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Assistantes maternelles : « quand l’amitié fait tenir le métier »

À travers le podcast « Assistantes maternelles : quand l’amitié fait tenir le métier », quatre assistantes maternelles racontent comment elles ont transformé la solitude de leur métier en une force collective. Une immersion touchante dans un quotidien souvent méconnu, porté par le Relais Petite Enfance (RPE) du Fronsadais.

Elles s’appellent Marine, Cécile, Véronique et Emy. Quatre assistantes maternelles, quatre parcours et un point commun : celui d’avoir trouvé, dans leur rencontre, un soutien précieux pour exercer leur métier. Dans le podcast « Quand l’amitié fait tenir le métier », leurs voix se répondent et dessinent une réalité rarement racontée : celle d’un quotidien exigeant, parfois solitaire, mais aussi traversé par des liens forts.

À l’origine de ce projet, le RPE du Fronsadais, qui accompagne près de 120 assistantes maternelles sur son territoire. « L’idée, c’était de donner à entendre la réalité du métier, au-delà des idées reçues », explique l’animatrice de ce RPE, Delphine Audouin. Pour réaliser ce podcast, elle s’est entourée de deux journalistes locaux, Nelly Deflisque et Jean Berthelot.

Une amitié née au fil des balades

L’histoire commence simplement. « On s’est rencontrées en allant chercher nos enfants à l’école, puis on a découvert qu’on était toutes assistantes maternelles », raconte Cécile. Très vite, les échanges se multiplient, les balades aussi. Le groupe s’élargit peu à peu, au gré des rencontres au relais.

Aujourd’hui, elles se retrouvent presque tous les jours. Un collectif informel, mais essentiel dans leur pratique professionnelle. « Ce ne sont pas que des collègues, ce sont des copines », insiste Cécile.

Rompre l’isolement du quotidien

Car derrière cette amitié, c’est aussi une réponse apportée à l’isolement que vivent de nombreuses assistantes maternelles. Travailler seule à domicile, gérer plusieurs enfants, faire face aux difficultés sans toujours pouvoir échanger : des réalités souvent invisibles. « Quand on a un souci avec un enfant, ça permet d’en discuter. Les autres ont un regard extérieur qu’on n’a pas forcément quand on est la tête dans le guidon », explique Cécile.

Pour Véronique, assistante maternelle depuis près de 20 ans, cet isolement est une réalité bien connue du métier. « On est seule toute la journée, sans collègues autour de nous. Il faut pouvoir tenir dans la durée », confie-t-elle. Avant de rejoindre le groupe, elle a longtemps exercé sans ce soutien quotidien. « Ce qui change tout, c’est de pouvoir échanger, de ne pas garder les choses pour soi ».

Le groupe fonctionne aussi comme un filet de sécurité. Messages, appels, organisation de sorties… « Quand une dit qu’elle n’en peut plus, on sait qu’il faut répondre vite. Parfois, on avance une balade pour se retrouver plus tôt », raconte Cécile.

Donner à voir une autre image du métier

En parallèle de ces liens informels, certaines participent aussi à des analyses de pratiques professionnelles proposées par le RPE et encadrées par une psychologue. Un temps précieux, mais encore peu investi. « On est une dizaine à y aller, sur plus d’une centaine d’assistantes maternelles », observe Cécile.

Au-delà du témoignage, le projet porte aussi une ambition : montrer qu’une autre manière d’exercer est possible. « Ce n’est pas parce que c’est un métier solitaire qu’on est obligées de rester seules », souligne Cécile. Le podcast met ainsi en lumière l’importance des RPE, des collectifs et des espaces d’échange. « On a la chance d’avoir un relais très présent, une psychologue, et de bien s’entendre entre nous », ajoute-t-elle. Pour Delphine Audouin, cette dynamique collective est essentielle : « Ce sont ces liens qui permettent de tenir dans un métier exigeant ».

Le podcast vient donc poser des mots sur des enjeux encore peu explorés dans les métiers de la petite enfance : santé mentale, charge émotionnelle, difficulté à poser des limites. « Ça a permis d’ouvrir les yeux sur la réalité de notre métier », conclut Cécile.

Ecouter le podcast :

NB. La photo d’illustration n’est pas le choix de la rédaction, mais celui des quatre assistantes maternelles du podcast.

Raphaëlle Orenbuch

PUBLIÉ LE 03 mai 2026

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