Aliments ultra transformés à 2 ans : un impact sur les capacités cognitives à 6 ans
Une étude brésilienne menée auprès de plus de 4 000 enfants montre qu’une alimentation riche en aliments ultra transformés à l’âge de deux ans est associée à de moins bons résultats cognitifs quelques années plus tard. Les chercheurs soulignent l’importance des habitudes alimentaires précoces dans le développement de l’enfant.
Des chercheurs brésiliens ont analysé les données de la cohorte de naissance de Pelotas, un vaste suivi d’enfants nés en 2015 au Brésil. L’objectif était de comprendre si les habitudes alimentaires à deux ans pouvaient avoir un lien avec le QI entre 6 et 7 ans. L’étude a porté sur 4 275 enfants. Les habitudes alimentaires ont été évaluées grâce à des questionnaires remplis par les familles. Quelques années plus tard, les enfants ont passé des tests standardisés mesurant différentes capacités cognitives, notamment le raisonnement, la mémoire et la compréhension.
Deux profils alimentaires identifiés
Les chercheurs ont distingué deux grands profils alimentaires.
• Le premier, considéré comme plus équilibré, comprenait notamment des fruits, des légumes, des haricots, des petits pots pour bébés et des jus de fruits naturels.
• Le second regroupait surtout des aliments jugés malsains, ultra-transformés : biscuits sucrés, bonbons, sodas, nouilles instantanées, charcuteries, snacks industriels et produits très riches en sucre, en sel ou en matières grasses.
Un QI plus bas chez les enfants ayant consommé des aliments ultra-transformés
Les résultats montrent que les enfants consommant le plus d’aliments ultra-transformés à deux ans obtenaient en moyenne de moins bons scores aux tests de QI entre 6 et 7 ans.
L’écart observé restait présent même après avoir pris en compte plusieurs facteurs pouvant influencer le développement de l’enfant, comme le niveau de vie, la scolarité des parents ou l’environnement familial.
Les chercheurs ont également observé que les effets étaient plus marqués chez les enfants ayant connu des difficultés de croissance la première année de vie tels des retards de croissance touchant le poids, le périmètre crânien ou la taille.
Une période clé pour le développement du cerveau
Les auteurs rappellent que les premières années de vie correspondent à une phase de développement très rapide du cerveau. L’alimentation joue alors un rôle important pour apporter l’énergie et les nutriments nécessaires aux apprentissages, à la mémoire et à l’attention.
L’étude ne démontre pas un lien de cause à effet direct mais elle renforce les travaux déjà publiés sur l’importance de limiter les aliments ultra transformés chez les jeunes enfants.
Pour les professionnels de la petite enfance, ces résultats rappellent l’intérêt d’accompagner les familles dès les premières années autour des habitudes alimentaires. Favoriser des repas simples, variés et peu transformés peut contribuer à soutenir le développement global de l’enfant. Les chercheurs soulignent aussi l’importance d’une vigilance particulière pour les enfants présentant des fragilités de croissance dès le début de la vie.
Source :British Journal of Nutrition – Cambridge Core
Isabelle Hallot
PUBLIÉ LE 19 mai 2026