Neurodéveloppement : des facteurs de risque identifiables dès la naissance
Une étude nationale de grande ampleur identifie des facteurs prénataux et périnataux associés aux troubles du neurodéveloppement dans l’enfance. Elle met en évidence un socle de risques communs et des profils spécifiques, avec des repères directement mobilisables par les professionnels de la petite enfance.
Les chercheurs ont analysé les données de 6,8 millions d’enfants nés en France entre 2010 et 2018, suivis pendant environ neuf ans. Parmi eux, 7,5 % présentent au moins un trouble du neurodéveloppement. Les chevauchements sont fréquents.
Plus d’un enfant sur deux avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme présente aussi un autre trouble. Un tiers des enfants avec un trouble de l’attention est concerné par une cooccurrence, c’est-à-dire la présence simultanée de plusieurs troubles chez un même enfant. Ces données confirment que les troubles ne se présentent pas de manière isolée.
Sept facteurs de risque communs
L’étude identifie un noyau de facteurs présents dans plusieurs troubles. Leur présence n’entraîne pas systématiquement des difficultés, mais elle augmente le niveau de vigilance à adopter. Les principaux facteurs sont :
– le sexe masculin
– la prématurité
– un petit poids pour l’âge gestationnel
– les malformations congénitales
– l’obésité maternelle
– l’exposition prénatale à l’alcool et au tabac
– un jeune âge maternel
Plus ces facteurs sont associés, plus le risque de difficultés de développement augmente.
Des signaux plus spécifiques pour certains troubles
Certains facteurs sont plus fortement liés à des troubles précis, en particulier la déficience intellectuelle. Les signaux les plus associés sont :
– la grande prématurité
– un petit poids pour l’âge gestationnel
– les malformations congénitales
– une hypoxie néonatale
– un âge parental avancé
Ces éléments permettent d’affiner la vigilance selon le profil de l’enfant.
Des facteurs qui agissent ensemble
Les résultats montrent que les facteurs de risque se cumulent et interagissent. Pris isolément, ils ont une valeur limitée. C’est leur combinaison qui est la plus informative. Certaines associations deviennent moins marquées lorsque l’on tient compte de l’ensemble des facteurs, ce qui confirme la complexité des trajectoires de développement.
Des repères pour ajuster la vigilance
Une attention particulière peut être portée aux enfants nés prématurément, avec un faible poids ou exposés à des facteurs de risque pendant la grossesse. L’enjeu est d’observer leur développement dans la durée, de repérer d’éventuels écarts et d’orienter si nécessaire, sans anticiper de diagnostic.
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 29 avril 2026