics Induced Changes in Behavior and Inflammation in Young and Old Mice. Int. J. Mol. Sci. 2023, 24, 12308. https://doi.org/10.3390/ijms241512308

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 31 août 2023

MIS À JOUR LE 02 septembre 2023

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