Accueil individuel : l’Ufnafaam salue le rapport de l’Igas mais alerte sur trois mesures
L’Ufnafaam vient de publier un communiqué, en réaction au rapport de l’Igas sur l’accueil individuel, enfin rendu public ce lundi 8 septembre, après de longs mois d’attente.
L’association se réjouit qu’un « certain nombre de propositions sont porteuses d’espoir et pourraient améliorer concrètement les conditions d’exercice des assistantes maternelles. »
Et de citer la mesure 9 qui prévoit d’anticiper le versement du chômage en cas de rupture pour non-paiement de salaire ; ou bien la mesure 10 qui permettrait aux RPE d’organiser les remplacements entre assistantes maternelles pour faciliter leur accès à la formation ; la mesure 4 qui suggère de revaloriser l’indemnité d’entretien pour tenir compte des tâches réalisées en dehors de la présence des enfants ; ou encore les mesures 20 à 23 autour des crèches familiales.
Des avancées structurelles positives
L’Ufnafaam salue également les évolutions structurelles proposées : la création d’un comité interministériel de l’enfance (n°24) ; ou l’intégration des assistantes maternelles dans les parcours de professionnalisation communes avec d’autres métiers de la petite enfance (n°32 et 33). Elle estime que ces orientations «vont dans le sens d’une meilleure reconnaissance et d’une cohérence accrue au sein du secteur ».
Trois points d’alerte
En revanche, l’association tient à alerter sur trois mesures qui pourraient entraîner « des conséquences qui ne sont pas toujours mesurées dans le rapport ».
- La recommandation visant à rapprocher le statut des Mam de celui des Eaje suscite de vives interrogations et inquiétudes. Si les Mam peuvent accueillir jusqu’à 20 enfants, elles devront répondre aux mêmes obligations que les micro-crèches ou Eaje. « Si en effet, on se dirige vers un seul modèle, il est indispensable de garantir les mêmes moyens humains et financiers sinon, c’est risquer de fragiliser un système déjà sous tension et de décourager les vocations », alerte l’Ufnafaam. Pour l’association, les Mam doivent être reconnues pour leurs spécificités et non systématiquement comparées aux crèches, comme si elles étaient un modèle « par défaut ». « Interrogeons-nous sur l’apport des spécificités que peuvent offrir les maisons d’assistants maternels au détriment d’une certaine stigmatisation quand elles sont comparées avec les EAJE. Comme si le modèle de la qualité était normé par la crèche.».
- L’augmentation de la formation initiale des assistants maternels. Si l’Ufnafaam soutient la mesure, elle alerte sur le fait que « proposer un seul bloc au départ va nécessairement freiner les candidats qui ne sont pas des étudiants, mais des personnes qui sont souvent en reconversion professionnelle et qui doivent rapidement trouver des ressources financières au sein de ce métier » .
- Imposer un critère d’âge au sein de l’agrément. Une mesure qui « va enrayer une perte de l’employabilité et à terme un départ des assistantes maternelles », souligne l’Ufnafaam.
L’Ufnafaam espère que les mesures proposées feront l’objet des réflexions nécessaires avant le lancement de travaux précipités et que « pour une fois, au regard de la majorité de ces propositions, la vision de ce métier soit construite à long terme avec des mesures permettant d’améliorer efficacement le statut et moins par des petites mesures qui n’entraînent pas de conséquences positives sur la disparition lente, mais régulière de ces professionnelles ».
Pièce jointe :
igas-reaction-ufnafaam-2.pdf
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Laurence Yème
PUBLIÉ LE 09 septembre 2025