Etude : un lien possible entre la curiosité des nourrissons et leur développement cognitif
Autrefois perçu comme un défaut, la curiosité apparaît de nos jours comme une qualité favorisant les apprentissages et l’épanouissement du jeune enfant. Mais tous les bébés sont-ils égaux face à la curiosité ? Et cette soif de s’intéresser à ce qui les entoure reste-elle constante dans le temps ? Lisa Feigenson, codirectrice du laboratoire de l’Université Johns Hopkins pour le développement de l’enfant, a mené une expérimentation pour le savoir. Voici les résultats de l’étude.
La curiosité avait été étudiée chez des enfants plus grands et les adultes. Lisa Feigenson s’est, elle, intéressée aux tout-petits qui ne parlent pas encore et a inclus dans son étude 65 bébés. Elle a montré aux petits alors âgés de 11 mois plusieurs scènes comportant des jouets. Soit le jouet se comportait de manière ordinaire, soit il se comportait de façon surprenante semblant traverser un mur.
Une continuité des attitudes
Les bébés face à des objets inattendus sont plus ou moins captivés et réagissent chacun différemment soit en étant captivés soit en étant indifférents. Toutefois, les auteurs de l’étude ont remarqué qu’ils gardent une constance entre deux expériences espacées de 6 mois. Ce qui les a surpris c’est « que les bébés qui regardaient très longtemps les objets magiques à 11 mois étaient les mêmes bébés qui regardaient très longtemps les objets magiques à 17 mois ». Est-ce que cela pouvait prédire de leur future capacité cognitive ? Pour y voir plus clair, l’équipe voulait revoir les participants à l’âge de 3 ans. Avec la pandémie de Covid-19 cela n’a pas été réalisable et ils ont choisi d’envoyer aux parents des questionnaires de curiosité standardisés.
Le résultat a montré que les bébés les plus captivés par les objets magiques étaient les enfants que les parents considéraient comme les plus curieux en termes de recherche d’informations et de résolution de problèmes à 3 ans – « le type de curiosité le plus susceptible d’aider les enfants à découvrir le monde. »
L’équipe prévoit de poursuivre le suivi avec cette cohorte pour voir si les différences individuelles entre enfants perdurent dans le temps. Les nourrissons les plus intéressés deviendront-ils les plus curieux au collège ? Ceux avec le QI le plus élevé ?
Source : Johns Hopkins University
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 06 juillet 2021