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Poussées dentaires : l’essentiel pour les pros

Les poussées dentaires constituent une étape incontournable du développement du jeune enfant. Elles suscitent fréquemment des interrogations tant chez les parents que chez les professionnels de la petite enfance, car elles s’accompagnent d’un comportement inhabituel, d’inconfort et parfois de signaux difficiles à interpréter.

Les poussées dentaires constituent une étape clé du développement du bébé. Elles débutent en moyenne entre 4 et 8 mois mais chaque enfant suit son propre rythme.

Reconnaître les poussées dentaires

Avant même que la dent perce, plusieurs signes peuvent apparaître : salivation abondante, besoin de mordiller, irritabilité, joues rouges, troubles du sommeil ou diminution de l’appétit. Ces manifestations sont courantes, bénignes et transitoires.
Les poussées dentaires peuvent s’accompagner de légers symptômes tels qu’une fièvre modérée jusqu’à 38 °C, des selles plus molles, voire un érythème fessier à cause de l’irritation. En revanche, elles ne provoquent pas de forte fièvre, de diarrhées abondantes, de vomissements répétés ou d’infections ORL ou respiratoires. Le système immunitaire des jeunes enfants étant encore immature, il est fréquent que des infections surviennent par coïncidence durant les poussées dentaires, ce qui peut parfois induire en erreur.
Les professionnels doivent rester vigilants et alerter les parents en cas de fièvre supérieure à 38–38,5 °C, de diarrhées liquides nombreuses, de vomissements, de toux intense ou de douleur d’oreille. Ces signes ne doivent jamais être attribués aux dents et nécessitent un avis médical.

Soulager l’enfant durant les poussées dentaires

L’inconfort lié aux poussées dentaires peut perturber le comportement du bébé : pleurs, agitation, difficultés d’endormissement ou besoin de mordiller. Plusieurs gestes simples, sûrs et efficaces permettent de le soulager. Masser doucement les gencives avec un doigt propre ou un gant froid procure un apaisement rapide. L’utilisation d’un anneau de dentition réfrigéré, mais jamais congelé, est particulièrement pertinente, car le froid atténue la douleur et offre une stimulation agréable pour le bébé. Pour les enfants ayant commencé la diversification alimentaire, des aliments frais tels que compotes ou yaourts froids peuvent également apporter un confort temporaire.
En cas de douleur persistante, un antalgique tel que le paracétamol peut être proposé uniquement sur avis médical et adapté au poids de l’enfant en respectant la réglementation en vigueur liée à l’administration de médicaments dans un lieu d’accueil. À l’inverse, certaines pratiques doivent être écartées. Les gels gingivaux anesthésiants sont aujourd’hui peu recommandés en raison d’une efficacité limitée et de risques en cas d’utilisation excessive. Donner un biberon d’eau sucrée ou de jus pour calmer un bébé expose au risque de caries et ne soulage pas durablement. Proposer des aliments durs à mordiller comme des croûtons de pain ou des morceaux de carotte crue représente un danger réel d’étouffement.

Colliers d’ambre : une pratique à risque

L’utilisation de colliers d’ambre est également déconseillée. Les colliers d’ambre demeurent populaires auprès de certains parents qui les perçoivent comme un remède naturel contre les douleurs dentaires. Aucune preuve scientifique ne démontre une quelconque efficacité antalgique de l’ambre. Le problème majeur ne vient pas de la matière elle-même, mais du fait de placer un collier autour du cou d’un bébé. Les risques associés sont sérieux : étranglement si le collier s’accroche à un objet ou au mobilier, étouffement en cas de rupture du fil et ingestion d’une perle. Dans les années 2000 plusieurs accidents graves ont été documentés et ont conduit la Société Française de Pédiatrie à déconseiller officiellement leur usage.
Des normes ont été mises en place avec nœuds entre les perles, fermoir conçu pour s’ouvrir en cas de traction et notice obligatoire mais elles ne suffisent pas à éliminer le danger. Des rappels de produits continuent d’être signalés, y compris pour des colliers vendus en pharmacie ou en boutique spécialisée en raison de malfaçons ou de contrefaçons. La prudence reste donc indispensable et de nombreuses structures d’accueil du jeune enfant interdisent le port de ces colliers au même titre que tout bijou autour du cou des bébés.

Isabelle Hallot

PUBLIÉ LE 03 décembre 2025

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